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d'Œdipe, quand les deux jeunes gens dont j'ai parlé, revendiquant l’un et l’autre la pièce d’'Œdipe roi que je leur avais donnée à des époques différentes, vinrent me trouver pour me faire juge de ce débat. Parlant tous les deux à la fois et se disputant, ils m’abordèrent au moment même où j'écrivais sur le papier le nom d'Œdipe. Cette coïncidence me frappa vivement et je vis immédiatement qu’elle établissait une relation entre Mgr Conroy, ces deux jeunes gens et moi. Je me mis à lire la pièce d'Œdipe roi, où l’on voit qu'Œdipe était, sans le savoir, la cause des fléaux qui décimaient le peuple de Thèbes, et, après avoir attentivement réfléchi sur les circonstances qui avaient précédé et accompagné cette étrange coïncidence, je compris bientôt qu’elle supposait l’action d’une puissance supérieure qui se cache derrière les hommes et leur fait faire ce qu’elle veut. Je tâchai de le persuader David
Morin que je voulais gagner à ma cause et auprès:
duquel j'insistais, depuis longtemps, pour qu'il se décidât à me prêter main-forte. Comme il s’en défendait en plaisantant, je lui dis ceci : écoute, tu sais que je suis revenu hier de la basilique trèsimpressionné du sermon que le Père Mothon a
prononcé ; tu sais ce que j'ai dit à ta mère, qu'il se passait certainement quelque chose d’extraordi- : naire ; jen ai maintenant la conviction, puisque cette coïncidence sur Œdipe est, par elle-même, tw
l'avoueras, une chose’ singulière, viens ce soir au
sermon avec moi, si ce qui est arrivé hier n’est pas
naturel comme je le crois, peut-être y aura:t-il
aujourd’hui quelque indication nouvelle. Tu ne
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peux pas me refuser cela. La curiosité le fit accepter et il se rendit au sermon avec moi.
Les flambeaux allumés.
Troisième point à établir. —Les prédicateurs, dans
leurs sermons, ne sortent guère, en général, d’un
cadre très-restreint, trop restreint même ; et si, d'ordinaire, ils sont prodigues des textes sacrés ; s'ils prononcent souvent, et avec éloge, le nom des saints, ils évitent soigneusement, dans la chaire de vérité, de parler des héros du paganisme, des personnages allégoriques de la mythologie, de sorte
. qu’il n’est probablemént jamais arrivé à un prédi-
cateur, dans son sermon, de parler d'Œdipe. Ce.
‘ mot seu. d'Œdipe, prononcé en chaire, suffit pour
donner aux sermons du Père Mothon un cachet spécial, et, en toute autre occasion, lors même que je n’eusse pas été mis en éveil par certains indices, j'aurais été frappé de ce mot. Jugez si, après ce qui s'était passé dans la journée, mon esprit étant encore tout rempli de ce nom mystérieux qui, à mon sens, avait déjà, ce jour-là, donné lieu à une
coïncidence miraculeuse, attentif à tout ce que
disait le Pèra Mothon, je devais être nrofondément remué en l’entendant parler d'Œdipe : ; et le jeune Morin qui était au courant de tout, qui était venu, sur ma demande et. par curiosité, au sermon du Père Mothon, pouvait-il être moins étonné que moi. Le miracle, pour moi, n’était pas douteux, et, bien que je ne comprisse pas encore ce qu'il signifiait au juste, je revins à la maison parfaitement sûr de mon coup, cette oi ‘laissant au temps
no Lie
lesoin de me donner de nouvelles lumières. A la mort de Pie IX, quelques jours après, j'avais la clef du mystère, et je savais qu'il s'agissait de la prophétie de saint Malachie, lumen in celo ; et,
avant même que Sa Sainteté, le pape actuel, fût élu,
j'avais déjà écrit à Rome pour annoncer que cette
prophétie se vérifiait au Canada. La difficulté était de le faire croire aux autres....
Le troisième miracle ®
La mort subite de Son Excellence Mgr Conroy.— Saint Paul, dans sa première épitre aux Corinthiens, nous donne, sur les mystérieuses opérations de la grâce, des explications très-claires et très-importan-
tes ; il dit, entr'autres choses, que les dons du
Saint-Esprit ne sont pas tous accordés aux mêmes -personnes, et que chacun de nous reçoit,, non-seulement pour sa propre sanctification, mais plus encore pour l'utilité des autres, les grâces spéciales dont il à besoin et qu'il plaît à Dieu de lui octroyer : aux uns, c’est la sagesse ou la science ; aux autres, le discernement des esprits ; à d’autres, le don de prophétie, etc. En un mot, les fidèles, par leur
réunion, forment le corps mystique de l'Eglise, :
chacun d’eux, comme dans le corps humain, ayant une fonction à remplir qui ne peut être la même pour tous ; et, de même que l'œil ne peut pas dire à la main : je n’ai pas besoin de toi; ou la tête aux pieds : tu ne m’es pas nécessaire ; de même, dans l’Eglise, où tout le monde ne peut pas et ne doit pas être, en même temps, la tête, l’œil, le pied et la main, c’est de l’accord des différents membres entre eux que provient le bien. .
Si Mgr Conroy avait médité cette page-là, ïl aurait peut-être compris que, pour conduire le corps, la tête, si haut placée qu’elle soit, a besoin de l’œil que Dieu éclaire et qui voit. Il ne l’a pas compris et 1l est mort, etsa mort, par un terrible jugement de Dieu, sa mort est devenue la. preuve, et une preuve évidente, de la vérité qu ’on l’a eMpéché de reconnaître.
Infiuence prépondérante de Mgr Conroy
Son Excellence Mgr Conroy est venu au Canada avec les pouvoirs les plus étendus ; à son arrivée à Québec, tout le monde avait les yeux sur lui. Partout, il a été reçu comme on aurait reçu le Pape Jui-même dont il était le représentant. Tant qu'il a vécu, il a été le maître des événements, et ge | ni dans’le clergé, ni dans le peuple, n'a songé à regimber. Le convaincre lui, c'était convaincre les plus incrédules, et, sachant cela, je devais m’adresser à lui; ilya des preuves authentiques que je l'ai fait, que je lui ai écrit non pas une lettre, mais dix lettres et même davantage, que j'ai été le voir.
Ma première lettre à Mer Conroy contenait un exposé exact de la situation des choses au Canada ; elle était de quarante pages et assez bien composée. Je ne saurais trop dire, à cinq ans de distance, ce qu’elle renfermait ; il me semble cependant me rappeler que je mettais Son Excellence Mgr Conroy en garde contre les influences hostiles dont je voyais qu’il allait être entouré ; et qu'après avoir appuyé les miracles des quatre cents messes que j'avais fait dire, je lui montrais combien il! était
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Canada rrivée à lui. Parle Pape t qu'il a ersonne, songé à incre les m 'adres-
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‘ juste qu'un : Oblat fût nommé: évêque à Chicoutiri,
produite par cette lettre sur Mgr Conroy ; mais’ il . est naturel de croire,en face de mes affirmations,que,
* Mgr l’archevêque de Québec et que celui-ci, ayant
. n'existent pas.
miracles rien que pour les saints, le but des miracles
etdu "miracle d'Œdipe qui en est, pour ainsi dire, la consécration : c’est qu’un pauvre jeune homme,
tion vienne ensuite contrarier tous ses bons instincts,
- une occasion de ch'1te. Ma vie à moi est le déve-