‹ La clef du mystère [microforme]Chapitre 50 sur 58 · partie la grâce victorieuse. Au reste, c’est un · texte numérisé non relu

partie la grâce victorieuse. Au reste, c’est un

Anglais, St. Etienne, qui a fondé la trappe.

La mouche à patates

Le Dieu qui chargea autrefois Moïse de porter ses ordres à Pharaon et qui, pour punir ce prince volontairement incrédule, frappa l'Egypte de ‘dix fléaux consécutifs, ce Dieu est encore aujourd’hui le Dieu qui gouverne le monde, et s’il est vrai que sa volonté ait été méprisée, c’est l'hypothèse, il a dû eéxtérieurement manifester sa colère de quelque façon. Car on voit, par l’Ecriture, qu'il n’a jamais manqué de soutenir de sa toute-puissance ceux à qui, dans les siècles passés, ila donné mission de parler en son nom. Or, en 1877,

t'est-à-dire l’année même où j'ai commencé à proclamer hautement que le Père Arnauld avait été miraculeusement désigné pour être évêque, un fléau parfaitement caractérisé, et reconnu comme tel, fléau analogue aux plaies d'Egypte, la mouche’ | \ À patates s’est abattue sur le Canadn en légions \ innombrables, privant les Canadiens d’un aliment . que l’on trouve chez eux sur toutes les tables et à tous les repas, C’est, pour eux, un ci de première nécessité... ,

Je n'ai point compris, tout d’abord, que ce fléau, dont je voyais la description dans les journaux, qu se propageait partout avec une effrayante rapiaiel pâût avoir quelque rapport avec la mission que je. m'efforçais en vain. de faire reconnaître et les miracles dont on croyait pouvoir impunément se moquer. Ce n’est que plus tard, vers le mois de décembre, après avoir lu la pièce d'Œwipe roi, que j'ai commencé à entrevoir la vérité sans trop oser encore me l’avouer à moi-même ; mais vous l’admettrez bien, qu’il est tout-à-fait extraordinaire qu'au moment même où je me présentais à eux comme ayant mission de Dieu, des fléaux de toutes sortes aient frappé le Canada et les Canadiens. Quelle que soit la conclusion qu’on en tire,

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la coïncidence doit être relevée. Car s’il'est facile se

de nier les miracles, il est impossible de nier les Æ q fléaux qui ont très-certainement existé. € sous 1 toutes les formes. d

Les intermédiaires q à 7 Dans un peuple, il y à deux classes de personnes al

ra, les intérêts ne sont pas les mêmes\: il y a

… d’abord les homïñés d'autorité à qui le pouvoir n’a

| à provai été . été donné que pour qu'’ils‘se dévouent au bien dejue, un | tous ; il y a ensuite les individus dont chacun, pris comme . séparément, n’a qu’une influence restreinte et peut mouche’ M ‘dès lors être facilement opprimé. Qui défendra le légions à peuple contre l'autorité, si on n’admet pas que Dieu, aliment %} pour obvier aux abus. possibles des hommes qui bles et à __ont la puissance, ne place en face d'eux, ayant de pre- pouvoir comme eux, d’autres hommes sortis du M peuple et chargés de défendre ses droits. Les ce fléau, | hommes d'autorité, par la vie régulière qu'ils ont aaux, qui menée, par la position élevée qu'ils occupent, si rapi bons et si intelligents qu ils soient, précisément \ que je | parce ‘qu’ils ont peu ou point souffert, ne sont pas. les mira- | en état de voir et de comprendre comme ceux qui nt se mo- À en souffrent continuellement, quelle est la véritable . mois de . cause des maux dont la société a le droit de se. e roi, que plaindre ; et la facilité qu'ils ont de modifier les. ans trop % institutions ou d’en créer de nouvelles à leur fanais vous D taisie, souvent sans tenir compte d'autre chose que ordinaire M de leurs intérêts, rend nécessaire l'intervention ais à eux Æ d'hommes ayant mission de les aider ou de les fléaux de combattre sur ce terrain, quand il s’agit de l'avenir. les Cana- À d’un peuple, des droits de tous. Je ne dis pas que n en tire, le preraier venu puisse le faire, non ; il faut pouvoir est facile se. présenter à eux avec les preuves d’une mission e nier les % que l’on soit en mesure d'établir ; mais, var contre, et sous à il y a obligation, pour EUX, de rester abordables et

