ION
limmortd al vient tou:
ur détruire faut péné
ans l’erreur, me, il n’en
its logiques, |
nce de l’erpeuples qui es de leur ulte que, si filtrée dans tir en tous
l'erreur et érité qui lui en face de
as à l'esprit né pour à
ue l’erreir doit y avoir
dans le monde, et il y a en effet, un travail général des esprits qui, tous, et sans s’en rendre compte, marchent, d’un commun accord, à la conquête de quelque vérité importante ; mais ce que l’on ignore, et ce qui existe cependant, c’est que, dans chaque peuple, et pius particulièrement chez les peuples qui souffrent davantage de l'erreur, 1l y a certains hommes, plus spécialement destinés à à pénétrer l'erreur dont ils ont à souffrir plus que ae autres, et qui, par une loi providentielle, sont, comme malgré eux, forcés d’en tirer des conséquences extrêmes, jouissant d’ailleurs, et souvent à leur insu, de redoutables prérogatives. (Ce sont les Œdipes qui doivent vaincre le Sphinx, et c’est autour d’eux= que se passe la grande bataille parce que, de leur . victoire ou de leur défaite, dépend la victoire ou la défaite de l'humanité dont ils sont les représentants.
Par la nature de leur mission, on conçoit, dès lors, que ce ne sont point ce qu’on appelle des saints, et qu'il y aurait un immense danger, pour les peuples, à ce qu’une mission de ce genre fût : confiée aux hommes d'autorité parce que, les hommes d'autorité ayant, par leur position, une influence considérable, s'ils agissaient d’après des principes faux et qu'ils fussent logiques avec euxmêmes, ils exposeraient les peuples à des expériences désastreuses qui peuvent, sans grand Inconvénient, être faites en petit. Loin donc de laisser les hommes d'autorité agir librement d’après leurs idées personnelles qui ne sont pas toujours justes, la Providence, par son action incessante, trouve en général moyen, quand cela est nécessaire, d’empêcher ceux qui commandent d'imposer leurs
complètement, mon intention est d’en établir trois. Ceux-là prouvés, 1l faudra admettre les autres. qui seront indirectement établis. Je ne puis pas faire, :
caprices aux autres; elle les immobilise, tandis qu’au contraire elle pousse en avant, à travers les écueils, ceux qui, après avoir découvert la route qu’il faut suivre, doivent servir d’éclaireurs et de guides et prendre, momentanément, à l’heure critique, la direction de l’armée avec le concours et sous le&ontrôle du général en chef. C’est, au reste, ce qui arrive journellement pour les capitaines des navires qui sont obligés, en vue des côtes, de rémettre leur vaisseau entre les mains d'hommes qui, dans l'échelle sociale, sont placés au-dessous d'eux, mais qui, par leur expérience et la connaissance qu'ils ont de certains varages, sont plus en mesure qu'eux de le conduire sûrement au port. | Si haut placé qu’il soit, 2t bien qu'infaillible dans l'ordre de la foi, le Pape ne peut pas tout voir et ne peut pas tout faire ; il peut se tromper ou être trompé dans l’ordre des faits ; et Dieu, pour sauvegarder la liberté de la conscience qui a été fréquemment opprimée et qui peut l'être encore, qui l’est au Canada, Dieu l’oblige, par d’éclatants miracles, à reconnaître en moi /e représentant du peuple, celui qui a mission de parler en son nom. Je ne puis rien sans lui; mais lui ne peut rien sans moi, et la tourmente qui sévit sur l'Eglise devrait l’en avertir. Pierre et Paul ne vont pas l’un sans l’autre.
Les trois miracles à établir
Les miracles, en se multipliant, m’ayant éclairé
, tandis vers les la route rs et de uré cricours et au reste, ines des Ôtes, de hommes -dessous connais-
plus en
port. | ble dans t voir et r ou être r sauve-
fréquemqui l’est
miracles, peuple, e ne puis moi, et la avertir.
t éclairé blir trois.
utres.qui
as faire,
— oi —
on doit le comprendre, qu’il h’y ait pas un certain mystère dans une chose de ce genre ; et j'aile droit d'exiger qu’on apporte à l’examen de la question la droiture et la bonne volonté qu'il faut, dans l’ordre naturel, pour saisir les problèmes les plus simples,
Qu'on n'oublie pas, au reste, ce que dit M.
Nicolas dans son grand ouvrage sur la religion: c’est que la vérité divine, s'adressant à des intelligences libres, doit leur ménager la lumière de telle sorte qu’elles aient toujours de quoi la connaître par l'évidence, mais toujours aussi de quoi se l’assimiler par la foi ; qu’elles soient averties sans être forcées, et que cet air vivifiant de l’âme, comme l'air qui entre dans les poumons, ne lui fasse jamais défaut et n’y entre cependant que par aspiration. Dieu, ajoute-t-il, ne veut pas cacher la vérité à ceux qui la cherchent avec le désir de la trouver; mais il tient à ce qu’elle reste ignorée des esprits superbes qui ne jugent des choses que par passion et par caprice..et plus loin: il faut être prédisposé pour croire aux miracles et alors ils convertissent ; sinon, quelque frappants qu’ils soient, on échappe
toujours à leur autorité par quelque biais et alors
ils condamnent.
