IA CLE* OL CORAJX
conclusion. Il est vingt-trois fois déclaré, (tons le Coran, que Séid Mahomet ne devait point faire des miracles; que sa mission se bornait à avertir. Avancer que le prophète a fait des miracles, c’est, il me semble, dire que ces versets sont l’œuvre du mensonge. Que répond le Dziri ?
Dziri, Ma réponse n’est que la réponse de mes maîtres: c’est que les miracles ont eu lieu plus tard.
Prêtre. C’est impossible! La déclaration est absolue, sans restriction de temps; elle se trouve répétée dans presque toutes les sourates, dans les dernières comme dans les premières. De plus, faites attention aux motifs de refus allégués dans les versets précités; i° C’est que les miracles ue sont accordés que pour intimider; mais puisque la crainte est le commencement de la sagesse, ainsi que l’enseigne Salomon, fils de David , le don des miracles eût été accordé au prophète au commencement des prédications, et non après, a 0 C’est que les apôtres qui ont précédé Mahomet, ont fait assez de miracles pour ceux qui ne ferment pas le cœur à la foi. Si ce motif était fondé au commencement, il l’était à lafin. 3°Que, quantaux endurcis , de nouveaux miracles leur seraient plus nuisibles qu’utiles, à cause des châtiments qu’ils attireraient sur eux. Ces paroles, supposées vraies au moment de la promulgation des versets déclaratoires, devaient I’étre plus tard, l’élre même davantage, puisqu’à l’abus des premières grâces touchant les miracles des apôtres , s’adjoignait l’abus des avertissements de Mahomet, que la miséricorde de Dieu soit sur lui 1
Cadi. Ma fich kelam (il n’y a rien à dire).
Prêtre. Une chose surtout est à faire observer : c’est que le prophète a refusé d’opérer le moindre miracle; il a formellement déclaré n’avoir point le pouvoir d’en faire, au moment que les Juifs et les Mecquois lui juraient qu’ils n’embrasseraient l’Islam, qu’après avoir été témoins d’un prodige. Dire que Mahomet, que la miséricorde de Dieu soit sur lui! a refusé de faire des miracles quand on les lui demandait avec tant de persistance, et qu’il en a fait avec profusion quand on ne les lui demandait plus, c’est prêter à votre prophète le ridicule qu’un sage de l’antiquité a reconnu chez les musiciens : « Tous les musiciens ont le défaut, dit-il, de ne vouloir jamais chanter quand on les en prie, et de ne plus finir quand on ne les en prie plus (i). »
Cadi. Voilà un petit grain de sel de nature à donner de la saveur à la pastèque la plus fade.
Dziri. Je le vois bien: le cadi, en pressant ce grain de sel sur ma langue, voudrait en extraire du fiel pour alimenter sa bile. Je pourrais... Mais le calme m’est imposé, dans l’intérêt de la vérité.
Prêtre. Messieurs, je ne veux pas être témoin d’une nouvelle scène. Ne trouvez pas mauvais que je prenne congé de vous.
Dziri. Non , plus de scène chez moi. Le babas 11e peut nous quitter : c’est mon tour de parler;
(1) Omnibus hoc vitium est cantoribus, inter amicos,
Ut nunquam inducant aninuim cantare rogati,
Injtissi nunquam désistant. (Hor., Sot. III, lit). lé
LA CLEF 1)0 CORAR.
j’ai a lui apprendre ce qu’il n’a jamais entendu.
Prêtre. A ce prix , je reste.
Cadi. En attendant l'inconnu promis par le Dziri, n’oublions pas, Messieurs, ce qui est bien connu : c’est que, d’après le Coran, le prophète n’a pas fait de miracles, ni n’a pu en faire.