d'accepter la preuve qu’on offre de faire ; et comme Dieu connaît bien la nature humaine, il est juste qu'il place entre des hommes, de position si difiérente, des intermédiaires moins élevés en dignité, et, en dpparence, moins directement en cause, qui,

fl personnes s\: il y à

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sans le savoir, sont pour ainsi dire chargés par la Providence, ayant plus dé loisir et plas de libérté, d'étudier la question pour l'autorité, et, après un examen sérieux, de la lui apporter toute: résolue,

Tel était, peut-être, au séminaire de Québec, le rôle qui imcombait, en 1878, à un homme, M.

Pabbé Langis, que j'ai entrevu à mon dernier

> examen public et qui était, alors, directeur dans ce

* grand établissement, l’éme du Canada. Les difficul-

tés qui sont survenues plus tard et qui ont obligé ce prêtre distingué à quitter le diocèse de Québec, ; me confirment dans cette opinion que la mort de son frère avait pour but de l’éclairer. Toujours € sf il que ce jeune homme, élève très-remarquabl paraît-il, est mort presque subitement le 13 janvier 1878, dans des circonstances telles que cette mort foudroyante était certainement pour tout le monde un avertissement de Dieu, et voici comment je lai vu.

. J'avais alors pour confesseur un Jésuite, le Père Huyghens, homme à idées larges comme tous les Jésuites, qui ne savait pourtant pas trop, dans la circonstance, comment se conduire, Tout d’abord, a frappé de mes observations, il m'avait engagé à prendre des notes ; mais bientôt, craignant de se compromettre, il avait fini par me donner le conseil de quitter Québec où, disait-il, opposition du clergé rendrait inutiles tous mes efforts, et il \ revenait avec plus d’insistance à chacune de mes confessions, Fatigué de l'entendre toujours me répéter la même chose, le 13 janvier 1878, je lui : ! écrivis une lettre que J'ai conservée et dans laquelle j'affirmais mon intention arrêtée de rester à Québec \

en

S DA a * liberté, \près un ésotue.

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sjours es: narquablé; 13 janvier cette mort - le monde ent je l'ai

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t d’abord, engagé à ant de se r le conseil osition du s, et il y ede mes ujours me

ans laquelle à Québec \ ;

878, je lui :

tant que Dieu ne me donnerait pas l’ordre formel

d’en partir: qu’il ne s’agissait pas de savoir si le clergé canadien était puissant ou non, mais si Dieu était pour ou contre moi, ‘“ Vous me regardez, lui disais-je, comme beaucoup plus faible que je ne le: suis réciement, Il y a Quelqu'un que vous oubliez de mettre en ligne de compte : c’est Dieu. De

. quel côté est-il? Voilà la question. ” Eh bien, au

mornent même où j'écrivais ceci, à quatre heures du soir, le jeune Langis était subitement frappé . au milieu de $es camarades, et, à onze heures, sans avoir repris connaissance, il était mort. | Ik est difficile pour un étranger qui ne connaît pas

le Canada, qui ne sait pas l'influence énorme et

prépondérante qu’exerce le séminaire de Québec, de bien comprendre quelle était, pour moi, la portée de cette mort ; mais je voyais, moi, que l'obstacle à une réforme était là et quand je soutenais que l'éducation tuait les entants, la mort d’un

