‹ La Clef de la philosophie scolastiqueChapitre 52 sur 89 · I. Relations de la matière et de la fokme · texte numérisé non relu

I. Relations de la matière et de la fokme

CONSIDÉRÉES d'uNE MANIÈRE ABSTRAITE. PoUr pCU

qu'on se soit fait une idée juste de la matière et de la forme, il est facile de comprendre comment ces deux principes concourent à former l'essence des corps. La matière est, de sa nature, indéterminée et indilférente à recevoir quelque forme que ce soit ; la forme détermine la matière et la constitue dans une espèce particulière de corps, bois, fer ou autre. La forme entre donc dans la constitution des substances corporelles comme acte premier ou principe spécifique, et la matière comme puissance passive ou sujet déterminable. u La matière est constituée en acte par la forme, car d'elle-même

elle nVst que puissance : pov formam est eus actu, cum de se sït potentiel tantiun \ »

Il suit de là que, dans chaque corps, la matière est le principe passif, et la forme, le principe actif. « Virtus activa, dit encore le Docteur angélique, non est ex parte materiie^ sed magis ex parte principii formalis ^ . » La raison en est bien simple : l'opération procède de l'être, elle en est le fruit et comme la germination naturelle, car tout être agit d'une manière conforme à sa nature ; par conséquent, le principe constitutif d'un être dans son espèce, le principe qui le fait ce qu'il est, sera par là même le principe premier des opérations de cet être, tandis que le principe qui est constitué in specie ne concourra à ces opérations que d'une manière passive, en tant qu'associé pour ainsi dire à l'activité de la forme substantielle. Or, encore une fois, le principe spécifique des corps est la forme substantielle et non la matière. Donc, la forme entre dans la nature des corps comme principe actif et la matière comme principe passif.

Enfin, la matière et la forme substantielle sont unies immédiatement et forment l'essence des corps sans l'intermédiaire d'aucun autre principe. ^ Une chose est une de la même manière qu'elle est p/ye. Or, la forme constitue

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