‹ La clef du Coran, faisant suite aux Soirees de CarthageChapitre 38 sur 46 · LA CLEF DD COR AH · texte numérisé non relu

LA CLEF DD COR AH

homet, que la bénédiction de Dieu soit sur lui! Loin de suivre le livre des juifs en copiste servile, d’un passage stérile en apparence, il compose plusieurs pages pleines d’attraits : détails, style, tout est approprié au goût et à l’imagination des Arabes.

Muphti. Ce n’est pas sans raison qu’à la sourate la Dilatation , il est dit que Dieu a exalté l’imagination du prophète.

Dzim. Ce n’est pas sans motifs non plus que les Mecquois ne cessaient de l’appeler poète.

Muphti. Quelquefois même démoniaque.

Dziri. En cela, les Mecquois ont été trop loin. Je vous demande, Messieurs, si, en m’en tenant au travail du secrétaire, j’aurais eu une idée exacte des choses? Ai-je lieu d’être content d’un tel serviteur?

Cadi. Le reproche, ô Dziri, devrait s’adresser à moi plutôt qu’à ton secrétaire. Mais, ma foi, je n’ai pas une poitrine de fer pour entrer dans tous ces détails.

Dztnt. Non, non, le cadi n’est pas en défaut. Son rôle était de signaler les principaux versets. C’était au secrétaire d’entrer dans les détails, et de tirer les conséquences.

Cadi. Mais ton secrétaire ne connaissait pas tous ces passages du livre des juifs. Pourquoi exiger d’un jeune homme ce que la plupart des docteurs musulmans ignorent? J>a logique ne va pas jusque-là.

Le muphti dit tout bas à l’oreille du secrétaire : Prends confiance; l’affaire s’arrangera.

Page 1