: élève, garçon vigoureux, dit-on, le premier de son

cours et le frère du directeur, cette mort terrible n'était-elle pas comme la confirmation de mes paroles ? On ne m'a pas su.gré de lavoir dit, mais je l'ai dit parce que je devais le dire.--Aureste, pareille chose s’est reproduite, plus saisissante encore, il y a deux ans, dans le même établissement, (car le séminaire de Québec et l’'Université- Laval ne forment ‘qu’une seule et même institution). Un jeune homme de la rivière Ouelle, je. erois, un étudiant en droit, la veille bien portant, a: été, je ne sais trop à quelle époque, trouvé mort dans son lit comme M. Jahan. Et ce qui donne à : cette mort un cachet spécial, c’est que les deux

jeunes gens dont j'ai déjà parlé, David Morin et,

Edouard Dorion, tous deux, à mon dire, ayant la vocation de m'aider, l’un d’eux même s'étant engagé par vœu à le faire, venaient d'entrer à l'Université comme étudiants en droit. Tout cela, vous l’avouerez, est fort extraordinaire et difficile à expliquer pour qui ne suppose pas comme réelle } l'existence des miracles, tandis qu’au contraire, les miracles étant admis, tout s'explique.

La guérison de J.-B. Morin

La Roche tarpéienne est près du Capitole et j'ai eu l’occasion de l'éprouver par moi-même quand j'ai commencé, bien qu’à contre-cœur, à entrer en, lutte avec le clergé. À partir de ce moment-là, quoi qu'ayant raison, je suis devenu la brebis galeuse, et, sans une circonstance que la Providence avait heureusement ménagée, ma réputation comme pores n'aurait pas suffi à me tirer d'affaire.

es bonnes femmes de Québec me regardaient . comme un vrai diable, et je passais, aux yeux de beaucoup d’entrelles, pour un ministre protestant ; tandis que d’autres, la plupart, ceux là mêmes qui d’abord m'’avaient "été favorables, en m’entendant parler de miracles, me tournaient le dos et se moquaient de moi, ce qui ne me plaisait qu’à moi-

tié. Il en résultait que mon prestige s'était vite

envolé, et qu:, dans la famille même des Morin où le mystère S 'accomplissait, il n’y avait qu’une personne à me croire et encore ! J'avais beau leur montrer qu'il était impossible d’expliquer naturellement tel ou tel fait q@i se produisait sous leurs

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galeuse, ce avait comme d'affaire.

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était vite orin où une pereau leur naturelous leurs :

yeux, ils s'en étonnaient un ‘moment, puis l’incrédulité revenait, de plus en plus inconcevable pour moi, tant qu’à la fin, un beau jour, impatienté contre l’un d’eux, Jean-Baptiste Morin, après avoir , vainement essayé de le convaincre, ne pouvant y.

réussir, je lui dis avee humeur que très-certaine-

ment il serait puni parce qu’il était sans excuse. C'est ce qui arriva presqu'immédiatement ; mais, au reste, son incrédulité et la tentation sur la foi qui en a été la conséquence, ont eu pour but et pour effet de mieux me faire comprendre à moi que le miracle qui allait avoir lieu, était dû au mérite infini de la messe -et non pas à ses vertus. Quoiqu’ il en soit, à peine avais- je dit qu’on ne méprisait pas impunément les grâces de Dieu, qu'aussitôt une tumeur douloureuse, qui gêne tous ses mouvements, se développe à l'intérieur de sa main ; elle était placée, je crois, sur le tendon des fléchisseurs et le faisait beat ücoup souffrir. Inquiet de voir qu’elle augmentât chaque jour, ïl se rend. à l'hôpital de marinèe où son frère était alors interne. et il apprend des médecins que- c'était une tumeur . cancéreuse et au’il fallait, au plus tôt,.en faire... lablation, mais que cette opération .entraînerait: pour lui la perte du doigt. Voulez-vous, lui dirent-. ils, qu’ ‘on vous opère ? Un médecin, ça n’est jamais étonné ; ça ne demande qu’à couper et à inciser,. et tout de suite ; mais le pauvre garçon, lui, n’était pas si pressé de se mettre entre leurs mains, et, tout décontenance, la tête basse, il revint à la maï-. son, croyant qu il n’y avait aucun remède à son: mal. | Pendant ce sppees ma santé, à moi, s'était

