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Le 11 FRANS de la liée année, je publiais sur mon journal une lettre antérieurement écrite au Père Arnauld, et, dans laquelle, sans le nommer encore, je disais qu’il était pour moi l’homme de la Providence, Dans cette lettre qui est trop longuë pour.être reproduite, je montrais que l’enseignement actuel est absurde au point de vue religieux, et j'indiquais sommairement quelles modifications il faudrait y apporter pour qu'il devint vraiment
conforme aux maximes de l'Evangile.
Voici la réponse que me fit le Père Arnauld ; j'ai
| cru devoir, à son ‘nsu, la publier sur “ 24 Volonté,” à la date du 7 décembre. “ Vous me demandez,
disait-il, ce que je pense de votre ‘système; vous savez quels sont mes sentiments et mes désirs
| R-dessus. Plus que vous, peut-être, j'en souhaite
Papplication. Car ce serait une source de bénédiction pour la jeunesse, et, plus tard, de prospérité
| pour le pays. Le règlement que vous proposez, me | plaît beaucoup. Il me semble que je serais. tout
autre si, au pétit séminaire où j'avais été envoyé tout jeune encore, on avait suivi un pareil système
d'enseignement et un règlement semblable à celui que vous exposez. Mais, ne vous laissez pas décourager malgré les difficultés qui peuvent surgir
encore. Attendez avec patience et persévérance lheure du Seigneur.
Je bouillais de faire connaître la véritu et mon .
journal, du 15 juin 1877, prouve qu’à cette époque javais déjà écrit à son Exc. Mgr. Conroy we lettre
de quarante pages, où je disais très-clairement, cette
fois, que le Rév. Père Arnauld devait être nommé évêque de Chicoutimi; et j'indiquais même, par
quels moyens et à quels signes, j'avais : reconnu que telle était, sur ce point, la volonté de Dieu.
Cet article est très-Important parce que, le journal ayant paru du vivant de son Exc. Mgr Conroy, c'est une preuve évidente, et qui ne, peut pas être détruite, des démarches que j'ai faites auprès de lui et qui sont restées sans résultats comme chacun sait.
Je ne m'en tins pas là, et, après bien des tentatives infructueuses, j ’obtins enfin, à force d’instances, en juillet 1877, d'insérer sur le “ Journal de Québec” toute une série d'articles dont le principal a paru le samedi 14. J'ai ce numéro entre les mains.
Pour la première fois, je nomme le Rév. Père Arnauld comme ayantété désigné par Dieu lui-même pour être évêque de Chicoutimi; et personne ne peut nier qu’à partir de ce moment la chose ne soit devenue publique, le Père Arnauld étant un homme trop connu pour qu’on puisse arguer d’ignorance. Et, d'ailleurs, ceux à qui je m'adressais, me connaissaient moi-même parfaitement bien, attendu que, pendant deux ans, de 1874 à 1876, de violentes polémiques se sont faites dans la presse autour de mon nom et de la réforme que je demandais dans l’enseignement, sans savoir alors qu’elle fût voulue de Dieu. Voici les articles qui ont été publiés, en 1877, sur le “* Journal de Québec.”
Extraits du ‘‘ Journal de Aueves n
| L'Obstace — Pour établir une Ne sérieuse
dans l’ordre des idées, il faut poser des principes .
et en tirer des conséquences sans s'occuper! de ce t
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et la sainteté absolues : c’est le Christ.
qui existe. Si les principes sont justes ; s'ils sont appuyés sur des raisonnements inattaquables ; si les conséquences en sont logiquement déduites, ils ne peuvent manquer de faire impression sur tous les esprits droits ; mais alors on se heurte nécessairement à toute la phalange des hommes qui profitent de l’erreur ou de l'abus, et dont les uns ne sont pas entièrement convaincus tandis que les autres ne veulent pas se laisser convaincre, D'ailleurs, si, d’une part, les principes sont justes ; de l'autre, leur application immédiate est difficile, sinon. impossible. Les réformateurs ont quelquefois le tort de ne pas le comprendre. Sans doute, ils ont. raison dans la sphère des idées, encore même qu'ils
| |puissent se Rp sur certains points, quand,
par exemple, la passion ou l'intérêt les dirige ; mais, généralement, ils se font illusion sur la manière dont une réforme doit s’accomplir; il faut, d’abord, qu’elle se fasse en petit.
