‹ La Clef de la philosophie scolastiqueChapitre 75 sur 89 · V. A QUELLE CONDITION UN COURS DE PHYSIQUE · texte numérisé non relu

V. A QUELLE CONDITION UN COURS DE PHYSIQUE

ET DE CHIMIE PEUT ÊTHE MIS EN HARMOME AVEC LES PKINCLPES FONDAMEiNTAUX DE LA PHILOSOPHIE

scoLASTiQUE. — G'ost doTic à tort qu'on rejetterait le système de la Matière et de la Forme au nom de la science. La science est la vérité certaine, démontrée, et la philosophie est la première des sciences naturelles. Entre la raison et l'expérience, entre la vérité et les faits, il n'y a point et il ne peut point y avoir de désaccord. L'ignorance et les préjugés dont nous avons indiqué l'origine, voilà la seule cause de la prétendue opposition entre les principes essentiels de la scolastique et les sciences expérimentales. Personne, parmi les tenants actuels des doctrines philosophiques qui ont régné pendant tant de siècles dans toutes les écoles catholiques, n'a la pensée de soutenir toutes les opinions des Docteurs du moyen âge, en physique et en chimie. Ces grands hommes n'étaient certes pas obligés de devancer leur époque dans cette branche des connaissances humaines, et nous applaudissons aux immenses progrès que la physique et la chimie ont faits depuis cent ans surtout. Mais ces progrès ne prouvent point que les théories philosophiques de l'Ecole ne sont pas fondées en vérité. Le refrain tant de fois répété que les sciences naturelles n'existaient pas au moyen âge, outre qu'il est singulièrement exagéré, n'a donc pas de sens quand il s'agit de

philosophie. Est-ce que les physiciens et les chimistes d'aujourd'hui se croieut ohligés d'admettre toutes les théories de leurs devauciers, sous peine de renverser les sciences qui leur sont chères? A plus forte raison, par conséquent, les disciples actuels des Scolastiques n'ont aucune peine à rejeter tout ce que ces incomparables philosophes ont pu enseigner d'inexact dans des sciences qui ne faisaient pas l'objet propre de leurs études. Que de part et d'autre on ne soutienne comme scientifique que ce qui est vraiment certain et démontré, et la paix s'établira d'elle-même entre des sciences qui descendent toutes de Dieu, le Père des lumières, et qui sont faites pour s'entr'aider et se compléter.

Dans son commentaire sur l'opuscule « Dp Mixtione elementoruni ))i, de saint Thomas, le P. Cornoldi se demande ce qu'il y a à retrancher d'un cours de chimie moderne pour le mettre d'accord avec les principes fondamentaux du système scolastique, et le savant Jésuite répond : uniquement ce qui n'est pas nécessaire à ce cours, ce que l'on affirme gratuitement et sans le prouver ni par la raison ni par l'expérience, ce qui est faux et en contradiction avec la partie vraiment scientifique du cours. Que l'on corrige les notions générales sur les corps qui ouvrent le cours ;

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