‹ La clef de la case l'Oncle TomChapitre 57 sur 82 · NÉGRESSE A VENDRE · texte numérisé non relu

NÉGRESSE A VENDRE

Je désire vendre une négresse âgée d'environ vingt-quatre ans. Elle sait faire la cuisine, blanchir le linge, coudre, filer et tisser. Je désirerais la vendre aux alentours de Camden-Point. Si je ne l'ai pas vendue dans le voisinage, je la conduirai sur le marché le plus avantageux, ou je l'échangerai contre un petit garçon et une petite fille.

M. DOYAL.

Quel homme excellent que ce M. Doyal! Forcé de se défaire de cette négresse, il voudrait la vendre dans le pays où la retiennent des liens de famille , où vivent probablement son mari, ses enfants, ses frères, ses sœurs, son père, sa mère. Il éprouvera de bien vifs regrets , — il l'annonce d'avance à ses concitoyens, — s'il se voit contraint de conduire cet article sur un marché plus avantageux.

M. John Denning va plus loin que ce bon M. Doyal. 11 demande cinq mille NÈGRES, rien que cela. Sa bourse est bien garnie; il en avertit les vendeurs; et il ajoute dans son annonce, qui est vraiment un chef-d'œuvre du genre, « les familles ne sont jamais séparées. *^c venez jamais lui proposer un mari sans sa femme, il ne vous l'aclièlcra pas. Ce trafiquant en gros, qui a besoin de cinq mille nègres, ne veut pas séparer les familles.

Les annonces relatives aux nègres marrons nous montrent aussi, parfois, qu'il n'a pas toujours été possible d'éviter la séparation des familles. Nous avons lu, par exemple, dans le Richmond Whig (numéro du 5 novembre 1852) :

Henri P. Davis fait offrir une récompense de 10 dollars pour la capkre d'un nègre nommé Henri, qui s'est évadé de la ferme dudit Davis, près de Petersburg, le jeudi 27 octobre. Cet esclave a une femme dans le comté de Halifax ; il a été récemment employé sur le chemin de fer du Sud ; il ïàdepeiUêtre dans le voisinage de l'habitation où se trouve sa femme.

PuLLiAM & Davis , commissaires priseurs.

Richmond.

Nous venons de prouver, par un grand nombre de témoignages irrécusables, que, contrairement à l'opinion exprimée par un certain nombre de nos concitoyens, entre autres par le correspondant du Fraser s Magazine, les membres des familles nègres sont souvent séparés les uns des autres. Le lecteur doit être convaincu maintenant de la vérité de nos allégations ; nous n'ajouterons donc plus à ce douloureux chapitre qu'un renseignement statistique. En jetant les yeux sur le tableau ci-joint, on reconnaîtra que les esclaves changent continuellement de maîtres. Les numéros des journaux qui ont servi à le composer portent tous la date des quinze derniers jours du mois de novembre 1852.

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