L'opposition, trop souvent systématique, que l’on
| apporte à des idées justes et utiles, a pour effet de . découräger un réformateur, ou de l'irriter, ow encore de l’éclairer en lui montrant quels sont les
obstacles et quelles sont les difficultés de sa tâche. Ou bien.on le force à mieux faire ; ou bien on le jette hors de sa voie.
En somme, tous les réformateurs ne sont pas
des saints, et c’est déplacer la question que: de les.
mettre personnellement en cause, quand ce sont
| leurs principes qu’il faut juger. Il n’y a eu qu’un
réformateur, un seul, qui ait réuni en lui la vérité Or vous
savez comment on l'a traité. Z# propria ventt et sui cum non receperunt. jee ] Le Grand Réformateur mo } . plic Les réformes utiles ne se font pas pour deux éch raisons : ou par la faute du réforniateur qui se brise la L contre les obstacles au lieu de‘les tourner, ou par l’ho la faute des hommes qui, sans le savoir, ont mission pas de l’aider dans sa tâche et qui, pour une raison ou € pour une autre, se déclarent ouvertement contre avai lui, ou, tout au moins, lui opposent la force d'inertie, de « la plus difficile peut-être des entraves que l’on puisse COOf rencontrer sur sa route, quand on doit nfafcher en dans avant. ' | C'est ce qui est arrivé à Notre-Seigneur. Tout vait avait été A ee de longue main pour que l’huma- les fi nité, déchue dans la personne d'Adam, pût se rele- mer ver en acclamant le Christ ; mais, dans les décrets se tr! de la Providence qui appelle toujours l’homme à étaie concourir à l’œuvre de Dieu, il fallait qu’elle fit un quan acte de foi et qu’elle reconnût le Sauveur du monde gues, dans le Charpentier de Nazareth. Su Etant donné notre nature depuis la chute, c'était vrai une terrible épreuve ; et, on comprend, jusqu’à un parti certain point, que, malgré les miracles, ceux qui lem. maîtres de la situation, et, par conséquent, libres autre de se soumettre ou de se révolter, attendaient un crédi Messie glorieux, n'aient pas voulu croire que le obser Fils de Dieu s’abaissât à ce degré d’humilité d'être mais le dernier parmi les juifs C’est ce mystère d’abais- les co sement volontaire que Satan, dans le ciel, avait esprit autrefois refusé d'admettre comme possible. | de re
Genti
Dès lors, le Christ était, par avance, condamné à mourir par le plus cruel et le plus infâme des supplices. Sans doute qu'il était assez puissant pour y
deux échapper et pour confondre tous ses ennemis ; mais K brise la logique et l'amour ne le permettaient pas, (car à ju par l’homme est libre), et voilà ce que les Juifs n’ont « ission pas compris.
onou Æ@ Ce chef qu'ils attendaient, que les prophètes -ontre | avaient prédit, c'était le Christ. A lui était donné nertie, de conquérir le monde ; mais il devait avoir des puisse coopérateurs, et tout ce qui, jusque-là, s’était passé ler en dans l’univers, avait pour but de préparer son règne.
| Quoique soumise aux Romains, la Judée conser-
Tout vait encore ses lois ; et l’histoire nous apprend que
huma- les fils d'Abraham, d’Isaac et de Jacob, volontaire-
e rele- ment dispersés alors au milieu des nations et qui lécrets se trouvaient, à Rome même, en grande quantité, : 0 me à étaient assez influents pour intimider Cicéron AE
fit un quand il parlait du haut de la tribune aux haran-
onde À gues,
| Supérieurs aux payens par la connaissance du
c'était vrai Dieu, ils formaient, dans toute l’empire, .un
7à un parti puissant ayant son centre d'action à Jérusa-
qui lem. Là, dominait la secte des Pharisiens qui,
libres autrefois, dit Bossuet, s'étaient acquis un grand nt un crédit par la pureté de leur doctrine, lexacte
ue le observance de la loi et la douceur de leur conduite,
d'être mais qui, depuis, par intérêt et. pour dominer sur
a bais- les consciences, avaient fini par altérer le véritable
avait Æ esprit delareligion. Ils se croyaient les seuls dignes
de recevoir le don de Dieu, et regardaient les. | Gentils avec un insupportable dédain. C'était se)
comine l'aristocratie des Juifs et le peuple leur était soumis.
