‹ La clef du Coran, faisant suite aux Soirees de CarthageChapitre 2 sur 46 · LA CLKF OU CORAN · texte numérisé non relu

LA CLKF OU CORAN

des moyens d’augmenter le bien-être des habitants de l’Algérie. La France comprend que la Providence, en plaçant ces populations sous sa tutelle, lui a donné mission de les faire progresser dans le bien, tant moral que physique. Aussi les projets du gouvernement sont vastes, et, s’il plaît à Dieu, ils seront réalisés.

Dziri (l’Algérien). Dieu n’a pas abandonné sans doute les populations de l’Algérie; mais l’épreuve à laquelle il vient de les soumettre, est grande.

Prêtre. Vous m’étonnez! A mon passage à Rone, tout allait au mieux en Algérie. Qu’est-il donc arrivé?

Dziri. Le babas serait donc le seul qui ignorât le grand événement: Abd-el-Kader n’y est plus....

Prêtre. Dieu l’a éloigné. Tout ce que Dieu fait, est pour le bien.

Dziri. Pour le bien! Patience, résignation est une belle chose, fut-il dit à Jacob pleurant la perte de son fils. Le Coran nous transmet cet enseignement. Nous résigner au décret qui nous frappe dans la personne d’ Abd-el-Kader, voilà la part de bien qui nous est accordée.

Prêtre. Par la patience et la priere, Jacob obtint de revoir Joseph; le Coran vous le dit. Ayez les mêmes dispositions, usez des mêmes moyens que ce patriarche, et Dieu vous rendra Abd-el- Kader, si c’était conforme à sa sainte volonté. Mais peut-être Dieu veut-il le tenir éloigné pour mettre 1111 terme à vos malheurs.

Dziri. Etrange langage ! Dieu ne nous rendrait Abd-el-Kader que pour prolonger nos malheurs !...

Prêtre. La paix est le plus grand bienfait que Dieu puisse accorder à un peuple sur la terre. Elaàfia (nous sommes en paix), c’est la plus agréable réponse que vous puissiez entendre de celui à qui vous demandez des nouvelles; F.lndfia, tel est le salut que vous adressez à vos amis. N’est-ce pas un malheur pour votre pays que les douceurs de la paix y aient été depuis tant d’années remplacées par les horreurs de la guerre? La présence d’Abd-el-Kader prolongerait ce malheur.

N’est-ce pas un malheur que ces belles plaines, jadis parsemées de riches douars, soient aujourd’hui désertes; qu’à la place d’immenses troupeaux, de jardins \erdoyants et de moissons dorées, l'oeil du voyageur ne rencontre que des tombeaux? Sa présence continuerait et aggraverait ce malheur. N’est-ce pas un malheur de voir tant d’orphelins pleurer leurs pères, tant de veuves leurs époux, tant de mères leurs enfants? La présence d’Abdel-Kader multiplierait les sujets de regrets, élargirait la source des larmes.

Dziri. Ce ne sont là que des maux terrestres; et ces épreuves passagères sont, pour ceux qui les endurent, autant de titres à la gloire du paradis.

$ II

Prêtre. Sublime langage! mais l’application en est-elle juste? Autrement en ont jugé les tribus qui se sont détachées d’Abd-el-Kader, le laissant courir seul à une perte inévitable.

LA CLKf DL COliAN,

Dziri. Populations impies, auxquelles Chitan (diable) le Lapidé a tourné la tète et le cœur! Tl faut être chrétien pour oser citer leur conduite en témoignage. Elles ont oublié ces versets du Coran : a Combattez dans le sentier de Dieu contre ceux « qui vous font la guerre. Tuez-les partout où vous « les trouverez. Chassez-les d’où ils vous auront « chassés. La tentation à l’idolâtrie est pire que le «carnage. Combattez- les jusqu’à ce que vous « n’ayez plus à craindre la tentation, et que tout « culte soit réduit à celui du Dieu unique. » (Sourate la f âche.) Elles ont oublié: « Pourquoi ne « combattez-vous pas dans le sentier de Dieu, alors « que les faibles, les femmes et les vieillards s'é- « crient : Retirez-vous de cette ville de mécréants; « ou donnez-nous quelqu’un pour nous secourir « et nous protéger. » (Sourate Famille d'Iniran.)

Esclaves des biens de la terre, les populations infidèles à l’émir ont fermé le cœur à ces belles paroles de Dieu : « Si vous êtes tués, ou si vous mourez en combattant dans le sentier de Dieu, le paradis vous est assuré; et la miséricorde de Dieu est préférable aux biens et aux richesses que vous amassez. « {Ibid.) Ils les ont pris pour règle ces versets, tant de braves croyants qui ont succombé pour la foi. Enivrés maintenant de bonheur auprès de Dieu, si un regret pouvait les attacher encore à la terre, ce ne serait pas, certes, celui d’y avoir laissé des veuves et des orphelins, mais bien celui de n’y pouvoir combattre de nouveau pour le triomphe de l’Islam.

Prêthe. Pour le triomphe de l’Islam!.... Nous

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tisons dans l’histoire qu’un roi 1} d’Orient, voulant faire comprendre au roi de Perse, son voisin, combien il était naturellement éloigné de tout projet de guerre, prononça ces paroles : En temps de paix, les enfants ensevelissent leurs pères ; en temps de guerre, ce sont les pères qui ensevelissent les enfants. Aujourd’hui les musulmans, en Afrique surtout, peuvent s’appliquer ces paroles et ajouter: En temps de paix, la religion bénit nos tombes ; pur la guerre, nous ensevelissons l’Islam. Comment, Messieurs? Par Je doute d’abord : « Si tes infidèles vous combattent, est-il dit dans le Coran, ils 11e tarderont pas à prendre la fuite; ils ne trouveront ni secours ni protecteur. « Ceux que vous appelez infidèles combattent depuis vingt ans en Afrique; combien de fois les a-t-on vus prendre la fuite? Lequel des deux partis a manqué de secours et de protecteur? Auquel des deux est restée la victoire?

Ailleurs il est dit : «O prophète, excite les croyants au combat! Si vous vous armez de constance et d’énergie, vingt d’entre vous triompheront de deux cents infidèles, cent de mille, parce que ces geus-là manquent d'intelligence et de sagesse. Mais Dieu vous allège le poids, parce qu’il aperçoit en vous l'infirmité : cent de bonne volonté, vous triompherez de deux cents; mille, de deux mille, à cause «le la volonté de Dieu: et Dieu se trouve avec ceux dont la constance est à toute épreuve. » (Sourate Elan fai.) Messieurs, vous êtes au courant, je dois le supposer, des divers

( 1' Crésuf.

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