‹ La clef du mystère [microforme]Chapitre 11 sur 58 · EE —— = = — RE · texte numérisé non relu

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AG LS Troisième épreuve du Système Extrait du Yournal de Québec, 11 mai 1875.

M. Leroy donnait, vendredi, une nouvelle séance, pour permettre au public de le juger sur le fait. Il s'agissait, cette fois, de constater le progrès de ses élèves dans le grec, après seulement dix jours d'étude ; et il faut avouer que le résultat a été merveilleux, surpassant, pour nous, les épreuves antérieures sur les autres matières.

‘Non-seulement ils ont traduit plusieurs pages de

grec avec une grande facilité, sachant les mots et deur nature, mais encore ils se rendaient compte analytiquement de toutes les parties du discours. Le verbe grec, surtout, est rempli de difficultés, puisque, suivant les temps, il subit des variations dans sa racine, son milieu et sa terminaison. Il les subit d’après les règles fixes, il est vrai, mais ces règles complexes, il faut les savoir, et les savoir dans l'application immédiate et, pour ainsi dire, currente linguà.

Des hommes, dont nous respectons beaucoup l'opinion, nous ont objecté que l’on ne pouvait appeler système la manière d'enseigner de M. Leroy. Nous ne voulons pas discuter sur les mots, nous contentant de constater les résultats obtenus et de dire que nulle autre manière n’a encore été, à notre sens, ni aussi heureuse, ni aussi féconde et que nulle n’a autant mérité l'attention des hommes sérieux.

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raison ; caril ne se propose pas de changer la nature des choses ; mais si, par sysème, on entend une méthode plus claire, plus expéditive et la découverte de certaines lois fixes sur la construction mécanique de la phrase qui la rendent, pour ainsi dire, mathématique, nous sommes certaine-

ment en droit d'appeler sysfème le mode d’ensei-

gnement de M. Leroy. Mais ne nous querellons pas sur les mots et appelons é/ode ce que nous avons jusqu'ici appelé système.

Nous ne nous faisons pas illusion sur les diffcultés de l’entreprise, et M. Leroy les comprend encore mieux que nous, lui qui les rencontre incessamment sous ses pas, et accomplit; chaque heure, la tâche herculéenne de les aplanir. Il sait qu'il frappe à la porte de préjugés séculaires et aussi enracinés dans le cœur humain que celui du mouvement de tout le ciel autour de la terre, : et qu'aux préjugés se joignent des obstacles matériels avec lesquels tout nouvel ordre de choses doit, bon gré mal gré, compter.

L'un dira :’“ Mon Dieu il y a longtemps que lon enseigne, et M. Leroy ne fera pas plus de merveilles que les générations de professeurs qui l'ont précédé dans la carrière ;’’ un autre: “le système de M. Leroy est excellent, mais il n’est pas applicable en grand ;”” un troisième : “ son système ne diffère pas de celui qui prévaut partout, son succès, c’est lui, et rien de plus ; ” un quatrième: “ que le système, d'ailleurs parfait, est trop fatigant pour le professeur.”?

Voilà ce que nous appelons les préjugés et M. Leroy s’insurge contre ces préjugés, en disant :

us D

‘ Essayez et vous verrez: je ne demande que

l'épreuve partout où vous voudrez la faire.”

C’est bicn pourtant la peine de la tenter, quand

on est forcé d'admettre les effets prouvés dans trois

examens publics.

Les obstacles matériels se trouveraient dans l'impossibilité, pour les institutions enseignantes, de garder longtemps les mêmes professeurs, à cause de la modicité générale des salaires.

Mais cette difficulté matérielle, qui grandit tous les jours, sera la même sous tous les systèmes d'enseignement, et il nn coûtera pas plus cher d'enseigner d’après la méthode Leroy, que: d’après celle qui est aujourd’hui pratiquée dans nos colléges. De plus, mettant à part le don naturel du professeur pour l’enseignement, don rare, nous l’admettons, n'est-il pas vrai qu'il y aura une immense différence entre celui qui aura appris méthodiquement à enseigner et celui que l’on fera professer de suite à la sortie de ses études.

Eh bien, les professeurs sortiront de l’enseignement même et en continueront les traditions. C’est l’histoire de toutes les grandes écoles des douzième, treizième, quatorzième, quinzième et seizième

siècles.

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