Le premier miracle
Les éléments de la preuve.—Xe premier miracle dont jai à donner 2 preuve, est celui par lequel il m'a été révélé que le Révérend Père Arnauld, de la congrégation des Oblats, était l'élu de Dieu pour l'évêché de Chicoutimi. Cette révé-
lation n’est point due à mes mérites, et je ne veux :
pas qu’on puisse le croire ; elle est due au moyen efficace dont je me suis servi pour obterir de Dieu qu'il daignât répondre à la question que je lui faisais au sujet de l’œuvre que j'avais entreprise . ét que, seul, je me sentais impuissant à mener à bonne fin. |
Il sera donc important d'établir qu'il y a eu quatre cents messes de dites à cette intention ; et,
, Sans trop insister sur ce. point,.on admettra bien que, pour un étranger dont la position était compromise et à qui il ne restait que quinze cents. francs, c'était un acte de foi qui, par lui-même, méritait, peut-être, une récompense, que d’aller sacrifier six cents francs d’un seul coup pour savoir de Dieu ce qu'il avait à faire. Je me demande si, parmi les chrétiens, il'y en a beaucoup quiferaient | cela. |
La question a été faite, et, quand j'aurai repro-.
|: duit ies documents qui le prouvent, il me restera à
| établir que Dieu a répondu à cette question, d’une
je manière claire pour moi et claire pour les autres,
fe et que la rencontre du Père Arnauld, dans les cir-
1] constances où elle s’est produite, aux signes que
| j'ai indiqués et que je discuterai, est absolument
||} identique à la rencontre providentielle de Rébecca ju par Eliézer après la prière faite par Eliézer, de
il telle sorte que, si on admet que la rencontre de
Rébecca par Eliézer est un miracle, et l’Ecriture le dit formellement, la rencontre du Père Arnauld par moi est aussi un miracle puisqu'elle offre les mêmes caractères, Au reste, Dieu a pris soin de le
faire dire à Lourdes par M. Lasserre, dans le temps
même où je cherchais à le prouver au Canada. A
1oyern ir de
lue je.
eprise .
ener à
a eu n ; €t, a bien t cCOM- cents, même, r saCTivoir de
ide Si, ,
eraient
repro- .
stera à , d'une autres, les cires que plument Rébecca zer, de ntre de iture le A rnauld
in de le e temps ada.
offre les
UE die chacune des négations, il a reponau par des affirs mations nouvelles.
ler Point à établir
Les divers documents.—Le premier point à établir est celui-ci: c'est que je suis revenu, d’Aiguebelle ici, avec le dessein bien arrêté de fonder, pour les enfants, une œuvre qui, dans ma pensée, si elle avait pu se faire, eût été, suivant l’expression d’un Père de la trappe, une espèce de Tiers-Ordre, comme un petit Aiguebelle. Pour preuve de la chose, j'ai en mains, et je garde précieusement, deux lettres qu’il est facile d'identifier : l’une est du Père Malachie, le seul religieux d’Aiguebelle avec qui j'ai entretenu une correspondance depuis mon retour au Canada; l’autre, du Père Aurèle, : qui m'a écrit, en 1875, pour me dire, au nom du Rév. Père Abbé, que je réussirais difficilement dans mon projet et qu'il vaudrait peut-être mieux m’en tenir à mes travaux sur l’éducation dont il reconnaissait l'utilité, que d’aller m'’épuiser, en pure
perte, dans une entreprise qu’il serait probablement
impossible, pour moi, de mener à bonne fin, vu les difficultés inhérentes à la chose. Je n'étais plus au temps où je me laissais déconcerter par la moindre contradiction, et le Rév. Père Abbé d’Aiguebelle m'ayant d’abord approuvé, comme j'avais mes raisons pour agir, je répondis de Paris au Père Aurèle la lettre qui suit. Cette lettre est à la date du 28 décembre 1875. |
© Mon cher Père. —Comme vous le dites foit bien, tout l'intérêt de votre lettre est pour moi dans le
post-scriptum... Il me surprend, je l’avoue, et je ne sais plus à qui entendre, Il eût mieux valn condamner immédiatement mes projets que de venir ensuite me contredire quand ils sont déjà en cours d'exécution.
Je croyais de bonne foi que mon Ré. Père n’était pas contraire à mes idées ; et la preuve, c'est qu'il me disait: pour faire cette œuvre, il faudrait que vous tussiez ou prêtre ou religieux. Ça viendra peut-être, ajoutait.il—Sur mon obser-. . vation qu’ un laïc ne compromettait personne, il reconnaissait ensuite que je pouvais bien avoir raison.—Quand je lui disais que je ne voulais, autant que possible, n’accepter, pour m'aider, que : mes élèves, il m'a cité l'exemple d’un collége qui, . paraît- -il, existe en Suisse et qui réussit très-bien. Il m'a laissé emporter la règle de Saint-Benoist, les us, la charte de charité ; il a levé pour moi Tinterdiction de parler aux religieux, et cela pendant huit jours. Comment voulait-il donc que je ne le. crusse pas favorable à mes projets ?
Et puis, quand je lui faisais observer que le trap-. piste, seul de tous les hommes que j'avais antérieu-. rement connus, est réellement heureux et toujours, en paix, voici ce qu’il me disait — J'ai vu à Rome des cardinaux, des évêques, des prêtres et des religieux de tous les ordres ; j'ai vu des princes, des. ambassadeurs, des riches et des savants ; mais, nulle part, je n’ai trouvé autant de sérénité, et. moins de préoccupations, que dans un monastèré de la trappe ; on y revient toujours avec bonheur dans ce lieu béni où n'arrivent jamais les vains bruits du monde. Est-il, je le demande, approba-
ét je ‘convenir’ cours
Père 'euve, .
re, Il
zieux.
obser-.
ne, il avoir ulais,
, que :
> qui, .
en. Il st, les i Vinndant
ne le.
e trap-.
