‹ La clef de la case l'Oncle TomChapitre 66 sur 82 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

PORTRAITS d'esclaves, SIGNÉS DES MAITRES.

Entre tant de versions absolument contradictoires en ce qui concerne le sort des esclaves, il faudrait pourtant s'entendre.

Ainsi , on nous dit que leur condition est celle de la félicité la plus parfaite et la mieux sentie; — que la liberté, ils n'en voudraient pas, la leur offrît-on gratuitement ; — que leurs relations de famille reçoivent à peine , par-ci par-là , quelque légère atteinte; — que d'ailleurs c'est là une race stupide et abrutie; — qu'en général, on la traite avec une extrême bonté, etc., etc., etc.

L'auteur n'a qu'une chose à répondre : c'est qu'en lisant, cet automne, à peu près deux cents journaux du Sud, elle a été frappée des portraits que chacun d'eux renferme en grand nombre, — portraits fort pittoresques et aussi ressemblants que possible , — destinés à faciliter la recherche des esclaves marrons. Il nous semble que ces descriptions sont fort instructives ; nous voulons en donner un petit assortiment, — sans trop de choix. Elles servent de commentaire naturel aux deux ou trois articles, sur les agréments de l'esclavage , que renfermait chaque numéro des feuilles examinées par l'auteur.

En parcourant ces documents, le lecteur voudra bien faire attention :

i° A la couleur, cheveux et peau, de la majorité des fugitifs;

2*^ Qu'il est d'usage, ou de désigner les esclaves par quelques cicatrices, ou de dire : nulle cicatrice à noter;

3° A l'intelligence des gens que l'on fait ainsi annoncer;

i^ Au nombre de ceux qui disent qiiils sont libres, et qui doivent être vendus, néanmoins, i)oi\y payer les frais de prison.

Enfin, par la pensée, le lecteur pourra refaire l'histoire de chacun de ces esclaves : — histoire de crimes et de malheurs, de dégradation, de souffrances et d'injustice. — Maintenant, laissons parler les maîtres.

Extrait du South-Side Democrat, 28 octobre 1852 f Peter sburgh , — Virginie).

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