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altérée, et, comme je ne pouvais plus travailler sans être malade, je m'étais mis en tête, ayant déjà expérimenté la puissance de la messe, de forcer Dieu à me guérir, et au lieu de lui demander, ce qui eût été plus raisonnable, que sa volonté s’accomplit, quelle qu'elle fût, voici quel était mon petit raisonnement et le plan que j'avais formé. C'était de me procurer de l’eau de Lourdes, et pour donner à ma prière l'efficacité que je savais bien qu’elle n'avait pas, de faire dire une messe pour que l’eau merveilleuse * produisit tout son effet. Vivant alors très-retiré et ne voyant plus personne, j'avais chargé Mme Morin de m'en procurer, et comme je ne paraissais pas être plus mal qu’à l'ordinaire, elle me plaisanta assez longtemps à ce sujet avant de se décider à sa démander à un professeur du séminaire, qui lut: en donna une petite bouteille, quelques gouttes. Ni élle, ni son fils n'avaient songé, d’abord, à employer cé moyen pour la guérison de la tumeur; mais quand j'eus absorbé la moitié du liquide bienfaisant . et qu'ils s'aperçurent qu'il en restait encore un peu, 1e jeune homme, revenu à des idées plus justes, consentit à en essayér, et, le jour des Rameaux, ayant mis sur sa main malade une goutte seulement de l’eau miraculeuse, il fut. instantanément guéri. Le lendemain, il alla voir le docteur Catellier qui ‘déclara qué c'était un miracle, un vrai miracle; et M. Labrecque, du séminaire, le croyait si bien qu'il ‘8e préparait, paraît-il, à en faire dresser le certificat ‘authentique quand, la chose ayant été relatée par ‘moi sur le journal de Québec, il comprit que j'en- tendais me servir de ce miracle pour les obliger à

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me croire. . Oh alors! il ne ju plus question du certificat.

Ce sont les circonstances de ce rhiracle qui m'ont donné à penser que ide de Lourdes tire sa vertu de la messe,

La disparition d'un avocat

Les grands ennemis de Dieu, au Canada, ce sont les prêtres, qui, systématiquement, étouffent toute initiative, qui veulent le bien, (peut-être !) mais ne le veulent que par eux et à leur façon. Pour lutter dans ces conditions, le clergé étant tout-puissant, il n’y avait pour moi qu'un moyen, celui de prendre à la lettre les conseils évangéliques et de transporter hardiment et franchement la question sur le terrain religieux. On aurait bien pu tromper le peuple pendant quelque temps, mais pas longtemps, et, sur ce terrain-là, en agissant avec courage, j'eusse été invulnérable ; mais vouloir fonder un ordre religieux et se plier aux idées reçues, c’est tenter de concilier des choses inconciliables.

Puisque j'avais pour but de rendre l’éducation entièrement gratuite, et qu'ayant dépensé près de trente mille francs, je me trouvais sans ressources, ou bien il fallait cesser de combattre et rentrer dans la voie commune, ou bien être conséquent avec moi-même, m'appuyer sur Dieu, et au lieu de subir l'influence d'hommes intéressés à me voir échouer, agir avec vigueur et ne pas inféoder un intérêt général à des Intérêts particuliers. Mon tort a été d’avoir confiance en certaines personnes qui, partant de ce principe que les miracles n’existaient