érieu-.
ujours ,
Rome es reli-
es, des.
mais,
ité, et.
astèré pnheur
S Vains
proba-
tion plus entière,.encouragement plus direct donné à un homme qui n’a aimé qu’Aiguebelle, qui, pendant sept ans, l’a pleurée chaque jour, et qui, après des expériences nombreuses, éclairé sur la vie et sur les hommes, veut essayer, autant qu’il est possible, d'appliquer cette même règle à l'éducation
des enfants en l’adoucissant et en la modifiant: comme il convient de le faire.—La règle de St. Benoist a servi à bien des usages depuis qu’elle est. faite ; et le Rév. Père me faisait encore observer
que la constitution si remarquable de l’Angleterre en est tirée presque tout entière. Pourquoi ne me
fournirait-elle pas une constitution que je puisse appliquer à l’éducation ? C’est l’œuvre d’un saint ;
mais on peut, avec autant de raison, la considérer comme l’œuvre d’un grand philosophe qui, ayant étudié les hommes et sachant ce dont ils ont besoin, ce dont ils souffrent habituellement, a voulu leur donner des lois conformes à la nature et dont
l'observation les rendit heureux, comme il arrive
pour vous. Nulle part, il n’y a un groupe d’hommes
plus unis et plus heureux, dans leur ensemble, que
dans un monastère de trappistes.
En somme, avant la Renaissance, quant l'art payen ne dominait pas encore l’art chrétien, au moyen âge enfin, quels étaient les instituteurs de la jeunesse, sinon les moines ? Où étaient élevés les enfants, sinon dans les monastères? A cette époque, on donnait aux enfants une éducation vraiment virile ; on ne cultivait pas que leur intelligence tant surmenée aujourd’hui. A cette époque, les professeurs étaient des saints et non pas seulément des savants ; ils donnaient la veritable
science, . la science du cœur humain, et c’est une. science qui n’est pas dans les livres. Ils apprenaient tout d’abord aux enfants à vivre heureux.
Je n’admettrai jamais que la foi puisse être en contradiction avec la raison, les vérités de l’ordre philosophique avec les vérités de l’ordre théologique ; c’est pourquoi je persiste à croire que mes idées sont justes et réalisables, et qu'une fois réalisées, elles rendront de grands services à la religion et aux pays qui voudront bien ne pas les rejeter , Sans examen ; et de même que, dans les questions pédagogiques, tout le monde a commencé par me contredire et qu’ensuite des hommes remarquables, en France et au Canada, et entr’autres mon Révérend Père lui-même, ont fini par m’approuver plus ou moins complètement ; de même, je crois que, sans attaquer en rien les principes de la foi et même en prenant les dogmes promulgués commé bases, on peut, par la raison, arriver à établir, pour les enfants, un genre de vie, analogue à votre genre de vie, et qui satisfasse à tous leurs besoins.
En vérité, j'ignore sur quels principes repose la direction des âmes ; mais enfin, là comme partout, il doit y avoir des principes ; et mon Révérend Père me disait encore à cet égard que, pour diriger un homme, il faut prendre garde d’agir d’après des idées préconçues et qu’il faut, au contraire, observer avec soin quelle est sur lui l’action de la grâce pour s'y conformer. Or, jusqu’à présent, on a procédé avec moi par contradiction ; et les prêtres euxmêmes, en qui j'avais toute confiance et qui se sont
mêlés de me diriger, m'ont paru ne pas savoir ce que c’est que la direction et l'influence funeste
te mn, = =
RTE RAR ATEN nes
LPS E RÉ
st une.
naient
tre en l’ordre éologi- 1e mes ; réalieligion rejeter estions par me uables, n Révéver plus ois que, | t même e bases, pour les renre de
epose la partout, évérend r diriger près des observer Âce pour procédé res euxi se sont.
avoir ce funeste
Ce DUT
qu'elle peut avoir sur la vie d’un homme quand elle est fausse. Ils se sont tous inspirés de leurs. idées personnelles plutôt que de ma nature et des conditions assez peu ordinaires dans lesquelles j'étais placé. Les uns ont cherché leur intérêt ; les autres m'ont opposé des fins de non-recevoir, tant qu’à la fin je me suis décidé à flanquer à l’eau tous les amis ; il faut obéir dans la vie religieuse, mais il peut être dangereux de le faire en dehors de la vie religieuse ; et mon Révérend Père m’a encore donné plusieurs arguments à cet égard par ce fait qu'on ne permet pas à un homme de faire vœu:
. d'obéissance à une règle sans l’avoir auparavant
étudiée.
Aujourd'hui,'j je ne peux ni ne veux reculer : ou bien j'essaierai la chose, ou bien j'abandonne l’enseignement, et je reste en France à attendre les
événements ; mais si on ne me dit pas : ne faites
pas cela, je marcherai de l'avant. Vous savez combien j'ai regretté Aiguebelle que ma santé profondément altérée ne me permet plus d’habiter ; mais.
