RÉSULTATS DE L'ESCLAVAGE
Une négresse appartenant à Geo. Cli. Harrison, du comté Polk, a tué qualre de ses enfants, en leur coupant la gorge pendant qu'ils dormaient, la nuit du jeudi 2 courant; puis elle a mis fm à son existence de la même manière. — Son maître ignore la cause qui a pu la porter à cet acte de désespoir. 11 ne peut l'attribuer qu'à la crainte d'être séparée de ses enfants, car, peu de temps auparavant, elle lui avait entendu manifester l'intention de la vendre avec deux de ses enfants, et de garder les autres!...
L'incertitude de ce bon maître n'est-elle pas édifiante? Les nègres, il le sait bien, n'éprouvent pas les mêmes sentiments que les blancs ; et pourtant, comme il ne peut pas expliquer la conduite extravagante de cette négresse qui égorge ses quatre enfants et se tue sur leurs cadavres encore chauds, il pense qu'elle a craint d'être séparée d'eux!... Mais calmez-vous, cher lecteur, le mal n'est pas grand: — c'étaient les enfants d'une esclave, et quelques-uns avaient la peau noire ! de pareilles créatures ne sont pas faites pour exciter vos sympathies.
Montgomery possède un véritable assortiment de trafiquants. MM. J. W. Lindsey, Sanders et Foster, publient des annonces à peu près semblables à celles que nous avons citées ; eux aussi ils feront tous leurs efforts pour satisfaire les personnes qui voudront bien les honorer de leur confiance; eux aussi ils ont de jolis nègres et de jolies -négresses, tout comme MM. Mac-Lean , Woodroof , Mac-Lendon ; et , comme eux également , ils appartiennent à l'Eglise , ils remplissent exactement et pieusement tous leurs devoirs religieux. Gela vous étonne, il me semble; et pourquoi donc? Le révérend D. Smylie, du Mississipi, dans un document approuvé par deux Presbytères (^), n'a-t-il pas dit expressément que la Bible donnait à riiomme le droit d'acheter et de vendre des esclaves? « L'esclavage, ce sont ses propres expressions, a été sanctionné par Dieu lui-même, qui a permis l'achat et la vente, la pos-
(*) Presbytère. — Nous traduirons ainsi le mot prcsbylenj, qui sijjnilie: assemblée du clergé local.
session, le legs des esclaves, en tant que biens meubles. » (Smylie on Slai^ery.) — Si la Bible lui concède et lui garantit un pareil droit, pourquoi seriezvous surpris de voir le trafiquant s'approcher de la sainte table?... Découvrezvous du sang sur ses mains, — le sang des cœurs humains qu'il a arrachés et brisés? Tressaillez-vous quand il touche le pain de la communion, et lorsqu'il vide la coupe sainte? « On boit la damnation éternelle si on la boit sans en être digne! » Mais quoi! ce qu'il fait, ne le faites-vous pas? C'est pour vous qu'il a été composé, cet assortiment de nègres dont il vante le bas prix et les excellentes qualités à ceux d'entre vous qui voudront bien l'honorer de leur confiance. C'est dans votre intérêt qu'il s'expose à perdre son âme !
Maintenant, feuilletons les journaux du Sud, et cherchons-y quelques preuves de cette humanité qui évite, autant que possible , la séparation des familles. Dans son numéro du 5 novembre 1851 , V Argus, publié à Weston (Missouri), contenait l'annonce suivante :