Quand le Christ parut, ils ne vouiurent pas le reconnaître pour leur roi et le mirent à mort. En Vattachant à un gibet, ils se croyaient vainqueurs et ils étaient vaincus. Car ils avaient refusé le secours de Dieu.
La même chose se reproduit à tous les Âges.du monde; et toutes les générations, pour obtenir leur salut, ont à faire un acte de foi dans la personne de ceux qui sont placés par Dieu à la tête des nations, et dont, à cause de cela, la responsabilité est grande. |
L'acte de foi
Oui, tous les peuples ont à faire un acte de foi dans la personne de ceux qui les gouvernent. Il faut qu’à un moment donné de leur existence, ils sachent distinguer une grâce de choix que Dieu leur fait par l'entremise de quelqu'un qui peut ne pas être un saint, mais qui, néanmoins, miraculeusement éclairé lui-même quand le peuple mérite qu'il le soit, apporte toujours les preuves de sa mission. Et c’est une terrible chose à ceux qui ont le pouvoir en mains qüue de méconnaître, par intérêt ou toute autre raison, ce que Dieu exige d’eux. Car le Salut des peuples en dépend ; il y à un fait qui le prouve. |
Au dix-septième siècle, régnait en France un prince que l’histoire a qualifié du nom de grand, et qui l’eût mérité s’il avait obéi à Celui qui, Seul, dit Jeanne d’Arc, est le Roi des Français et dont il
le leur
pas le ort. En nqueurs efusé le
Âges.du obtenir la perà la tête >sponsa-
foi dans Il faut sachent eur fait bas être sement qu’il le ission.
le pouérêt ou Car le qui le
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grand, i, Seul, dont il
Laient jamais paru.
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n'était que le lieutenant. On sait, par révélation, qu'il avait obtenu de vivre à la suite du vœu. national par lequel fe royaume était consacré à la Vierge. Il avait pris le soleil pour emblême, et, autour de lui, comme autant d’astres secondaires, destinés à rehausser sa gloire, gravitaient toute une pléiade de génies, les plus grands peut-être qui Le monde entier subissait le charme et tout pliait devant sa volonté souveraine. Suivant l'expression de l’Ecriture, x erre se taisait devant Jui.
Pendant ce temps-là, vivait inconnue dans un monastère de la Visitation, la plus aimée des épouses du Sauveur après la Vierge Immaculée, la bienheureuse Marguerite-Marie, celle à qui Dieu faisait alors les grandes révélations du Sacré-Cœur. C'est à peine cependant si, même dans son couvent, on voulait croire ce qu’elle disait ; mais voilà que, tout à coup, elle reçoit l’ordre d’annoncer au roi de France, à l’orgueilleux Louis XIV, qu'il eût à élever un édifice en l'honneur du Sacré-Cœur. Le salut du royaume et son propre salut à lui sont à ce prix. |
Louis XIV était alors dans tout l'éclat de sa gloire et de sa puissance, et rien n’annonçait encore les désastres qui ont marqué la fin de son règne. C'était en 1689, juste cent ans avant la révolution française. Celle-ci a été la conséquence naturelle de l’orgueil de ce prince qui a refusé de se soumettre à Dieu: Or la volonté de Dieu se fait toujours ; mais l’homme peut en retarder l’'accomplissement,
sauf, bien entendu, à payer cher les obstacles qu’il
met au bien.
me 106 " La volonté de Dieu
Quand on examine, l’histoire en mains, quel était l’état du monde au siècle de Louis XIV ; quand on voit que la religion était alors toute-puissante; que les Jésuites avaient pénétré jusqu’au cœur de la Chine, et qu’à Pékin même, ils avaient reçu du gouvernement une mission publique ; quand on pénètre les relations qui existaient, d’une part, entre Leibnitz et Bossuet, d'autre part, entre les deux maisons royales de France et d'Angleterre ; que l’on sait, par ailleurs, qu’une certaine sécheresse de cœur était comme le cachet de l’époque et que le Jansénisme, le Gallicanisme et les Dragonnades indiquaient cette tendance funeste, on est invinciblement porté à croire que Louis XIV tenait en mains la conversion du monde et que Dieu n’attendait de lui qu ‘un acte de foi. pour l’accomplir.