: aujourd’hui, il me semble que je dois faire, pour
les enfants, quelque chose qui me rappelle Aiguebelle. Vous dites que la chose n’est pas possible ; eh bien, vous saurez qu’elle était possible, quand elle sera faite. Dieu est puissant et je ne vois pas pourquoi je n'aurais pas confiance en lui tout
comme un autre. En un mot, ma décision est “ prise : ou cela ou rien. Le sort en est jeté! 4/%eæ
jacta est !
Cette lettre a été publiée sur le journal ‘la Volonté ” à la date du 12 septembre 1876.
2ème point à établir
Les quatre cents messes.—Lors de mon premier voyage au Canada, en 1874, la piété des Canadiens m'avait vivement impressionné, et j'avais été singulièrement frappé du spectacle qui se présentait à mes regards ; mais il y avait cependant certaines choses qui m’avaient échappé. Reçu par tout le monde :comme un ami, soutenu par les hommes les plus importants, subventionné du gouverne- . ment, approuvé par le recteur même de l’univer- ’sité, je n'étais pas alors dans une disposition d'esprit à voir le mauvais côté des choses, et, quoiqu’à peine remis de l’effrayante tentation sur la foi qui a été pour moi, je le vois aujourd’hui, la préparation nécessaire aux miracles qui ont eu lieu ensuite, quoiqu’alors je ne fusse pas très-dévot en| pratique, je me disais souvent : si j'étais à leur place, sachant ce que je sais, comme je mettrais à profit l'expérience que j'ai acquise à mes dépens. — Moi qui, tout enfant, avais, d’un coup d'œil, jugé la vie et compris quel en doit être le but véritable, mais qui, peu éclairé sur les dangers de l'existence ét mal dirigé, avais fait fausse route ; qui avais été sacrifié, pour ainsi dire, à cette éducation absurde qui, nulle part, ne tient compte des vocations diverses des enfants ; qui n'avais qu’à réfléchir sur le passé pour trouver en moi-même et la cause du mal et le remède qu’il faudrait y appliquer, je profitais de l'immense et inexplicable popularité dont je jouissais alors pour battre en brèche le système d'enseignement, et j'ose dire que j'avais, sur ce point, la sympathie de tous ; mais trop faible pour
remier adiens singuentait à artaines tout le Lommes uverne- 'univerposition ses, et, tion sur d'hui, la t eu lieu dévot en| s à leur ettrais à épens. — l, jugé la réritable, existence avais été absurde ocations léchir sur cause du er, Je proarité dont e système S, Sur ce ible pour
exécuter seul une réforme qui ne peut se faire qu'avec le concours de tout le monde, je n'avais qu'un but et qu’un désir, celui de faire adopter mes principes par l’Université-Laval ; et je tra-. vaillais dans ce sens avec l'espérance de voir le clergé de Québec s’en eînparer et exécuter luimême la réforme que je demandais et dont j'avais déjà tracé le plan général ; mais les dignitaires de l’Université, ayant été consultés à ce sujet, ne s'étaient pas accordés, malgré que le recteur, M. l'abbé Hamel, fût d'avis qu’on me donnût, comme essai, une classe à faire en dehors du cours ordinaire ; et le gouvernement mieux avisé ayant pris la chose en mains, la réforme par conséquent ne se faisant pas sous leurs auspices, ils la voyaient de mauvais œil et ne désiraient rien tant que de me voir échouer. Ils minaient lentement le terrain sous mes pieds sans que je le soupçonnasse, et, à la chute du ministère Ouimet qui m'avait soutenu, je compris que bientôt je n’aurais plus à compter que sur moi et que, dans le monde des professeurs, il y en avait bien peu qui me pardonnassent d’avoir . raison contre eux. C'est un rude métier et une tâche ingrate que de vouloir réformer quelque chose !
Sachant donc que la situation ne serait pas longtemps tenable et trop malade d’ailleurs pour lutter indéfinement, je prévins le coup qu’on avait l’intention de me porter et je revins en France où j'espérais qu’on me soutiendrait. J’allai même trouver Mgr. Fournier, évêque de Nantes, pour lui demander. son concours. Mgr Fournier avait lu un de mes ouvrages et il en approuvait les principes : voilà
quarante ans, dit-il, que je défends cette thèse, et
il ajouta avec un malin sourire : je suis évêque et je ne puis rien, Croyez-vous pouvoir réussir P—Je n’osai pas répondre que oui, mais je le pensai, et ne voyant pas qu’il me fût possible d’arriver à ce
. but autrement, l’idée me vint peu à peu qu'il’ fallait
fonder une nouvelle congrégation religieuse et que j'en trouverais les éléments au Canada ; mais, la transition ayant été un peu brusque, je ne prévoy-
ais pas le genre d'obstacles qui m’attendaient ici. Je ne pouvais croire et penser qu’on arriverait à
m'empêcher d'écrire, et qu'après avoir dépensé des sommes considérables, je serais finalement réduit à l'impuissance la plus complète et placé dans une position telle que, humainement parlant, la chose devait me paraître et était réellement devenue impossible.