pas, et, en 1876, je n’en ‘étais pas moi-même absolument sûr, m'ont empêché de faire ce qu'il était logique à moi de continuer, l'ayant commencé, ce à quoi, d’ailieurs, je m'étais engagé par un vœu. En me relevant de ce vœu, presque malgré moi, (et, à mon avis, ils n’en avaient pas le droit), ds me. plaçaient dans une situation impossible, et, loin de m'éviter aucune humiliation, ils ont été cause que j'ai beaucoup souffert, sans profit pour l'œuvre que j'avais entreprise et que je savais être voulue de Dieu. Pour avoir conformé ma manière de voir à la leur, je me suis vu, un beau jour, sans y être préparé, sur le pavé de Québec avec ma science inutile et dix sous dans ma poche, ayant perdu ma réputation et Ke sachant où aller. À ce moment-là, je n’avais qu’un désir que j'aurais b'en voulu satis\ | faire, celui de me rendre à Rome; mais faute d’argent, la chose était matériellement impossible. Aussi, après avoir fait une démarche inutile auprès du Père Mothon, en vagabondant à travers le * Canada, je finis par m’échouer à Saint-François du , La=, chez un excellent homme, du nom de Moïse ‘ De Blois qui avait roulé sa bosse en Amérique et ‘ qui comprenait qu’un étranger pût se trouver embarrassé hors de son pays. Il avait un fils d’un premier mariage, et, me voyant instruit,il m’engagea à passer l’hiver chez lui. Déconcerté par l’incrédulité des gens, je crus que le parti le plus sage, pour moi, était momentanément d'accepter sa proposition.

M. De Blois, ancien voyageur, appartient au parti libéral, et, comme tel, il est mal noté du clergé; mais s'étant marié en secondes noces avec

= ARE rc re =

ne absoqu’il était lencé, Ce | vœu.

gré moi, | t), ds me.

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ile auprès travers le rançois du \ de Moïse érique et se trouver in fils d'un m'engagea l'incrédusage, pour a proposl-

artient au il noté du 1oces Avec

la sœur d’un prêtre, il en résulte que, dans sa . famille, il y a des gens du bon parti et que son.

beau-frère, en particulier, M. Dufresne, est bien en

‘ cour et c’est pécuniairement avantageux, au Canada, d’être en bonne intelligence avec ces Messieurs.

Ignorant tous ces détails et tout plein de ma mission, j’eus la malheureuse idée, un soir, à la suite d’une discussion sur les miracles, de dire carrément. que Son Exc. Mgr Conroy était mort pour n’avoir pas mis opposition au sacre de Mgr Dominique Racine. On ne me crut point, comme de juste, et, à partir de ce moment-là, M. Dufresne prétendit, paraît-il, que je n'étais pas, que je ne pouvais pas’

être ce professeur dont on avait tant parlé ; que

j'étais un imposteur, l'ennemi du clergé et 48 il fallait se défier de moi.

Madame de Blois en était persuadée ; mais, par bonheur, comme :ïl arrive d’ordinaire dans ‘les seconds mariages, laccord n'était pas parfait entre le mari et la femme, et M. De Blois, trop faible pour prendre ouvertement mon parti, m’avertit en ami de me tenir sur mes gardes. L'hiver approchant, je me le tins pour dit. Or, savez-vous ce qu'il advint sur ces entrefaites ? Au plus fort de l'orage, quand toute la famille des Dufresne était montée contre moi, M. Dufresne, avocat à Trois- Rivières et frère du précédent, passant un jour en bateau de Trois-Rivières à Sorel, disparut mysté-

rieusement du s/earnboat au milieu du lac Saint-

Pierre, sans qu’on pât savoir ce qu’il était devenu. Les uns crurent à un accident, les autres à un crime,

et les commentaires allèrent leur train, la presse

toute entière s’occupant de cette disparition singu-

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lière dont il était impossible de se rendre compte. La famille, pour toucher la prime d’assurance qui était, je crois, de dix millé francs, offrit, m’a-on dit, ‘une somme considérable, à qui découvrirait le cadavre avant que la glace ne vint à se fe mais on ne découvrit rien, :

J'étais le seul à comprendre quelle était la véritable cause de cette disparition, de quelque nature qu’elle fût, et je le dis à M. De Blois ‘qui n'avait

\ pour son beau-frère qu’une petite affection. Ma ‘situation, toutefois, n'étant pas tolérable, au prin-

temps de 1879, je quittai Saint-François, et la Providence me conduisit à Saint-Hugues, en se servant, pour punir les incrédules, di moyen qui me tirait d'affaire.