En ne le faisant pas, il a été cause de bien des malheurs, et il a retardé de deux siècles l’action de la Providence. Aussi est-il fort à craindre qu’il ne soit à tout jamais perdu. Car ce ne sont pas ceux qui disent: Seigneur! Seigneur! qui entreront dans le royaume des cieux; mais seulement ceux qui font la volonté de Dieu quand elle leur est connué. Dans l’ordre du salut, un homme “n’est fort que s’il est attentif à toutes les manifestations de la puissance de Dieu. En dehors de là, tout son zèle est plutôt nuisible qu’utile. La foi, même la foi ardente, peut être une occasion de chute qnand elle n’est pas jointe à la confiance. St Pierre en est un exemple frappant. \
ns, quel s XIV; ute-pulsjusqu’au s avaient ublique ; nt, d’une rt, entre gleterre ; e séchel’époque les Draeste, on uis XIV
et que foi. pour
bien des ction de qu’il ne as ceux ntreront ent ceux leur est ne m'est stations là, tout , même e chute t Pierre
J'ai fini par le comprendre. Aussi, avant de continuer ce que j'avais commencé, croyant bien faire, quand j'ai vu les obstacles qui se dressaient sur ma route, sentant que seul j'étais incapable, pour trente-six raisons, d'arriver à mon but, j'ai demandé à Dieu un miracle pour savoir si je serais soutenu au moins par lui, et j'ai fait dire quatre cents messes dans cette intention.
La réponse a été directe et presqu'immédiate, et j'ai été singulièrement étonné de voir que Dieu avait préparé un évêque exprès pour m'aider. Ce
jour-là, j'ai eu l'explication d’une existence que personne ne comprenait, et moi moins que les
autres. Bon gré mal gré, un homme, en certains cas, est poussé par son attrait, par les circonstances et par une force inconnue à remplir la mission qui
‘lui est confiée.
Il me reste maintenant à vous prouver que Dieu veut le Rév. Père Arnauld, de Notre-Dame de Betk-
| stamits, à la tèle du nouveau diocèse qui doit être
bientôt créé au Nord de la Province de Québec et qu'il a tort, lui, de refuser cette charge pour la passer à
Taütres.
Il y a le moment de se taire, mais 1l y a aussi le moment de parler et ce moment est venu. En somme, Dieu m’a donné raison et je vais l’établir.
Voilà, je crois, qui est bien clair, et personne ne peut contester qu’à la date du 14 juillet 1877, sur
| le journal, ci-dessus nommé, qui est un des princi- | paux journaux de Québec, j'ai hardiment soutenu
une chose qui, bien que déjà facile à prouver, exigeait cependant, pour être compiise, qu'on l'examinât avec attention et droiture, et, dans l'impossibilité où j'étais alors d'écrire librement, il
n’était guère possible que j’arrivasse à convaincre ceux-là même qui, ayant intérêt à ne pas me croire, remuaient ciel et terre pour m'empêcher d'écrire.”
Après avoir donc exposé de mon mieux les preuves que j'avais alors à ma disposition ;, après avoir inutilement, par trois fois, demandé, en termes singulièrement forts, qu’on daignât m’entendre et me donner des juges ; après avoir été jusqu’à composer des ouvrages pour montrer à Son Exc. Mgr Conroy la raison des miracles qui se faisaient et leur portée, je publiai de nouveau, dans le mois de mars de l’année 1878, un livre dans lequel il est fait mention de Mgr Conroy, et où se trouve l'article suivant antérieurement écrit aux Jésuites et aux Oblats de Québec. .