Toutefois je ne suis pas de ceux qui cèdent sans
combat, et comme, en somme, je n’avais que de
bonnes intentions, pour mettre ma conscience en
repos, avant de déposer définitivement les armes, . je fis à Dieu une prière dont voici à peu près le
sens : je crois bien que j'ai raison, mais enfin il est possible que je me trompe, et, en tout cas, je ne puis continuer l’œuvre que j'ai entreprise sans
. savoir si elle vous est agréable ou ron, sans savoir Si, privé de tout moyen d’action, je puis au moins . compter sur votre tout-puissant secours. Veuillez
donc me dire, d’une façon ou d’une autre, si vous
. êtes pour ou contre moi, et, dans le cas où vous me
seriez favorable, donnez-m’en, je vous prie, un signe quelconque. Si vous exaucez ma prière et que vous m'aëcordiez ce que je vous demande, je
5e, et ue et ?—Je sal, et "À ce fallait et que ais, la )rÉVOYnt ici.
erait à épensé lement ’ placé parlant, at deve- |
ant Sans que de ence en armeg, près le enfin il cas, je se sans s savoir | moins euillez si VOUS ous me brie, un rière et inde, je
m'engage solennellement nar vœu à he jamais
céder ; mais si je n’obtiens pas ce. signe, j'aban-
donne la partie. A quoi bon m'épuiser en pure perte, puisque, seul, je sais que je n’arriverai jamais à aucun résultat sérieux.
La prière faite, il s'agissait d’être exaucé et je
vous avoue, en toute simplicité, que je n'avais point en moi une assez grande confiance pour croire que, par mes seuls mérites, je pusse obtenir une pareille faveur ; et c’est alors que, sans en bien comprendre la puissance, je résolus de sacrifier six cents francs pour faire dire des messes à cette intention, de telle sorte que toute la question se résume en ceci: quatre cents messes ont-elles devant Dieu un mérite tel que Dieu, ainsi consulté, ait cru devoir y répondre par un des plus grands miracles qui aient jamais eu lieu?—-Il s’agit maintenant d’établir qu’il y a eu quatre cents messes de dites, ou, du moins, que six cents francs sont sortis de ma bourse pour cette fin, et que cette somme a dû être remise aux Pères Jésnites de Québec. J'ai même la certitude qn'elle leu. a été remise, attendu que le Père Huyghens m'en a parlé dans le temps et qu'ilen a a également parlé au docteur Morin. La lettre qui suit, écrite dernièrement au supérieur de la maison de Québec, a nour but de mettre la chose au clair.
Mon Révérend Père—Quelques jours avant l’incendie du quartier Montcalm, c'est-à-dire vers la
* fin d'avril ou au commencement de mai 1876, à
une époque que je ne saurais préciser au juste, en présence de M. Alfred Fages, fils du notaire Fages,
Pr DER fu EE RS # ns 2
actuellement novive chez les Jésuites; et de M. David Morin, frère de M. Edouard Morin, j'ai remissous enveloppe, et après en avoir vérifié le contenu devant eux, à M. Jean-Baptiste Morin, actuellement pharmacien à Québec, et à M. Joseph Chabot de Saint-Charles, neveu de l’avocat du même nom, pour être portée au Père Huyghens, la somme de cent piastres, en billets de banque ; ; et jaila certitude que cette somme a été remise, sinon au Père Huyghens à qui elle était adressée, du moins à un ‘autre Pèreque j’ailieu de croireëêtre le Père Resther ; j'en ai la certitude, parce que le Père Huyghens qui était mon confesseur, m’en a parlé quelques jours après et qu’il en a également parlé au docteur Morin à qui, si jai bonne mémoire, il a même dit, je crois, que les Jésuites avaient été sur le point de ne pas accepter cette somme parce qu'elle leur paraissait trop considérable.
La lettre en question ne portait pas de signature, et ne contenait que deux ou trois lignes dans lesquelles j’indiquais, sommairement, quel devait être l'emploi de cet argent, savoir : qu’on devait acquittér quatre cents messes et les dire, le plus tôt possible, à une intention particulière que je ne crois pas avoir formulée.
Comme certains membres du clergé, s’il faut en croire M. Dion du journal, ont l'air de penser que j'ai bien pu faire dire quelques messes, mais non pas quatre cents, et qu’ils semblent vouloir se rattacher à cette ficelle pour nier un miracle qui .est la conséquence, non pas de ma vertu à moi, mais de la vertu inhérente, vous le savez tous, à la mess,
employé à la corporation; de M. Léonidas Hudon,
LR ne et ET
don, e M.
4 jai > conuellehabot nom, 1e de certi- , Père s à un sther ; ghens elques octeur me dit, point lle leur
nature, ans lesait être acquitt possi-
o1s pas
faut en ser que ais non se rattai est la
ais de mess?
et qu’ils espèrent ainsi, en contestant la cause, pouvoir plus aisément en contester le résultat qui les chagrine et les offusque, j'ai le droit de savoir si cet argent a été effectivement reçu par les Jésuites à la date indiquée par moi; il y va de l'honneur
de deux jeunes gens qui persistent à dire qu'ils ont.
remis à l’un de vous et la lettre et ce qu’elle contenait. Ce qu'il ya de certain, c’est que l'argent est sorti de ma bourse et qu’il n’y est pas rentré.
Ii est de votre devoir, mon Révérend Père, de faire les recherches nécessaires pour que la chose soit élucidée. Pour moi, elle est hors de conteste et personne ne me persuadera que vous n'ayez pas reçu cet argent, etc.
3ème point à établir.