Un accident de chemin de fer

L'organisation scolaire, au Canada, est différente de la nôtre ; et, à cause du climat qui est rigoureux et des grandes distances, les habitants de pays, qui sont généralement à leur aise, ont multiplié ce qu’ils appellent les petites écoles. Dans

une seule paroisse, il y en a quelquefois jusqu’à six

ou sept, pour chacune desquelles ils dépensent, en moyenne, de cent-vingt à cent-quarante piastres. (La piastre vaut 5 franc 35 centimes de notre. monnaie). Comme on le voit, ce n’est pas une

. grosse somme ; mais, d'ordinaire, ces écoles qui

sont des écoles mixtes, sont confiées à -des jeunes filles qui vivent ainsi sans être à la charge de leurs familles, et se suffisent à elles-mêmes jusqu’à ce qu’elles trouvent enfin à se marier,

nnpte.

ce qui on dit, rait le r, MAIS la vérinature “n'avait mn. Ma au prinet la , en Se ven qui

ifférente st rigoutants de ont muls. Dôns squ’à six sent, en piastres.

de notre.

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les jeunes » de leurs squ'à Ce

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D'ailleurs, c’est un dur métier qu’elles ont là, et dans lequel, si peu lucratif qu’il soit, il faut pourtant qu’elles plaisent à bien du monde, mais sur-

tout à ce qu’on appelle les commissaires d'écoles

qui, à différentes époques, tous les trois ans, sont nommés à l’élection, et ont pour charge de veiller à tout ce qui concerne l'entretien. Ce sont ces commissaires, dont l'éducation quelquefois a. été fort négligée, qui presque toujours ne connaissent rien à l’enseignement, à qui appartient le droit,

chaque année, de garder ou de renvoyer les maîtres. et les maîtresses qu’ils.peuvent choisir comme bon. leur semble ; mais, depuis l'établissement des écoles normales, le nombre des instituteurs ayant doublé,

le gouvernement qui tend à tout centraliser, impose

déjà aux inspecteurs qui sont obligés de s’y confor-

mer, l'obligation de chasser immédiatement les

maîtresses qui n’ont pas une instruction suffisante,

même celles qui ont un diplôme. Une jeune fille

de la paroisse, Mlle Girard, ayant été ainsi ren-

voyée, j'avais trouvé, le procédé un peu sommaire,

et:il ne me paraissait pas juste-qu’au milieu d’une

année, sans-avoir égard à son diplôme, on pôt pro-

céder de la sorte ; je le dis même assez franche-

ment, au commissaire d'école, M. Bazinet, chez

qui, précisément, je me trouvais alors, complètement

immobilisé, vivant bien mais ne gagnant rien.\

Je ne songeais guère à profiter de son malheur dont j'étais certes bien innocent, lorsque M. Bazinet m'offrit la place vacante que je ne pouvais accepter, n'ayant point de diplôme. Qui aurait cru, d’ailleurs, qu’étant bachelier ès-lettres et bachelier ès-sciences,

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sûbventionné d’un gouvernement, je m'estimerais heureux d'occuper cet humble poste, très-honorable sans doute, mais auquel j: n’avais jamais pensé. Il n’entrait pas dans mon plan de devenir le maître ‘d'une école élémentaire, et mon ambition, je l'avoue, était plus relevée. Mon premier mouvement . fut de refuser l'offre qui m'était faite ; mais, à la réflexion, je vis que c'étaitun moyen, pour moi, de \ revenir en France, et j'écrivis à Québec pour obtenir du surintendant au ministère de l'instruction publique, M. Ouimet, que je connaissais intimement, la permission, pour trois mois, de prendre cette ‘école, ce qu il s’'empressa de m’accorder. Et: voilà comment j'ai été appelé à enseigner la lecture "à des ‘bébés dont quelques-uns n avaient pas cinq ‘ans; mais la pauvre fille que j'avais supplantée, s’imagina que j'étais responsable de son infortune, ‘et sachant que ma position était irrégulière, elle résolut de soulever la population contre moi. Au Canada, fes familles étant très-nombreuses, il en résulte que, dans une paroisse} tout le monde est un peu parent, et que si un étranger au pays vient : à avoir des difficultés avec quelqu'un, ila bientôt : toute la paroisse contre lui. —Je:n étais pas trop rassuré sur l'issue de cetté agitation qui grandissait chaque j jour, quand, tout à coup, on apprit à Saint- Hugues qu’un frère de la maîtresse avait été écrasé par les chars à Trois-Rivières, ce qui eut pour effet de la calmer immédiatement et de la forcer, malgré elle, à rester tranquille. C’est accidentel, direz-vous, moi je vous dis que non.