Les éléments de l’œuvre
J'ai tenu à montrer l'immense portée de la réforme que je demande dans l’éducation ; il me reste maintenant à prouver que cette réforme est possible, que même elle est facile; mais le clergé de Québes ayant pour principe qu'aucun collége ‘ne doit s'établir en dehors de l'Université Laval, et les religieux eux-mêmes étant systématiquement mis à l'écart, 1l en résulte pour moi une formidable opposition, non pas parce que j'ai tort, mais parce que j'ai raison ; 3 et il n’est pas douteux, le Père Arnauld ayant été désigné comme futur évêque de
rouver, , qu’on t, dans ment, il vaincre > croire, crire.”
eux les 5, après a termes endre et d'à comxc. Mgr aient et mois de el il est > trouve Jésuites
de la ; il me rme est e clergé collége aval, et ement idable parce e Père
que de
Chicoutimi, qu’on ne fasse des efforts inouïs FRue empêcher que la chose ait lieu.
J'ai compris ça tout de suite, et je me suis dit en moi-même, sachant ce qu'il en était, qu’il fallait dévoiler l’action providentielle, afin que, la volonté de Dieu étant manifeste, tout le monde fût éclairé # cet égard. Ce n'est pas une question d'homme, mais une œuvre religieuse, appropriée aux besoins du Canada, et le Père Arnauld étant celui qui doit la faire, c’est lui, et non un autre, que Dieu a marqué pour occuper cette place.
Au reste, pour vous montrer que je suis au courant de tout, voici l'historique de la chose: “Il y a quelques années, il fut question de nommer un vicaire apostolique pour les missions sauvages de
l'Amérique du Nord ; mais l’épiscopat canadien ne
trouvant pas qu’il y eut pour ua prêtre possibilité de remplir cette charge onéreuse, la passa aux Pères Oblats. Ceux-ci qui, en 1846, étaient déjà à Chicoutimi, semblaient tout naturellement désignés pour cela ; mais ils déclinèrent la proposition en disant qu ls n'avaient pas d'homme, et que, d’ailleurs, il faudrait distraire le Saguenay pour en faire un diocèse convenable.
L'idée parut bonne et M. Racine fut inmédiatement envoyé à Chicoutimi avec mission de préparer les choses. A cela, je n'ai rien à dire, et, en toute autre circonstance, j'aurais été le premier à me réjouir de sa nomination; mais il ne s’agit pas d'antipathie ou de sympathie, il s’agit de la volonté de Dieu manifestée par des miracles. Jamais elle n'a été plus clairement exprimée. |
Et, en effet, a 1874, Rome ayant désigné les
Oblats pour occuper ce poste d'honneur, leur choix tomba sur le Rév. Père Arnauld qui a organisé les missions du Nord, et qui, sans être encore vicaire apostolique, en a déjà exercé les pouvoirs. Le Ré. Père Arnauld indiqua alors M. Racine comme plus apte que lui pour remplir cette charge; mais Rome insista, et, maigré la résistance des Oblats, la chose en était là, en 1876, quand je rencontrai le Père Arnauld au lac St. Jean où il ne s'était pas rendu depuis seize ans. C'était la réponse à mes quatre cent messes, (voir le Journal de Québec du 27 juillet z877); et comme le miracle n’était pas douteux pour moi, et que, depuis, d’autres preuves sont venues s'ajouter à la première, au risque de déplaire au Père Arnauld lui-même, j'ai cru devoir exposer ce qu'il en était.
Car admettons pour un moment que la chose soit faite, et elle n’est pas difficile à faire ; supposons, par exemple, qu’en arrière de Charlesbourg ou ailleu.s, il y ait un collége organisé sur le modèle de la trappe; supposons que, dans ce collège, il y ait quelques hommes instruits, (deux ou trois suffisent), et que les autres aient plus spécialement pour fonction de veiller à l'entretien inatériel de la maison; du moment que, dans une famille, le père et la mère ont quelquefois à soutenir jusqu’à dix personnès et plus, il sera possible, à quinze ou vingt religieux, d'élever gratuitement un nombre plus ou moins grand d'enfants, de ceux à qui, d'ordinaire, on ne donne pas l'instruction ; et comme le principe de la direction, chose qui n’est pas toujours comprise, même des prêtres, doit être de laisser les vocations
r choix isé les vicaire e Rév.
comme : mais Oblafs, pntrai le s rendu quatre x juillet douteux yes sont sque de u devoir
la chose
suppolesbourg sur le dans ce instruits, es aient eiller à moment
pnnès et eligieux, moins on ne icipe de ompris, ocations
ère ont
se développer librement, il arrivera que les jeunes. gens se fixeront plus tôt, et on verra se produire régulièrement ce qui est arrivé dernièrement dans une expérience faite à Aïiguebelle, où, sur douze élèves, leurs études finies, cinq sont restés à la Trappe, cinq se sont faits religieux ou prêtres, et deux seulemnt sont rentrés dans le monde pour se marier.