Za réponse de Dieu.—Le troisième point à établir, c'est que Dieu a daigné répondre à ma demande et que sa réponse a été pour moi ce que je désirais qu’elle fût ; mais, pour mieux faire comprendre combien cette réponse devait me paraître à moi nette et précise, à l’histoire abrégée de ma vie qui à certainement son cachet spécial et que j'ai composée en 1877 pour convaincre Mgr Conroy, il n'est pas inutile d’ajouter ici quelques remarques sur le Rév. Père Arnauld et sur le monastère d’Aiguebelle.
Le monastère d’Aiguebelle, dans un pays comme la France où la population est dense, est un point imperceptible perdu au milieu des montagnes du
Dauphiné, et, le sol de cette région étant très-aride,
les habitations y sont clair-semées et les habitants
L ’ LS à PR } LR É pe = - EE ,
peu nombreux. Je ne pouvais donc guère m'attendre, les Français de France étant eux-mêmes ‘au Canada en assez petit nombre, à trouver, dans une contrée nouvellement ouverte, à quinze cents lieues d’Aiguebelle et à cent lieues de Québec, un religieux, dont la famille, en 1815, habitait le monastère même d’Aiguebelle à une époque où ce monastère, confisqué à la révolution et vendu en 1810 comme bien national, était encore une propriété particulière louée à plusieurs familles du voisinage qui y demeuraient en commun; et j'aurais pu, d’ailleurs, puisque jusque-là j'avais caché la chose, j'aurais pu rencontrer le Père Arnauld, que je ne connaissais pas auparavant, sans lui dire que j'avais été novice à la trappe d’Aiguebelle, et, par conséquent, sans apprendre de lui cette singulière circonstance que je viens de mentionner ; j'aurais pu le rencontrer sans Jui faire part de mes projets et sans savoir qu'il eût été question de le nommer évêque, que la proposition lui en avait été faite à plusieurs reprises et qu’on insistait toujours pour qu’il acceptât ; et comme, d'autre part, par goût, par caractère, par éducation, eu égard à la fausse position dans laquelle je me suis toujouss trouvé, je suis peu à peu devenu, l'habitude aidant, l'être le plus sauvage qu'il y ait sur terre ; que je mets à fuir la société la même ardeur que les autres mettent à la rechercher ; que j'ai, toujours et partout, vécu comme ça ; qu’en dehors de ceux avec qui je suis absolument obligé de vivre, je ne vois jamais personne ; que, depuis mon retour en Amérique, et pour être plus libre d'agir à ma guise, je m'étais systématiquement
LA
écarté de tout le monde, il n’y avait, pour ainsi dire, pas de transition, pour moi, entre la prière que j'avais faite et ce qui me paraissait le ‘signe clair et certain qu’elle était exaucée. Car enfin, si le Père Arnauld eût été évêque, la chose pouvait être considérée comme faite ; et voilà pourquoi, sans me laisser déconcerter par aucune sottise, sachant quelle était la volonté de Dieu sur ce. point, j'ai tant insisté pour qu'il le fût.
En somme, il n’y a pas de contradiction entre l’ordre naturel et l’ordre surnaturel, et ils se prêtent l’un et l’autre un mutuel secours, et comme la Providence conduit chacun de nous à sa fin par des moyens humains et qu’elle prépare de longue date, et souvent à leur insu, les instruments dont elle se sert, je trouve parfaitement logique êt très-raisonnable que, dans un pays où la foi est puissante et où le bien re peut se faire qu'avec l’assentiment et l’aide du clergé, elle nait donné pour auxiliaire un évêque, c’est-à-dire un de ces hommes qui, au Canada, sont tout-puissants, dont l'autorité n’est sérieusement contestée parpersonneet qui, s'ils le veulent, peuvent aisément faire le bien ; et que, pour rendre la réforme plus facile, elle m’ait, par des miracles, désigné cet homme. Je trouve cela très naturel ; et Dieu, qui est l'être raisonnable par excellence, ayant une grâce de choix à faire aux Canadiens, devait s’y prendre pour la leur faire comme il s’y est pris.
N'y avait-il donc pas quelque chose d’extraordinaire dans ce fait que, moi laïc et étranger, je vinsse à‘savoir une chose que les évêques du pays ignoraient eux-mêmes et dont ils devaient être
passablement étonnés d'apprendre la nouvelle par ma bouche ; et, quand je venais leur dire que cette chôse qui, en soi, était étonnante et devait leur paraître étonnante, était un miracle, pourquoi ne le croyalent-ils pas ? Pourquoi surtout empêchaientils la chose de s’éclaircir ? Qur non facit veritatem, odit lucem.
Le deuxième miracle
Le miracle d Œdipe.—1\ y a, dans les sciences mathématiques, des choses qui sont certaines, mais qui, bien qu’appuyées sur des raisonnements trèssolides, ne sont pas cependant à la portée de toutes | les intelligerces. renez, par exemple, un théorème de géométrie, une ie ces vérités abstraites qu’un \ à savant r'arrive à conorendre qu'après un temps très-long, et cüerthez à Gémontrer ce théorème, cette vérité, qui, à vous ges Iinstruits, peut vous paraître si claire ; cherchez à la démontrer à un ignorant : vous comprendra-t-il tout d’abord ? Non. Il ne vous comprendra pas s’il fait des efforts pour/vous comprendre, et il vous comprendra moins encore s'il n’en fait pas. Mais, à l'endroit des secrets de Dieu, ne sommes-nous pas tous des ignorants ; et si quelqu'un vient nous dire qu'il a pour mission de nous en révéler un, prétendrionsnous, sans effort, avoir part à cette révélation, nous qui, dans les choses ordinaires de la vie, avons quelquefois tant de peine à discerner le vrai du faux ? En réalité, le miracle d'Œdipe, qui, au premier abord, ne paraît pas avoir de signification, . est un très-grand miracle, puisque c’est la décou-
ES O ©! é bot fs put bus
verte d’une de ces Icis générales qui régissent le monde et dont l'existence avait été plusieuïs fois soupçonnée par les esprits supérieurs ; il ya sur la terre des hommes aui sont, pour ainsi dire, sacrifiés aux intérêts de l'humanité, qui reçoivent, à leur naissance, l'erreur en partage et que Dieu force ensuite à être logiques avec eux-mêmes jusque dans les dernières conséquences de leurs principes. L’énigme pénétrée par eux, le Sphinx est. vaincu.