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si a Ar Ed RARE a de LE do te L'homme de la Providence

En me privant de tout, j'étais parvenu à mettre de côté quarante piastres et, à la rigueur, avec de

l’économie, il y avait possibilité pour moi de quit- À

ter l'Amérique ; mais, au dernier moment, j'eus peur de ne pas ‘avoir assez d'argent, et, à la sollicitation d’un notaire de Saint-Hugues, M. Lafon-

mais, tout en utilisant la bonne volonté de ce Monsieur qui a été pour moi une véritable Providence, il auraït fallu, les circonstances étant favorables, me replacer hardiment sur le terrain où, tout d’abord, je m'étais placé à Québec, prendre lhabit religieux et fonder une école entièrement gratuite. C'était pour moi le seul moyen d’être compris par le peuple et d'arriver à mon but ; mais j'avais toujours l’idée de me rendre à Rome, et je n'ai pas

su, je dois l'avouer, profiter de la chance qui m'était

offerte. Quand on fait les choses à moitié, on les fait toujours mal. Toutefois, au point de vue de

Venseignement, je parvins à organiser l'idéal d’une

école telle que, dans l'intérêt des familles, il serait à désirer qu'il en eût partout, et, pour la première, fois, quoique non encore outillé, je mis mon système en application avec quelques enfants seulement. A l’expérimentation, j'ai vu les perfection-

nement qu’il fallait y introduire, en quoi et sur quel

point il importait de corriger le règlement, et aujourd’hui j'ose dire que ce règlement répond à tous les besoins, qu’il assure tous les droits, qu’il prévoie toutes les difficultés, et si, au lieu d’entraver mon action, l’autorité religieuse m'avait prêté son con-

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cours, j'aurais. très-certainement rendu aux Cana. diens un inappréciable service.

Ce.n’est pas que le curé de Saint-Hugues, M.

Brown, m'ait été hostile, Non. Homme à idées

larges, ce qui est. rare au Canada, il eût été disposé

à m'aider et je n’ai point eu à me plaindre de lui ; il a été bienveillant à mon égard et il a même.

À admis, en principe, qu’une réforme était nécessaire ;

mais, pour obtenir de lui un concours efficace, il aurait fallu garder le silence sur des miracles par lesquels j je prétends que Dieu a fait connaitre sa

volonté; et, au risque d’échouer, je ne pouvais

entendre parler de rien de semblable, parceque le

- principe de la réforme est chose plus importante

ique la réforme elle-même, et que l’organisation d’une œuvre religieuse n’est possible que par quelqu’un qui agit avec autorité, c’est-à-dire au nom de

Dieu. Qu'importe qu’il y ait, ici où là, ure école *

plus ou moins bien tenue ; ce qu'il faut, ce que Dieu veut, c’est une réforme générale et radicale sans laquelle tout effort individuel n’aboutira à rien de sérieux, à rien de durable.