Et je ne parle pas des autres avantages que cette: œuvre produirait. Comme elle répond, non pas à des besoins factices, mais à des besoins réels, elle ouvrirait une carrière à une foule de jeunes gens pour qui l'éducation a été, ce qu’elle est souvent, le contraire de ce qu’elle devrait être, et qui sont une cause de troubles pour la société parce que la société n’a pas de situations à leur donner.
Cette œuvre est donc une œuvre utile et j'ai montré que Dieu en a préparé les éléments. Elle est appelée, par son développement, à rendre d’immenses Services à la population canadienne, et, un jour, par la force des choses, elle mettra toute l'éducation entre les mains du pape.
Et j'ajoutais ceci : si vous ne voulez pas que je fasse la preuve des miracles dont je parle, ce n’est pas étonnant; et, en effet, ils renversent tous vos projets, et, dès lors, vous avez intérêt à les nier. C’est toujours ce qui arrive en pareille circonstance, et Notre-Seigneur ne l’ignorait pas quand il disait aux Pharisiens de son temps : vous vous appuyez sur les prophètes, leur disait-il, mais vos pères ont tué les prophètes et n’ont pas voulu ajouter foi à
[leurs paroles.
Un coup de tonnerre
Il était parfaitement clair pour moi, Mgr Conroy ayant déjà pris position, que je n’arrivérais jamais à le convaincre; mais, bien que sachant à quoi m'en tenir et ne conservant aucune illusion, je ne voulus pas céder encore, et comme il me restait LE à faire une dernière démarche, pour ne rien négli- Æ LU ger, je la fis. Profitant du passage à Québec de
Son Excellence Mgr Conroy, le dimanche, 9 mai ‘ 1878, entre la messe et les vêpres, je me rendis à l’archevêché avec l'intention de lui demander une di audience. La famille du Dr. Morin peut certifier p la chose. à Mgr. Conroy, légat dé pape, a été envoyé j'a d'Irlande au Canada, vers le milieu de 1877, pour D, régler certaines questions et mettre fin à certains fût abus ; et on a vu que, dès son arrivée au Canada, je j'avais cru devoir l’informer des miracles d’après Æ' gie / lesquels, suivant moi, le Rév. Père Arnauld était (es: clairement indiqué comme devant être placé sur le. du siége de Chicoutimi ; mais je n’ignorais pas qu’on de travaillait sous mains pour empêcher que la chose Æ x, eût lieu. can Mgr Conroy me reçut avec politesse, mais jen’eus or pas plutôt ouvert la bouche, pour exposer l’objet dés de ma visite, qu'il se leva en disant qu’il était très SUr à
occupé à cause du concile, (le concile provincial),
et qu'il ne pouvait m’entendre ; qu'il fallait lui écrire
à ce sujet. Or, il avait reçu de moi plus de cent
pages de lettres. Ca Je vis bien que j'étais en face d’un homme pré- R repré
venu et que je perdais mon temps; je n ’insistai
onroy jamais , quoi je ne restait négliec de
mal endis à er une -ertifier
envoyé
7, Pour
certains anada, d’après ld était é sur le.
s qu'on a chose
sjen’eus
l'objet ait très incial),
i écrire de cent
ne pré- ’insistal
CEE.
