LA CLEF DIT CORAN
grands docteurs; militent même pour vous quelques versets du Coran. Moi, serais-je seul contre tous, je nie qu’un mensonge quelconque, dans quelque circonstance impérieuse que ce soit, pour quelque motif que ce puisse être, soit licite. Si oui et non portaient les mêmes titres devant Dieu, Dieu serait à la fois vérité et mensonge.
Cadi. J’attendais un autre résultat.
Dziri. La question de droit ne laisse pas que d’offrir un précieux avantage, et, pour mon compte, je t’en dois des actions de grâces, ô cadi : elle conduit à examiner la question de fait, où se trouve la solution du grand problème.
Cadi. Les conséquences, ô Dziri, me font regretter d’avoir rompu le sceau.
Dziri. Crois-m’en, ô cadi, je suis plus en droit de m’étonner de ta foi, que toi de mon incrédulité.
Cadi. Crois-en, ô Dziri, celui qui n’en est pas à son premier essai : ta foi n’a pas plus à s’alarmer que la niienne. Puisque la licilé du pieux mensonge n’est qu’une opinion parmi les docteurs, libre à toi de l’admettre ou de la nier; libre à toi, aussi, de respecter, si tu le peux, les passages qui portent le cachet de l’homme, ou de les rejeter, quel qu’en soit le nombre. Grâce à Dieu, il reste assez de versets appartenant à la mère du livre, versets fondés sur la vérité éternelle. Chacun d’eux est assez fécond pour former un corps de doctrine.
Dziri. Le Coran n’est plus pour moi qu’un mirage dissipé devant mes yeux. Ce livre, semblable jusqu’à ce jour à un arbre couvert de feuillage,
où venaient se reposer les oiseaux du ciel, n’est plus pour moi qu’un tronc f rappé de la foudre ; ses versets, que le croassement des oiseaux de mauvais augure.
Cadi. Tu exorbités , ô Dziri : le Coran, réduit aux versets de la mère du livre, est comme un olivier émondé des branches parasites, dont le fruit est digne de figurer sur la table du sultan; ou, si tu aimes mieux, c’est comme un rayon de miel vierge : ce rayon vaut plus que toute la ruche; pur de tout alliage, un verset vaut plus que mille.
« Si le Coran, est-il dit , était descendu sur une montagne, elle se serait affaissée sous l’impression de la crainte et du respect. » (Sourate l'Émigration.) Ce qu’on dit du livre entier serait vrai d’un seul de ses principaux versets. « Les eaux de la mer seraient-elles changées en encre, est-il dit encore, et tous les arbres des forêts en roseaux, le tout serait insuffisant pour écrire la parole de Dieu.» (Sourate Lokrnan.) Oui, insuffisant même pour écrire, avec tous les développements dont il est susceptible, un seul verset pris parmi ceux que comprend la mère du livre (i).
Dziri. Peut-être bien. Mais, je t’en prie, à cadi, va rejoindre ces messieurs. Que Dieu bé-
(1) Le troisième volume, intitulé Dôme ftu Coran, aura pour objet de fondre avec l’Évangile certains versets du Coran où se trouve l’idée de plusieurs de nos dogmes, même de nos sacrements; ce sera moins une transition du Coran à l’Evangile qu’une fusion de l’un avec l'autre.
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nisse votre table. Je reste seul avec Dieu dans le silence de la nuit !
Cadi. Il me tarde d’être à demain. Ton œil, s’il plaît à Dieu , fermé dans la tristesse, se réveillera dans la paix.
Dziri, En challah!
TABLE DES MATIERES
Dialoguk I. Mission que la Providence impose à la France en Algérie. — Projets de la France conformes à cette mission.
— L'Arabe aime la paix par goût, comme il fait la guerre par devoir de religion. — La présence d’Abd-el-Kader en Algérie, nuisible aux intérêts matériels et aux intérêts religieux des Arabes. — Les promesses de succès que le Coran fait aux musulmans se sont réalisées en faveur des Français.
— Avantages qu’Abd el-Kader peut retirer pour lui et pour les Arabes de son séjour en France. — Abd-el-Kader est-il en droit d’exiger l’exécution de la promesse relative à sa liberté, supposé qu’il y en ait eu? — Il est de l'essence d’un contrat qu’il y ait réciprocité d’obligations. — La promesse de renoncer pour toujours aux hostilités a-t-elle pu être sincère de la part d’Abd-el-Kader ? — Les raisons qu’on allègue en sa faveur militent contre lui. — Le Coran code impolitique. — Pourquoi saint Louis prisonnier inspirait tant de confiance aux musulmans; pourquoi Abdel-Kader inspire tant de défiance aux. chrétiens? — Le bon sens sauve Constantinople, le fanatisme perd le Magreb.
