‹ La clef du mystère [microforme]Chapitre 2 sur 58 · PA AU · texte numérisé non relu

PA AU

“qui sont. le bruit d'observations directes, recueillies, au jour le jour, en faisant étudier les enfants ” devant moi ; et je crois pouvoir, dès aujourd'hui, offrir à tous un nouveau système d'enseignement plus simple que celui qui est actuellement suivi dans les différentes maisons d'éducation.

‘Le seul reproche que l’on puisse adresser à ce système, c’est qu'il exige de l’espace; mais ce défaut disparaît en grande partie avec un aménagement convenable, facile d’ailleurs à exécuter sans beaucoup de frais.

Il est vrai de dire cependant que pour avoir des classes nombreuses, (et par classes nombreusés j'entends au plus quarante élèves,) il faudrait. Changer toute l’économie des colléges ; mais je n’admets pas que ce soit là une objection sérieuse.

: Si la méthode est bonne; si elle rend l'étude agréable aux enfants ; si elle diminue de moitié.le temps et la fatigue du travail, on ne doit pas s'ar- ni

rêler À des obstacles matériels. d

Considérer autre chose que le perfectionnement 4 apporté dans l'instruction et refuser ce perfection- ‘hi nèment parcequ'il exige trop de changements dans: È la disposition du local, c’est être dans le faux et : l'avenir le prouvera. Car il n’est pas possible que, 1 dans le monde entier, il n’y ait pas, au moins un e collége, pour faire l'essai d’un système réconnu à bon. ]

A mon pays, d’abord, revenait, de droit, TVapplics- 7 ]

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tion en grand du système, et c’est à lui, tout le: premier, que je devais offrir d’en faire l’éssai, C’est au reste, ce que j'ai fait; et voici la lettre; qu’à la’

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: humble serviteur.

date du 2 février 1874 j'écrivais à Son Excellence | M. de Fouriou, ministre de l'instruction publique :

4 Paris, le 2 février 1874. ‘“ Excellence,

“ Je ne sais quelles sont les formalités à remplir pour arriver jusqu’au ministre de l'instruction publique, et je prends le moyen qui me paraît être le plus simple, celui de lui écrire.

“ J'ai pensé que dans un temps où tout le monde est d'accord pour reconnaitre que les méthodes employées arrivent à des résultats relativement, assez faibles, malgré la science et le dévouernent

ides maitres et la bonne volonté de beaucoup

d'élèves, il y avait lieu pour moi de demander qu’on voulût bien examiner mes travaux. î “ Sans me faire illusion sur les difficultés qu ont

de tout temps rencontrées les inventeurs, j'ai cru

qu'il était de mon devoir, comme Français, d'offrir d’abord à mon pays l'application d’un nouveau

système d'enseignement par suite duquel j'ose dire

que le temps des études peut être réduit de moitié.

‘: J'en ai fait l'expérience, et, si vous daignez, monsieur le ministre, m'accorder une audience, j'espère vous convaincre. Si vous refusez de m ‘entendre, il ne me restera plus qu'à voir si, ailleurs qu’en France, on apprécie mieux ceux qui consacrent et leur vie et leur fortune à travailler pour les enfants,. tâche. souvent ingrate et rarement récompensée,

“ J'ai l'honneur, monsieur le ministre, d’être, de votre Excellence, avec uh profond respect, le très- ; P, LEROY ”

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Je dois tendre à M. de Fourtou cette justice,

c'est que, dès le lendemain soir, il m’envoyait une

lettre d'audience. Il est donc à croire que mes paroles avaient fait quelqu’impression sur son esprit, et qu'il y attachait Une certaine valeur. Mais pourquoi me faire venir, s'il n’avait pas l'intention de pousser la chose plus loin? Je ne le D ds pas encore. .

Quoi qu'il en soit, lee 4 au matin, je me rendis au ministère de l'instruction publique. M. de Fourtou était sorti, et son chef de cabinet me pria d'exposer, . en peu de mots,ce que je désirais. Il ne voulut ême.pas prendre connaissance de mes travaux.

Je lui répondis que je demandais à appliquer moimême un nouveau’ système d’enseignément dont

j'étais l’auteur. “Oh! quant à cela, dit:il, n’y % comptez pas. Si réellement il y a du bon dans “ vos travaux, ce que je veux admettre, eh bien ! ‘ faites un rapport et vous verrez peut-être quelse -ques-unes de vos idées acceptées par la commis- “sion chargée de réformer l’enseignement. Ce “# sera pour vous un honneur.” Bel avantage, ma foi !