pas et je sortis; mais, à quelques jours de là, paraissait un article, assez fortement écrit, que j'ai adressé moi-même à tous les évêques de la province de Québec, et, en particulier, à Son Excellence Mgr Conroy, et, dans lequel, pour la troisième fois, je demandais de nouveau une enquête publique. On ne daigna pas me répondre et j'en appelai à Dieu. Je fis dire plusieurs messes à
cette intention, .et la messe, sachez-le, c’est une
arme redoutable. F
J'eus bientôt la certitude que les obstacles allaient disparaître les uns après les autres; et, en m'’appuyant sur certains faits d’une nature mystérieuse, à une époque où nul ne pouvait encore le prévoir, j'annonçai à plusieurs personnes, ef entr'autres à M. Dion, rédacteur du Journal de Québec, qu'avant qu'il fût longtemps we grosse tête, (c’est l'expression dont je me suis servi), disparaîtrait dans le monde reli-
‘ gieux. Or, Son Excellence Mgr Conroy est mort,
(est mort subitenient), le 4 août 1878, le jour même du sacre de Mgr Dominique Racine, premier évêque de Chicoutimi; et qui osera dire que ce n'est pas là un jugement de Dieu et la preuve, la plus convaincante qui puisse être, que le Rév. Père Arnauld, de Notre-Dame de Bethsiamits, avait &lé réellement désigné, par des miracles, comme devant être placé sur le siêge qu'occupe aujourd'hui Mgr Racine.
Les responsabilités
Car enfin Mgr Conroy était-il, owf ou non, le représentant du Pape? N'avait-il pas ici, dans
l'ordre religieux, la plus haute autorité qu’un
at"
Fr E=
homme puisse avoir? Il était, par sa dignité, au-
dessus de tous les évêques de l’Amérique Anglaise, et j'ai même entendu dire de personnes, en mesure d’être bien renseignées à cet égard, qu'il était venu au Canada avec pleins pouvoirs de régler, comme il l’entendrait, toutes les questions en litige, et, de fait, son action a été prépondérante, et il a calmé, d’un mot, la tempête qui s'était élevée. Dès lors, on peut dire que la nomination du Père Arnauld ou de M. Racine à l'évêché de Chicoutimi, dépendait de lui 67 de lu seul.
Sans doute que, dans les conditions où il était placé, entouré d'hommes incrédules auprès desquels 1l était naturel qu’il se renseignât ; ayant d'ailleurs trop d’occupations pour croire qu'il eût à se mêler d’une affaire qui, au premier abord, pouvait ne pas lui paraître sérieuse, ‘il est facilement explicable qu’il ait été influencé, et on comprend aisément qu’il ne m’ait pas écouté ; et les faits sur lesquels je me suis appuyé pour annoncer sa mort, sont précisement de ypature à l’excuser jusqu’à un certain point ; mais, sans chercher à savoir quelle est, au juste, sa responsabilité devant Dieu, du moment que, pour une raison ou pour une autre, 1l n’ajoutait pas foi à mes paroles, il était un obstacle à une œuvre utile et, dès lors, il devait disparaître. Car, en choses importantes, il ne faut pas se tromper ni se laisser tromper ; il ne faut pas surtout qu’un délégué apostolique serve, auprès du Pape, d’instrument à l'intrigue, et que, par son incrédulité, il empêche la vérité d’être connue. Lui mort, la question n’est pas réglée. Mon, Messieurs, la question n'est pas réglée.
auaise, sure venu mme t, de almé, rs, ON d ou ndait
1 était squels illeurs mêler ne pas licable sément quels je précicertain est, au oment n’ajou- » à une . Car, mper nl qu’un ’instru-
a quesuestion
Conclusion
Maintenant il s'agit de conclure, et je vais conclure: je crois avoir établi, sw des raisonnements inattaquables, et dune manière irréfutable, une chose, entre toutes, la seule qu’il importe d’abord de prouver, c'est que le Rév. Père Arnauld a été claire-
ment désigné, par des miracles, comme devant être
placé sur le siége de Chicoutimi, capital de la question.
Les preuves que, dans le principe, j'en ai données pouvaient, je le conçois, ne point avoir pour les autres la même évidence que pour moi, puiqu’elles s'appuient, en partie, sur des faits personnels et sur des observations qui, bien que très-précises, exigent cependant, pour être saisies, un esprit habitué aux abstractions de la science et, plus encore peut-être, un esprit non prévenu, mais telles sont, en somme, toutes les vérités mathématiques. Elles n’en sont pas moins des vérités, et les plus certaines des vérités, pour être difficiles à comprendre et pour n'être comprises que du petit nombre ; mais c’est précisément, parce qu'elles sont difficiles à comprendre et difficiles à prouver, qu’il ne faut pas les nier, de prime-abord, par la seule raison qu ’on ne les comprend pas.
