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La ligue du bien public
Nul n'est prophète en Son pays.—]J'ai eu la naïveté
de croire, étant en Amérique, qu’il suffirait d’expo-
ser la vérité à Nantes pour qu'aussitôt elle fût acceptée de tous, et je vois, avec peine, qu’il n’en est point ainsi et qu’il y a, chez vous, un parti pris de faire la sourde oreille. C'est en vain que je
demande l'examen et la discussion, vous refusez :
de reconnaitre une vérité qui n’est pas ce que vous voudriez qu'elle fût. Evidemment, il aurait fallu que
Dieu vous consultât pour savoir ce qu'il avait -à .
faire ; mais ce n’est point ainsi que les choses se: passent, et, comme il est le maître, il a le droit de commander, je suppose.
Un moment déconcerté par votre attitude, quand: j'ai enfin compris que je perdais mon temps auprès.
de vous ; que mes livres jetés par milliers dans le pu-
blic ne produiraient pas d’effet durable; qu’il fallait, par conséquent, procéder d’une autre façon pour fairé
triompher la vérité, j'ai pensé qu’il n’y avait qu'un.
moyen dé réussir, celui d'organiser, sous forme de confrérie, une ligue du bien public ayant pour but de renverser l'éducation actuelle dont tout lé monde souffre, mais particulièrement les enfants. Une communion par an, un chapelet par mois, une cotisation insignifiante, l'adhésion à la vérité, la diminution des heures d’études, la suppression des programmes officiels et du baccalauréat, la liberté absolue de l’enseignement à tous ses degrés, mais surtout l'affirmation du droit qu’a l'enfant d’être élevé nour. sa vocation et non pas pour un autre : tels sont.les . principes fondamentaux auxquels, après mure
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réflexion, je me suis arrêté. On comprend qu'il y a , Jà, en quelques mots , l'exposé d’une doctrine d’où. - sortiraient nécessairement pour le peuple d'immen:- | ses avantages. Aussi ai-je résolu d'agir immédiate- \ment et, sachant que. l'œuvre de la propagation, de la foi a commencé, à Lyon, dans la mansarde d’une pauvre ouvrière, je me suis dit, tout d’abord, qu'il . | fallait prendre un point d'appui et choisir un collége »\ pour recruter des adhérents. Car la jeunesse n’a pas d’arrière-pensée ; elle est d'ordinaire droite et généreuse, et, dans le cas présent, plus susceptible que les hommes faits de comprendre une chose qui l'intéresse directement. Saint-Stanislas n'étant autre chose que l’ancien coliége des Couëts où j'ai été élevé, j'ai cru que je trouverais là quelques enfants pour se mettre à la tête du mouvement, ef’ voilà pourquoi j'ai distribué tant de livres à la porte de l'établissement. Je sais, au reste, de personnes . qui le tiennent elle-mêmes d’un père de: famille, que mes ouvrages ont produit leur effet sur les Ænfants et que les professeurs les ont confisqués avec humeur et en s’en moquant. Or, je dis que la . mort de M. Jahan, arrivant sur ces entrefaites, après tout ce qui s’est passé au Canada, cette mort subite a été pour vous, sinon une punition, du moins un avertissement d’avoir à obéir à un ordre formel de Dieu, et bien des gens, à la lecture de ce livre, n’en douteront point.
On: a dit, à ce propos, que la mort d’un homme ne pouvait pas constituer un miracle, puisque : tous, tant que ñous sommes, à un moment Ou à un autre, rious devons mourir, L’objectian, au premier abord; paraît spécieuse ; mais, sans y répondre d’une
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manière dirécte, à vous qui faites cette objection
vous demanderai ceci : quand l'ange du Sei je sous les murs de Jérusalem, extermina dite dé seule nuit, toute l'armée de Sennachérib, la net des Assyriens, cette mort extraordinaire, était-elle un miracle ? Si oui, que devient votre objection ?
Le crime de Juda
Il est certain que Dieu récompens ment ceux qui adhèrent au fhirécle : CT AU sévèrement ceux qui refusent de le faire ; qu’ ah un mot, sans l'avoir mérité pourtant, je suis l’objet d'une protection spéciale, non pas sans dont à cause de moi comme individu, mais parceque revêtu d’une mission publique, j'apporte au mohbe
‘ une grâce de choix; que je suis le défens eu ciel des dogmes fondamentaux de la religion
catholique et particulièrement d
e la messe sur des preuves nouvelles qui sont philosophique: nant inattaquables et à la portée de toutes les intel-: igences,. j'ai clairement établi et la réalité de cet
. auguste mystère, et sa valeur infini | e et le droit qu | nous avons d'obtenir de Dieu, au nom de ve
Christ, les grâces, si grandes soient-elles, qui nous sont nécessaires. Si j'attribuais à ma vertu les miracles qui ont eu lieu, votre négation s'adresserait à moi; mais ce n’est point ainsi que la ques-
tion se pose, puisque je les attribu
| e aux mérites de:
à Fe rs et que, dès lors, la négation s’adresse à la messe. En niant ces miracles dont vous avez
la preuve, vous faites à Dieu une cruelle insulte ; vous méconnaissez et son amour et sd puissance : >
ét votre incrédulité, dans le cas présent, c'est une: trahison, la trahison de Juda. Car enfin, quelle différence trouvez-vous entre sa conduite et la vôtre? Juda a mérité d’étre appèlé un démon par le Christ lui-même, pour avoir refusé de croire au mystère de l’'Eucharistie à une époque où ce dogme vénérable heurtait tous les préjugés et devait révolter l'esprit humain ; et vous, après des siècles de foi, jouissant de prérogatives dont il est impossible à là raison de pouvoir se rendre compte, vous mettez des bornes à la puissance de Dieu, à son amour infini. Aussi J'oserais presque dire que votre crime est plus odieux , ét plus incompréhensible que celui de Juda et que
vous êtes, déjà peut-être, plus coupables que lui.
: Quant à moi, je ne suis point en cause, ou, du moins, je ne suis en cause que comme un instrument pour faire mieux ressortir la grandeur du miracle, la vertu rédemptrice du sang de Jésus-Christ. .
C'est, en somme, la question des indulgences qui est en cause et, peut-être aussi, l’infaillibilité du Pape que Dieu rend manifeste par un exemple.
Une question pour finir
Dites-moi donc, prêtres de Nantes, quand Bernadette, à Lourdes, voyait la Vierge d’un clair regard, auriez-vous exigé, vous autres, pour croire en sa présence, qu’elle vous apparût comme à elle ; et comprenez-vous si peu l’économie de la révéla-
tion que Yous ne mettiez aucune différence entre
celui qui, l’objet d’un miracle éclatant, doit en" |
st une
quelle donner la preuve, l’exposer clairement, répondre vôtre? aux objections, résister à la sottise des uns, à ‘Christ l'incrédulité des autres, en un mot, ne se laisser il tère de déconcerter par aucun obstacle, de quelque nature #! érable - qu'il soit, et ceux qui, comme vous, n’ont à faire, | l'esprit . . pour se sauver, qu’un acte de foi, un seul acte de uissant | foi Seriez-vous donc par hasard de ceux dont il ison de’ est écrit: Aures habent et non audiunt, oculos habent bornes et non vident, pedes habent et non ambulabunt ?
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odieux et que | que lui. fl ou, du \ rument s.
miracle, St.» 2%
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Sème PARTIE