Aussi dans la persuasion que mon rapport, si J'avais la fantaisie d'en faire un, dormirait éternellement dans les cartons des bureaux, (en France ce sont de vrais éteignoirs que ces bureaux,) je renonçai à me donner une peine ‘inutile et qui pourrait fort bien profiter à d’autres qu’à moi. Mon départ pour le Canada, remis jusque-là de jour en jour, était décidé.

Cependant le 6, c'est-à- dire deux jours après, en me ‘promenant dans Paris, j'aperçus à l’étalage d’un

te justice, }

voyait une > que més son esprit, fais pourention de omprends

rendis au > Fourtou d'exposer, .

ne voulut travaux.

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Sage

intitulé : Xéforme de l'enseignement secondaire par M. Jules Simon, ancien ministre de l’Instruction Publique en France.

Tout ce qui concerne l'instruction ayant le don

de m'émouvoir au plus haut point, j’achetai immé-

diatement le volume et, en quelques heures, je lavais lu en entier. C'était non pas ma méthode; mais l'esprit de ma méthode, et, sous l’impression dé cette lecture, j'écrivis la lettre suivante, à laquelle jé regrette de n'avoir pas donné suite, Voici cette lettre que je crois devoir reproduire,

une page remarquable de l'ouvrage en question. “ Paris, le 8 février 1874.

‘ Monsieur,

“ Te viens de lire avec le plus vif intérêt votre :

Jivre intitulé : Réforme de le enseignement: secondaire ; et je ne puis que redire ce que je disais déjà, quand parut votre circuldire si critiquée du 27 septembre 1872 : M. Jules Simon a raison.

“Et pourtant, je l'avoue en toute. franchise, j'étais alors prévenu contre vous, ne cdnnaissan$ pas bien vos idées sur l’éducation ; mais, à la leeture de ce document, je dus forcément abonder dans votre sens, puisque, sans le savoir, javais exécuté, en partie du moins, le plan d'étude indiqué par vous.

‘6: Aussi avais-je eu d’ahord l'intention de vous demander une audience pour vous communiquer mes travaux ; mais ils n'étaient pas entièrement

libraire, attaché avec un liseret, (c’est le signe des 7 livres qui viennent de paraître,) un ouvrage nouveau

Lu

| ce qui me conduira, tout naturellement, ä anälyser ‘: “

Le 5. terminés, et, d’ailleurs, commé toute chose nou-. ‘velle, bonne en principe, il-fallait auparavant les appliquer, pendant quelques années, avant d’appeler sur eux l'attention des hommes compétents. Car il y a mille détails dans l'instruction que l’expérience seule apprend à simplifier. Je m'en tins . donc là.

‘“ Depuis, j'ai continué ces traÿaux et ils sont | maintenant assez complets pour que j'affronte la . publicité, d’autant plus que je trouve dans votre livre l'esprit de ma méthode. Or, il est permis de penser que deux hommes ‘qui se rencontrent sur . le même point, sans s 'êtré entendus, peuvent qe dansle vrai. | À À : * J'ai déjà écrit à M. le ministre de datation 5 publique pour lui demander une entrevue; mais Son Excellence, trop occupée d'autres soins, n’a pu me recevoir elle-même et l’entretien que j'ai eu avec son chef de cabinet, n’a pas abouti. Dès lors, Jai pris la résolution de m’adresser diréctement à

l’Assemblée nationale pour obtenir d'exposer mon | mar système devant une commission qui jugera s’il y à d'ht eu lieu d’en faire l'essai ; et j'ai pensé que vous … Jopil voudriez bien être mon interprête auprès d'elle, ‘ di ma manière de voir concordant à cet égard avec a la vôtre et mes travaux venant à l'appui de vos “ d affirmations. ‘! pc :: 4 Je sais combien " est difficile d'aller x l'en- "ch contre des idées reçues, et l’histoire des inventions, D ‘u . même les plus utiles, le prouve assez ; cependant | “ d' on est tellement d’accord aujourd’hui, à quelque VI parti qu’on appartienne, pour reconnaître que les “tre

méthodes employées laissent beaucoup à désirer, Wy ».

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. qu’on voudra bien entendre un homme qui, pièces en main, offre de montrer qu'on peut réduire

de moitié le temps des études sans rien changer

| au programme de l’enseignement.

‘ Recevez, Monsieur, avec mes sincères hom: *

mages pour votre beau talent, l'assurance du profond respect avec lequel j'ai l'honneur d’être votre très-humble serviteur.

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