On s'explique très-bien que M. Racine, ayant pour frère un évêque de la province de Québec et pour amis tous les prélats canadiens qui ont été ses camarades d'enfance, jouisse, auprès d’eux, d’une faveur plus grande qu’un pauvre missionnaire qui a passé la moitié de sa vie au milieu des sauvages, et que, les qualités de l’un étant plus faciles à voir
Voilà le point
que les vertus de l’autre, ils aient eu la pensée d'élever à l’épiscopat un homme qui pouvait et devait leur paraître digne de cet honneur; on s'explique très-bien que, dans un pays où ils sont rois et maîtres (et peut-être, d’une certaine façon, qu'ils le sont trop), habitués, depuis longtemps, à désigner eux-mêmes, ay choix du Souverain Pontife, ceux qui doivent être évêques, ils aient travaillé à faire nommer M. Racine à l'évêché de Chicoutimi, et qu'ayant travaillé dans ce sens, apprenant tout-àcoup que le Père Arnauld qu'ils n'avaient pas désigné et qu'ils n’avaient pas l'intention de désigner, étaient sur les rangs, ils n’aient pas reçu, tout d’abord, comme venant de Dieu, une révélation qui renversait leurs plans, et que, dans cette disposition d'esprit, ils se soient systématiquement refusés à tout examen.
Mais si la chose est explicable, est-ce à dire que je devais, moi, garder le silence P Ne fallait-il pas, au contraire, puisque je savais quelle était, sur ce point, la volonté de Dieu, ne fallait-il pas, ô temps et à contre-temps, comme dit Saint Paul, la faire connaître à ceux qui, maîtres de la situation, pouvaient d’abord agir de bonne foi, et croire qu’il était bien de nommer M. Racine À l'évêché de Chicoutimi ; et peut-on comprendre que des évêques, en face de mes affirmations réitérées, aient refusé de me donner des juges quand tout autre moyen manquait de faire connaître la vérité ?
Si, de ma propre autorité, et ‘sans en apporter aucune preuve, j'étais venu leur dire qu’ils avaient à nommer le Père Arnauld à l'évêché de Chicoutimi, je comprends que, dans ce cas, ils pouvaient
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passer outre sans s'occuper de mes affirmations ; mais je m’appuyais, pour le dire, sur des miracles dont je prétendais pouvoir faire la preuve ; et, du moment que j'attribuais ces miracles, non pas à mes mérites, mais à la puissance de la messe ; du momeht qu'à l'appui de mes paroles, il y avait quatre cents messes, les miracles, pour tout homme de foi, devenaient possibles et même probables. Dès lors, il y avait lieu d’examiner la chose, et, puisque je demandais cet examen, que je le demandais publiquement, on n'avait aucune raison de le refuser, d'autant plus que les miracles, en cette occasion, ont une importance capitale. Car c’est la réalisation d’une prophétie célèbre, la prophétie de St-Malachie : /men in cœlo.
Un jour, je l’espère, ma voix ne sera pas étouffée comme elle l’est aujourd’hui, et il me sera possible d'entrer dans de plus grands détails ; mais, pour le moment, on ne saurait raisonnablement exiger de
moi, dans les conditions où je suis placé, c’est-à-
dire sans argent et sans moyen de m’en procurer, ne pouvant ni parler, ni écrire, et, par conséquent, dans l'impossibilité de me faire entendre, on ne saurait exiger que j'aille entreprendre une démonstration plus étendue et que je donne aux preuves que j'ai entre les mains, tout le développement qu’elles comportent. Il suffit d’un miracle, qui soit bien clair, pour que j'aie le droit ‘de demander au Pape qu'il fasse un acte d’autorité.
Carc’est au Pape que je m'adresse ; c’est à lui qu’il appartient de voir si, la volonté de Dieu étant connue sur un point précis, elle doit avoir son accomplissement, ex ## mot, si Mgr Racine doit
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céder sa place au Père Arnauld. Jele crois. Car, quand Dieu commande, il faut obéir, et l’ordre est en bonne‘et due forme, paraphé et signé. Æcce dedi corèm te ostium apertum quod nemo potest daudere. (Apoc.)