L'argument de Sophocile
En admettant les miracles comme existant vraiment, et je l'ai prouvé depuis, la difficulté, on le. conçoit, à une époque où je n'avais pas d’argent et où je ne pouvais pas écrire sur les journaux, la difficulté était de me faire croire. Je voyais, moi, très-clairement les preuves que j'avais à ma disposition ; je sentais bien que ma faiblesse ne venait que de l'impossibilité où j'étais alors de les développer librement ;. j'aurais voulu une enquête publique dans laquelle j je savais parfaitement qu’on aurait de la peine à me répondre ; mais je comprenais, d’autre part, que la bonne volonté était petite, en certain lieu, pour étudier la question et qu’on ne tenait nullement à être convaincu d’une chose. qui déplaisait souverainement ; je comprenais quel immense avantage ces Messieurs de Québec avaient sur moi auprès de Son Excellence Mgr Conroy qui, étranger ‘au pays, pouvait aisément être influencé par un mot ; et je devais, par conséquent, pour obtenir de lui qu'il me crût, je devais combattre dans son alé les FAP inSi-
nuations de mes adversaires. C’est, dans ce but, que j'écrivis à Son Excellence Mgr Conroy la lettre suivante qui entre, pour une part, dans le miracle d'Œdipe. Cette lettre, au reste, avait été précédée de plusieurs autres.
Excellence —On raconte que Sophocle, le plus grand poète de la Grèce, composant son admirable tragédie, intitulé : Œdipe à Colone, avait concentré tout l’effort de son esprit sur le sujet dont il vou- Jait faire un chef-d'œuvre; et, comme il arrive d'ordinaire pour tous ceux qui vivent en dehors des lois de la nature et se consacrent, corps et ‘âme, à la poursuite d’un but idéal, il dédaignait tout le reste et même, paraît-il, négligeait ses affaires. Ce que voyant ses enfants, ils le citèrent en justice en disant que la vieillesse avait altéré, chez leur père, les facultés de l'intelligence, et qu’en conséquence ils demandaient qu’on lui enlevât l’administration de ses biens. Sophocle avait alors, je crois, quatre-vingts ans. Au reste, l'âge importe peu.
Le jour du jugement étant arrivé, quand l’accusation eut été formulée devant lui, le grand poètt méconnu se leva, et, pour toute réponse, il se mit à lire la pièce qu’il venait de terminer, et, après en avoir achevé la lecture : est-ce là, dit-il, ô juges, est-ce là le travail d’un homme incapable par luimême de gérer ses affaires? Les juges enthousiasmés, (on sait qu’à Athènes ils étaient généraleanent plusieurs centaines), les juges, sans écouter
Va
SO TR nn
plus
rable entré vourrive ehors
ps & |:
gnait |
t ses tèrent altéré, e, et n lui hocle reste,
’aCCU-
poète
se mit près en juges, bar luinthou-
écouter
nérale-
plus longtemps ses accusateurs, le couvrirent d’applaudissements, et, au lieu de le condamner, ils le reconduisirent à sa démeure au milieu des acclamations de la multitude. La même accusation, ‘portée contre Sophocle, s’est renouvelée, à tous les âges du monde, contre tous ceux qui, ayant l’intuition d’une grande œuvre à faire et poussés par une force inconnue, ont dévancé leur siècle dans la : voie des découvertes. Archimède, Galilée, Euler, Leibnitz, Newton et beaucoup d’autres sont venus, tour à tour, payer à l’humanité déchue le tribut douloureux de leurs angoisses et de leurs souffrances sans lequel il semble qu’il n’y ait pas de progrès possibles. Ceux qui travaillent pour les hommes, doivent s'attendre à en être persécutés. Tenez, à notre époque, on a fait des applications
prodigieuses de la vapeur et de l'électricité, et on peut dire avec vérité qu'aujourd'hui il n’y a plus de distances ; mais, je vous le demande, si, il y a cent ans, un homme, par une grâce spéciale de Dieu, découvrant, tout d’un coup, et les principes et les théories dont nous voyons, chaque jour, sous nos yeux, les merveilleuses conséquences, fût venu dire aux Canadiens d'alors: Messieurs, j'ai trouvé le moyen de, correspondre avec l’Europe dans l’espace de cinq minutes, qu’aurait-on pensé de cet:
homme? et cependant, (qui peut le nier?) cela est, Ce n’est donc pas, parce qu’une ‘chose parait extraordinaire et même impossible à la masse des gens qu’elle n'existe pas.—Boileau l’a dit: le vrai. peut quelquefois n'être pas vraisemblable, et ce qui est-impossible à l’homme, est très-facile à Dieu. Or, en disant que le Père Arnauld a été désigné
Mt UN
par des miracles comme devant être évêque de Chicoutimi; que j'ai obtenu de le savoir grâce au mérite infini de la messe, je n'avance rien qui soit impossible, et, par conséquent, j'ai le droit d’être entendu avant d’être condamné. C’est pourquoi je demande une enquête et il est de votre devoir de me l’accorder ; ce ne serait pas agir avec prudence que de la refuser.