— Portrait de Mahomet II p. 3 à a5
Diai.ocuf. II et Dialocuf. III. Vive altercation entre le cadi et le Dziri. — Principaux versets du Coran , par lesquels il est déclaré que Mahomet n’avait pas le pouvoir d’opérer des miracles. — Vive altercation. — Insister pour l’affirmative, c’est prêter à Mahomet le ridicule des musiciens dont parle Horace. — Encore une altercation entre le cadi et le Dziri p. 36 à /|Z
T A BLE DES MATIÈRES
Dialogue IV. Borak, monture de Mahomet. — Détails du voyage nocturne de Mahomet dans les sept cieux. — Le fait nié par les Mecquois, par Moavia et Aïcha. — Consi déré comme fait matériel, le voyage nocturne est démenti par l'Iiistoiie, par les contradictions qu’il renferme et par les contradictions qui en découlent. — Considéré comme une vision, ce voyage ne peut être qu’une illusion, p. 43 A 53 Dialogue V. Doutes du D/.iri. — Motifs de ces doutes. — T.e cadi cherche à rassurer son collègue. — Clef pour expliquer le Coran. — Cette clef est fournie par les docteurs et par le Coran même. — Conception de Jésus dans le sein de Marie. — Comment est racontée sa naissance. — Le Co ran permet-il de nier la foi à l'extérieur? p. 54 à 6o
Dialogue VI. La clef justifiée par le langage et la pratique des bons musulmans, comme Abd-el-Kader et tous les cheiks. — Paroles d’Abd-el-Kader. — Paroles de Bou-Ma/.a. — Pa roles d’un cheik voisin de Bougie. — Crédulité des Arabes
à tout ce qui a l’apparence du merveilleux. ■ . . p. 6i à 67 Dialogue VII. Promenade avant le déjeuner. — Un quipro-
quo amène le sacrilice d’une poule et line scène tragique.
— Toutes ces péripéties sont amenées par la découverte de la clef. — Liberté accordée à deux esclaves, p. 68 à 72
Dialogue VIII. La clef appliquée aux miracles de la Sonna en général. — Déjeuner, jarre de lait, chant des bédouines.
— La conversation des convives roule sur les miracles attribués à Mahomet. — Deux sigues particuliers en montrant l’origine. — Journées de Bedcr et d’Ohod. p. 73 à 80
Dialogue IX. Application de la clef à quelques faits parti culiers. — Chaire qui parle. — Chameau qui se plaint. — Mahomet pressé par des besoins naturels. — Le talent d’un domestique se révèle. — Discours du cadi. — Discours du
domestique, devenu prédicateur p. 81 à 89
Dialogue X. Application de la clef aux récits de la Sonna.
— Les hadiths ou récits divisés par les docteurs musulmans en trois classes principales. — Aucun de ces hadiths n’a les condition» requises pour devenir matière de foi, • ï-er
TABLE DES MATIÈRES
docteurs El-Botighari, Moslem. — Insuffisance des règles que les docteurs ont établies pour discerner la vérité des hadiths. — Prouvé par la critique que des haditbs qu’ou a voulu faire remonter jusqu’à Mahomet , ne remontent qu’aux Abbassides. — Fausseté de la tradition qui attache des faveurs particulières à la lecture de chaque sourate du Coran. — Détail de ces faveurs p. 90 à to 5
Dialogue XI. Règle pour discerner entre le langage de Dieu et le langage de l'homme. — Combien les récits des Arabes sont suspects, même en matière profane. — Description de Rome par les géographes musulmans. — Application de la clef à la sourate Joseph. — Contrairement à ce qui est dit à la fin du récit , le contenu de cette sourate était connu avant Mahomet. — Les détails que Mahomet donne, en s'écartant du récit de Moïse, portent le cachet du mensonge p. 106 à taS
Dialogue XII. Application de la clef aux autres versets du Coran. — Versets démentis par l’histoire. — Versets contradictoires. — - Versets démentis par l’astronomie. — Versets prescrivant des actes d’idolâtrie p. 116 à i 3 f>
Dialogue XIII. Les musulmans, pour expliquer les contra dictions qui se trouvent entre versets et versets, ne peuvent avoir recours à l’abrogation des uns par les autres. — Pourquoi? p. 137 à
Dialogue XIV. Rupture entre le PEiri et son secrétaire. — Le Dziri fait des observations et tire des conséquences omises par son secrétaire. — Différence entre le langage de la Bible et celui du Coran, relativement à David et à Nathan, — relativement à .Salomon et à la reine de Saba. — Armée de Salomon, composée d’hommes, de génies et d'oi seaux. — République des fourmis. — Langage et ambas sade de la Huppe. — Mahomet justement appelé, par les Mecquois, pocte p. i /,5 à i 56
Dialogue XV. On trouve dans le Coran un système de douceur et un système de violence en matière de religion.
Conséquences. — Avec le système de violence se coordon-
TABLE DES MATIÈRES
npnt la guerre sainte, le sacrifice des biens. —-Avec le sa crifice des biens et des personnes se coordonnent les jouis sances du paradis. — Ce qui dans l’esprit des musulmans est regardé comme fin, n’était qu’un moyen dans l’intention île Mahomet, et vice vend, Mahomet sc proposait comme Cn, ce qui, dans l’esprit des Arabes, n’était qu’un
moyen p. i 5 t à 164
Dialogue XVI. Conséquences funestes de l’enseignement du paradis, tel que les musulmans l'entendent. — La femme, chez eux, est tout et elle n’est rien. — Dieu n’est rien , les plaisirs de l'honnne sont tout. — Conséquences relatives à
la littérature et aux mœurs p. i65 à 170
Dialogue XVII. Contradictiou entre décrets éternels et dêercts éternels. — Conséquences relatives à la morale. — Il faudrait réformer les peasees et le laugage. — Qu’est donc le Coran? — Incrédulité du Dziri. — Que faire, que devenir? — Moyen proposé par le cadi p. 171 à 180