‹ La clef du mystère [microforme]Chapitre 4 sur 58 · D NOUVEAU SYSTÈME · texte numérisé non relu

D NOUVEAU SYSTÈME

Slance littéraire donnée à Cuébec, le'8 av.il 1874, par. M. Leroy, devant MM. Îles Professeurs du Séminaire, sous : la présidence du Révérend M. Hamel, recteur de l’Université Laval.

Messieurs, —J'ai eu l'honneur, la semaine dernière, de voir votre excellent supérieur, Mr Hamel, ‘qui a paru prendre quelqu'intérêt à l'exposé d’un nouvéau système d'enseignement dont je suis l’auteur ; et il a été convenu, entre nous, qu’un jour qu'il fixerait, je développerais plus au long mes idées devant vous. Mais, je dois le dire, il a été convenu également que je le ferais sans apparat, une conférence de ce genre exigeant beaucoup de temps pour ne rien laisser à désirer, soit au point de vue du fond, Soit au paint de vue de la forme.

Je commence donc par solliciter toute votre ‘indulgence, et je vous prie de ne considérer mes travaux que comme des matériaux dont vous pourrez vous. servir vous-mêmes pour atteindre le but

} muquel de dé longtemps, j j'ai caabrs ma vie

«et ma fortune. Je serai même trop heureux.si je trouve parmi vous, Messieurs, des hommes qui me | comprennent et qui, sans accepter toute ma manière de voir, (on n'arrive pas du premier coup à la perfection !) acceptent cependant l'idée mère du sys- . tème, idée féconde ou du moins que je crois telle. . Vous en Jugerez.

J'ai apporté la première pierre à l'édifice nouveau |

qui est à construire ; et, dans cette œuvreimmense, un homme est peu de chose s’il n’est pas soutenu. Ce qui me donne cependant quelqu’espérance de : n'avoir pas travaillé en vain, c’est qu’à notre épo- ‘que le besoin de modifications à. apporter: dans lenseignement se fait généralement sentir. ous

les vrais professeurs se réunissent, dans une même : pensée, simplifier la méthode actuellement suivie.

Elle a pu être bonne en son temps; elle a même

été un perfectionnement par rapport aux méthodes

qui l'ont précédée ; mais enfin ellé n’est pas le der- ..nior mot de: la science pédagogique, ' et, en. s'ap° puyant sur les travaux de nos devanciers, ce n’est pas être trop présompiueux que de vouloir mieux faire. Toute chose humaine n'est-elle pas susceptible de progrès ? Pourquoi donc en rester là? Il faut sortir de la route battue et, par l’observation, se frayer de nouveaux chemins plus en FAPOIE avec les idées et les besoins du temps.

Car il est certain qu'aujourd'hui le cadre des études s’est étendu. De nouvelles sciences ont surgi, qui, bien qu’à peine nées d’hier, ont pourtant

déjà, et non sans raisons, obtenu le droit de cité.

De plus, la vapeur et l'électricité ont presqu’en-

tièrement changé les conditions de la vie. Les distances n'existent plus, et les peuples, ainsi rapprochés, se voient, pour se comprendre, dans. la

nécessité d’é étudier les langues vivantes, dont, jadis, | ils ne sentaient pas le besoin. De là, cettetendance

à faire descendre les langues mortes du piédestal où longtemps ces langues ont trôné presque seules,

pour les remplacer par les langues vivantes et par |

les sciences.

On reproche en effet aux études, telles qu elles sont organisées maintenant, de ne pas préparer

assez directement l’enfant aux différents emplois.

Où la Providence appelle chacun de nous et de le:

condamner à passer, comme dit Rollin, huit ow

neuf ans de sa vie, à apprendre, à grands frais et

: avec des peines incroyables, une ou deux langues

. et d’autres choses pareilles dont il n’aura peut-être

que rarement occasion de faire usage. Et certes,

en présence des résultats obtenus par les systèmes actuellement en vogue, il est naturel de se deman-: der s’il y a proportion entre le travail qu’on exige des eñfants et, d’une part, les connaissances qu'ils acquièrent, de l’autre, les avantages ds retirent de ces connaissances.

Et, pourtant, quelle i immense somme d'efforts ne

. représentent pas, même pour les plus iparesseux,

huit ou neuf ans passés sur les bancs du collége. On peut affirmer, sans avoir peur de se tromper, : qu'un homme d'âge aurait de la peine à se soumettre, de nouveau, à cette rude discipline à laquelle sont astreints les enfants, Si donc lés résultats sont si minimes, quoiqu’obtenus au prix de tant de fatigues et de dégoûts, malgré la science et le dévoue-

d'élèves, n’est-on pas naturellement conduit À dire ” quela méthode est mauvaise et que, par conséquent, il faut la changer.

Mais, avant tout, et, pour ne pas marcher à l'aventure, il importe de considérer dans quelles conditions et de quelle manière se fait le travail d’un enfant abandonné à lui-même. C’est ce que j'ai fait. J'ai observé l'enfant aux prises avec la science, J'ai vu comment il procède, à quelles … difficultés il se heurte sans cesse, toujours disposé

à s'arrêter au moindre obstacle pour s'amuser à des riens, et ordinairement occupé de toute autre chose que de son devoir. :

Dès lors, je me suis demandé s’il ne serait ‘pas possible de fixer et de soutenir son attention ét

comment on pourrait le faire. Après bien des - tâtonnements, je n’ai trouvé qu’ün moyen : /ravail-

ler avec lui ct, par des interrogations suscessives à la mantère de Socrate, le diriger à tout instant dans les dédales de la science où seul il s'égare Si aisément. Tel a été mon point de départ et le principe du nouvel enseignement ; mais ce n’est que peu à peu, et non sans peines, croyez-le bien, que j'ai pu . formuler tout un système, et, par l'observation de chaque jour, découvrir quels étaient les travaux à exécuter pour rendre l’étude agréable à tous. La première chose que j'ai dû faire, a été de reléguer au second plan la mémoire, ce travail

pénible et long qui dégoûte l'enfant et l’eipêche de

- faire des progrès rapides. Je l'ai réduite à n'être plus qu’une servante de l'intelligence, servante utile

sans doute, mais dont, à la rigueur, on pourrait se

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