TV CI, EK IM CORAN
ne te soit mystérieusement donné une maison ornée de dorures ; ou, à moins que tu ne montes au ciel par une échelle. Sous ne croirons que tu y sois monté, que lorsque tu nous auras fait descendre un livre que nous puissions tous lire. Réponds-leur : Louange à Dieu ! Suis-je autre chose r/u’un envoyé chargé d'avertir? » {Voyage nocturne, v. 9a, q 3 , 94, 95.)
Prêtre. Vingt fois. Pas de demande plus explicite, pas de réponse plus formelle.
Cadi. Voilà les principaux passages où il est déclaré que Séidna Mahomet, que la bénédiction de Dieu soit sur lui ! 11e devait point faire des miracles, .te pourrais en citer autant d’autres d’où la même déclaration se déduirait par voie de conséquence.
Dziri. Le cadi, par cet étalage de citations, a-t-il prétendu défendre Mahomet II. ou attaquer son collègue le Dziri .'
Cadi. Jamais mon talent ne fut l’instrument d’une passion ; jamais il ne fut au service d’un homme isolé ni d’un parti. Ce que je me suis proposé dans les citations des versets du Coran, c’est la gloire de Dieu, et, il faut le dire, l’honneur du prophète : je ne veux pas que les hommes lui attribuent ce que Dieu lui a refusé.
Dziri. Le cadi ne tardera pas à s’apercevoir qu’il est entré dans une voie regrettable.
Cadi. Si, dans la question présente, je devais éprouver un sentiment pénible, ce ne serait nullement un regret; mais, un sentiment d’indignation, je dirai même de pitié. Le Dziri n’a pas sans doute
SUITE AUX SOIRÉES DE CARTHAGE. 3g
oublié le malencontreux démenti qu’il m’a donné plus haut.
Dziri. J’en demande pardon au cadi, sa seigneurie s’irrite sans motif. Depuis quand est-il défendu de sauter à la bride du coursier qui conduit son maître droit au précipice?
Cadi. Je sais où je voulais aller, et où il faudra revenir, mais pas à la gloire de tous.
Dziri. Heureusement! la gloire du prophète n'est pas solidaire de celle du cadi.
Cadi. Ni de la honte du Dziri.
Prêtre. Messieurs, vous vous oubliez.
Dziri. Tu manques à mon rang, ô cadi.
Cadi. Tu insultes au mien, ô Dziri.
Prêtre. Messieurs, messieurs, y pensez-vous ?
Dziri. Vous êtes chez moi; au nom de l’hospitalité, je cède.
Cadi. Ce n’est rien, ù babas ! On voit bien que tu n’es pas fait aux conversations des dignitaires musulmans.
Prêtre. Messieurs , laissez-inoi vous dire : On s’attend à trouver en tout pays le ton des convenances, chez les personnes dont il devrait être inséparable.
Cadi. La leçon du Roumi est bonne.
Dziri. C’est que nous avons omis, au commencement de notre entretien, de recourir à Dieu contre Chitan le Lapidé (i).
Prêtre. Revenons à la question que vous avez interrompue , Messieurs , sans tirer la dernière
( i) Verset <1 ii Coran : Anmi heVnhi men Chitan irmdjim.