P. S. Cette lettre a été publiée, à la fin de décembre 1877, Sur un opuscule de neuf pages imprimé au /owrnal de Québec. Je n’avais point alors assez d'argent pour défendre la vérité par de longs arguments, et j’ai dû me contenter dé l’indiquer sommairement, trop sommairement peut-être.
La première vocation
Premier point à établir. —J'ai déjà dit, et il est bon d'insister. sur ce point, que je vis habituellement seul, entièrement absorbé par mes études et très-indifférent à tout ce qui se passe autour de moi, (au reste, la carrière est assez vaste;) que, depüis mon retour au Canada jusqu’au moment où
les miracles se sont produits, je n'ai, pour ainsi
dire, eu de relations avec personne ; et, sauf deux ou trois visites dont je ne pouvais pas me dispenser, j'avais tenu, par système et pour des raisons que je pourrais exposer, à me mettre à l’écart de tous ceux, en bien petit nombre d’ailleurs, avec qui, lors de mon premier voyage, j'avais eu quelques rapports ; j'avais même négligé, après quelques visites, trois ou quatre peut-être, de fréquenter la famille
de Mme veuve Saint-Pierre avec qu, j'étais en
PA bandit fer
fois
grande intimité, ayant demeuré chez cette dame soit | pendant plus de dix-huit mois ; en un mot, en de: ie hors de la famille Morin, il est facile de prouver le | que je ne voyais personne ou à peu près personne. ; dé Eh bien ! cela étant, je dis et je maintiens qu'il ES. est fort extraordinaire, la rencontre du Père Arnauld | ayant eu lieu dans les circonstances que j'ai mendé | tionnées, il est fort extraordinaire que, dans cette ges famille, il se soit trouvé un jeune homme, David cit | Morin, que ses parents eux-mêmes n'ont jamais db regardé comme un enfant ordinaire, dont le carac- Hat tère est tout d’une pièce, qui ait sérieusement, et étré | pendant longtemps, parlé de se faire trappiste à un | Âge où l’ori ne s’occupe guère de choisir une posi- | | tion et surtout d’en choisir une de ce genre, Comme | il était tout petit quand 1l prit cette résolution et Eee | qu’il ne dédaignait pas les friandises, on lui en fit ellé. un jour l’observation : comment feras-tu, lui dit-on, RE toi quijaimes tant les bonnes choses, comment feras- Re | tu à la trappe où la pénitence, est si dure ? Oh! que, répondit-il, je vais en manger beaucoup, beaucoup ! : OÙ et après je n’en mangerai plus!
ar . Au reste, il ya autour de sa naissance quelque d EUX circonstance mystérieuse que sa mére n’a pas voulu sé: | me dire sous le prétexte que je suis trop bavard ; É que . mais c’est déjà trop de m'avoir dit cela. En un mot, tous la Y9cAtIon de ce Jeune homme m'était déjà connue lors avant qu’il en eût reçu, lui, une preuve positive: re La triple coincidence sur Œdipe Sa Deuxième point à établir. —I1 m'arrive quelque-
fois d'écrire facilement ; mais il y a des jours,
quand je suis préoccupé de quelque chose, où il + m'est absolument impossible d'écrire un mot, et, dans ces cas-là, je gaspille plus d’une page pour rien. C'est ce qui m'arrivait alors. Car désireux comme je l'étais de convaincre Son Exc. Mgr.
Conroy, après avoir vainement essayé d’exposer ll: clairement les faits miraculeux, n’y pouvant réussir | à ma satisfaction, et comprenant d’ailleurs qu’il fallait détruire dans l'esprit de ce prélat les préventions que je savais y être, j'avais fini par tomber sur cette idée, très-juste à mon sens, que mes ouvrages, et en particulier les deux livres que je venais de terminer, étant solidement pensés et vigoureusement écrits, ce devait être, pour un homme impartial, la preuve, et une preuve convaincante, que Tétais parfaitement en état de discerner la vérité de l'erreur et qu'il n’était pas admissible, cela étant, % que j'eusse pu être trompé par les apparences et 4 prendre pour des miracles ce qui en réalité n’en était pas. Car enfin on prétend, et avec raison, m'obliuer, sur la foi des autres, à croire à des miracles que je n'ai point vus, que la plupart des gens sont incapables, par eux-mêmes, de reconnaitre, quoiqu'ls existent ; et on ne veut pas, sur mon témoignage, qui est philosophiquement très-acceptable, on ne veut pas même faire l’examen d’une 138 chose dont il est évident que je suis convaincu et que j'offre de prouver. Ceci n’est pas juste. J'arÿumentais donc dans ce sens, et, l'esprit tout plein de mon sujet, développant la thèse de Sophocle, cette thèse que je croyais avoir été faite à propos d'Œdipe, je venais d'écrire sur le papier!les premières phrases de ma lettre où il est question
tn bond st 1 1 4 .,
O0 0" 0 Ou ete:
TD Ss'u à 50,
O 5 uw
un © «a