Voilà pourquoi j'ai cru devoir publier un livre intitulé “Ze mot de l'énigme” dans lequel il me semblait, et il me semble encore, que la vérité est très-clairement démontrée ; mais du moment qu’on ne se rendait pas à l'évidence, j je devais regarder la bataille comme perdue et elle l’était en effet, le bien ne pouvant se faire qu'avec la coopération de ceux qui doivent s’y dévouer. Toutefois, ayant épuisé toutes mes ressources, je ne pensais point à partir quand tout-à-coup, chose à laquelle j'étais. loin de m'attendre, je reçus de M. Aupinel, notaire

na

dées.

posé lui ; éme.

aire ; e, il s par tre Sa Ju vais ue le rtante sation quelom de

> école *

ce que adicale tira à

n livre il me srité est 1t qu'on 4 rder la ffet, le tion de , ayant point à j étais.

notaire

*ond …

à Vallet, une let tre dans 2 si j'avais besoin. d'argent. liquelle il me demandait ‘

La question ‘des héritages

N " mure, avait une sœur dont elle a toujours hytas 18 Frs grand père et ma grand’mère, As Ne ya ibilité d’humeur, ayant dû se séparer ya at jé crois, que ma tante ne fût née, jrs uite de cette circonstance, mon père eurs s'étant remarié, je n'ai vu que très-

rareme | nt ma tante, et, depuis dix ans, sachant :

qu ‘elle n’était point capable de comprendre ma

situ / ation, j'avais complètement cessé de lui écrire,

que jamai m dus légitime, je ne pensais pas me vint d'elle quoi que ce s oït pour que ge : d'abord, parce que j'ai eu Lo se. pet : relations ; ensuite, parce qu’elle est Lune ractère faible, et entourée de parents qui nn donne ; enfin, parce que, toute à la ; onne ce qu lle a à l'Eglise et

£ u RE x très-bien qu'il eût suffi à son ani ul ets ra -de me déshériter pour qu’elle le fit “apr ou qui a été vicaire à Vallet et qui itement, nn re peut certifier que tout cela

Au reste, pour appuyer mes paroies de preuves |

pures a Hubert m’a assuré avoir vu d'elle, en . a se estament par lequel j'étais à peu prèscompie ent déshérité, et moi-même, dernièrement | J'ai pu m'en procurer un autre que j'ai entre les ; pe « PR et, par lequel, en 1875, elle nomme, à mon

triment, comme s.s' légataires universels, mon |

grand'oncle, l’ancien curé de Saint-Géréon, et une . ‘vieille grande-tante qui est morte il y a deux ans. Sans penser à moi, elle a abandonné sa part dans la succession de cette tante, et on était venu à bout, je

* ne sais trop à quelle époque, de l’amener à Nantes, chez M. Frangeul, pour faire une renonciation coin- * plète de sa fortune en faveur de ses autres parents. M. Frangeul, par bonheur, était absent, et la chose ne s’est point terminée, grâce à un prêtre de Vallet,

M. Délay, qui, pour des raisons complexes, s’est: interposé et lui a fait une obligation de conscience

de ne pas me déshériter. C’est alors que M. Aupinel a été chargé de m'écrire, et M. Aupinel pourra vous dire que, pendant longtemps, il n’a pas été question de moi, qu’on me regardait comme mort, | et que ma tante ellemême disait à qui voulait : l'entendre que je n’aurais jamais rien d'elle. Et voilà que, sans avoir fait aucune démarche pour cela, je reçois de son notaire, après un silence de dix ans, une lettre dans laquelle on me demande si j'ai besoin d'argent.

/ J'aurais compris cela de mon père, à qui, par deux fois, en 1879, j'ai inutilement demandé qu’il m’aidât à revenir ; mais, de ma tante, que j'avais perdue de vue, à laquelle je ne songeais plus, cela: m'a paru tellement extraordinaire, qu'après tout ce qui s'était passé, il m’a été impossible de ne pas. . voir immédiatement dans cette intervention /a main de la Providence. C'était, pour moi, l’ordre de partir et j'aurais dû le faire. Car on ne doit pas sacrifier un intérêt général à des intérêts particuliers et manquer de courage quand Dieu rrafHesee sa volonté.

ans.

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