Cfr. Zigliara, De Mente Conc, Vien. la p., c. iv
d'iine mémo famille, les sujets d'un état ne constituent pas une unité substantielle, c'està-dire un être an substantiellement.
Quand l'union n'est qu'accidentelle, l'assemblage des êtres réunis ne forme pas une nouvelle essence, et leur séparation n'en détruit aucune. Si les parties ou les éléments qui concourent à composer un tout accidentel sont des substances, on appelle ce tout agrégat *. On n'a pas, dans ce cas, une seule substance, mais -une collection de substances. Que ces substances soient de même nature ou de nature différente ; qu'elles soient rangées dans un ordre symétrique ou non; qu'elles soient à distance les unes des autres ou qu'elles se touchent, peu importe. Ce qui constitue essentiellement l'agrégat, c'est la distinction actuelle, la séparation et l'individaalité propre de chacune des substances qui le forment. L'unité est l'indivision de l'être, et si cet être est sujet à des accidents, il n'est qu'//y? sujet de ces accidents et ([i\ un principe des opérations qu'il produit. Or, dans l'agrégat, il y a évidemment division réelle et multiplicité de sujels et de principes d'opérations. « Une chose se forme de plusieurs, dit saint Thomas : 1» à raison de Tordre seulement : ainsi, d'un nombre de maisons on fait une ville, et d'un nombre de soldats, une
1. Cfy . Cornoldi, InstitiUiones philosopJiicœ sjjeculativce^ p. 138. Bononise, 1878.
armée. 2^ Par Tordre et la composition : par exemple, on construit une maison en assemblant les parties de cette maison par le contact et par la liaison. Mais ces deux manières ne suffisent pas pour constituer une seule nature de plusieurs éléments. Donc les choses dont la forme est Tordre ou la composition, ne sont pas choses naturelles, c'est-à-dire formant une seule nature, de telle sorte qu'on puisse appeler leur unité une unité de nature : Fit luium ex niultis, uao qivdem modo sccundum ordïnem tantmn^ sicut ex multis; domibiis fit civitas, et ex inidtis milltibus fit exercitur. Alio modo, ordine et co7npositione, sicut ex partlbus domus conjunctis et joer contactum et per coUigationem domus fiit. Sed lii duo modi non competunt ad constitutionem ii.nius naturcV ex pluribus. Ea igitur quorum forma est ordo vel compositio, non sunt res natu raies, nt sic eoruni nnitas possft dici unitas naturée |. »
Toute union de plusieurs substances n'est donc pas une union substantielle. Pour que l'union soit substantielle, il faut sans doute que les réalités unies soient des substances ou des principes substantiels, mais cela ne suffit pas. Les maisons qui forment une ville, les soldats d'une armée sont des substances, et cependant le tout qui en résuite n'est qu'un tout accidentel. <( Le mot substance, dit saint
\. Contra Gcnli'es^ Ib. IV, c. xxxv, \V 3.
Thomas après Arisloto, se prend en deux sens: 1" ponr l'essence on Ja natnre ; 2« ponr le snppot on riiypostase. Il snlïit donc, pour que l'union ne soit pas accidentelle^ qu'elle soit personnelle, quoique non naturelle : Substantia dupliciter dicitur: iino modo, pro essentiel sive neitiirei, alio modo.pro siipposito sive hypostasi ; unde sufficlt eul hoc qitod non sit unio accidentalis, qiiod sit facta unio senundiun Juj postas hn, licet non sit factet unio secundiini naturani ^. »
Par conséquent, des substances peuvent être unies suhstetntiellement de deux manières. Si ces substances ne foi'ment qu'un suppôt ou qu'une personne, leur union est subslantielie. Ainsi, en Noti'e Seigneur Jésus-Christ, la nature divine et la nature humaine sont unies en l'unité de personne : l'union est substantielle. Cette unité suppose des substances complètes in specie subsistant en vertu de la même subsistance, ayant une seule et même existence ; on la reconnaît à l'unité de principe d'attribution de toutes les opérations que produit la personne ainsi constituée. En Notre- Seigneur, il y a deux classes d'opérations : les opérations divines et les opérations humaines ; mais toutes ces opérations sont attribuées à une seule et même personne, qui est la personne du Fils unique de Dieu.