‹ La clef du mystère [microforme]Chapitre 6 sur 58 · A JA · texte numérisé non relu

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en plus dans la mémoire de l'enfant. Quand il aura ainsi, sous la direction de son maître, parcouru les deux livres dont il a été question plus haut, j'ose dire quil saura le latin et qu'il le sauta‘bien. Toutefois, l’usage des mots lui manquera encore.

Car, chaque auteur ayant ses mots à lui, on ne sau-

rait, je l'ai appris paï expérience, réunir un bien grand nombre de mots en prenant seulement, dans César, la guerre des Helvétiens et, dans Cornélius Népos, la vie d’Agésilas. Il serait donc à désirer, pour compléter le système, qu'aux deux livres élémentaires qui, eux, sont nécessaires, on ajoutât deux autres livres, l’un intitulé : /es prosateurs latins et l’autre : /es poètes latins. Ces deux livres contiendraient, par ordre de date, un des épisodes les plus remarquables des différents auteurs avec une notice sur ces auteurs et une critique abrégée de faues œuvres. (Ce fravail a été fait depuis.)

Je voudrais en outre que, par le choix des morceaux qui devraient servir de modèles, on parvint à rassembler tous les genres de compositions et que le professeur, dans ses explications, y ramenât toujours ses élèves. Il en résulterait un enseignement des plus simples et des plus précis. Car, au lieu de ces gros volumes où se perd l'enfant et que l'on échelonne arbitrairement le long des études, on aurait seulement quatre petits livres qui coûteraient peu aux parents et qui, cependant, renfermeraient comme le suc de la langue. Plus tard, rien n'empêcherait d’ailleurs, et je le conseillerais même, d'utiliser les connaissances de l’eñfant, et, au moyen des livres ordinaires, en usage partout, de leur faire expliquer avec suite, et à livre ouvert,

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ils le mine alors, lès ouvrages les plus : rematquables écrits en latin, Ajoutez à cela, si vous le voulez, quelques versions dictées, des discours, des narrations, des vers assez rares, mais sérieusement faits ; et vous aurez l’ensemble de la méthode que je propose et que j'ai appliquée avec quelques succès.

Cette méthode est incontestablement préférable à la méthode ancienne pour tous les enfants qui travaillent seuls ou du moins en petit groupe, et je ne doute pas qu’une fois connueelle ne soit, même telle qu’elle est, adoptée par tous les précepteurs. et tous les répétiteurs. Ne fût-elle donc utile qu'à eux, ce serait avoir beaucoup fait pour la cause de: l'enseignement que d’avoir donné à tant d'enfants. qui sont en retard, le moyen de réparer le temps perdu. Mais elle est applicable en grand. En tout cas, pou:quoi, dans les grands colléges comme: celui-ci, à côté de l’ancien système, n’y aurait-il pas: un cours spécial où un petit nombre d’enfants. payant plus cher, recevraient un enseignement plus soigné et qui, soyez-en sûrs, serait bientôt des plus recherchés par les parents. Ce cours ne seraitil pas d’ailleurs une école normale d’un nouveau genre où le professeur; vbligé, pendant plusieurs années, de diriger lui-même les élèves dans tous. leurs travaux, et non plus seulement de corriger des devoirs faits en dehors de lui, apprendrait, par la pratique, cet art si difficile d’enseignér aux autres que trop peu connaissent. Cäril ne suffit pas d’être un savant pour être un bon maître et ce n’est qu’en professant qu’on devient professeur.

Si j'ai pu rendre quelques services et ouvrir une voie nouvelle, c’est pour avoir vu les enfants à

l'œuvre, pour avoir travaillé avec eux. Là est l'avenir de l’enseignement, j'en ai la conviction ; là est le progrès, et si, comme je le désire et l’espère, d’autres hardis pionniers, sans égards pour haufe et. honorée dame routine, veulent, après moi, marcher à la découverte et suivre ce sentier que j'ai péniblement tracé à mes risques et périls, ils agrandiront Le chemin encore étroit, et, un jour, prochain sans doute, quand le vaste plan que j'avais conçu pour l'étude des langues, aura été rempli pour chaque langue, comme il l’est déjà pour le latin, ce jour-là, une réforme radicale aura été faite. À vous de voir si l’honneur de cette réforme qui est demandée de ‘toutes parts, doit appartenir au Canada françäis et à l’'Université-Laval. Ç

Extraits des Journaux

Extait du journal l’£vénement, 1er mai 1874.

Nous avons assisté, hier soir, à l’école Normale- Laval, à une conférence donnée par un professeur français, M. Leroy, sous la présidence de l’honorable ministre de l’Instriction Publique.

M. P. Leroy, récemment arrivé au pays, a exposé un nouveau moe d'enseignement qui simplifie considérablement les études. Nous. n'avons pas l'intention, faute d'espace, d’en faire l'analyse. Qu'il suffise à nos lecteurs de savoir que M. Leroy se sert de tableaux, et, avec ce secours, l'élève

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peut, en quelque sorte, travailler seul. L'expérience qu’il a faite hier, a parfaitement réussi.

On nous assure que cette méthode a reçu l’approbation des personnes les plus compétentes en fait d'enseignement.

Extrait du journal l’ÆZcko-de- Lévis, 1er mai 1874.

Nous avons entendu, hier soir, l'exposé fait, à l’école Normale, par M. Leroy, de son système d'enseignement. Simplicité, clarté, facilité d’application à toutes les langues : tels sont les avantages que l’on ne peut s'empêcher de saisir, au premier abord, dans la méthode du jeune professeur.

En quelques leçons, un élève apprend la philosophie de la langue, chose que, jusqu'ici, il avait peine à saisir après plusieurs années d’études. M. Leroy laisse reposer la mémoire de l’enfant, et au lieu de le surcharger d’un bagage indigeste de déclinaisons et de conjugaisons qui l’embrouillent et le dégoûtent, il ne s'adresse qu’à son jugement. Il le met ainsi en mesure de faire immédiatement des versions et des thèmes tirés des auteurs. Tout le secret consiste à se rendre compte, dès le principe, de règles que les élèves n’approfondissent et ne raisonnent d'ordinaire qu'après plusieurs années d’un pénible travail; encore, tous n’y arrivent-ils pas.

Nul doute que cette méthode, tout-à-fait nouvelle dans son application, ne produise une réforme importante dans l’enseignement et n’abrège. considérablement le temps consacré à l'étude des langues.

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LL RE Extrait du Yowrnal de l'Instruction Publique, mai:1874

Nous avons assisté, le 30 avril dernier, à l'Ecole Normale Laval, à une séance présidée par M. le ministre de l’Instruction Publique où M. Leroy a fait l'exposé et une apnlication partielle de sa nouvelle méthode pour apprendre les langues. La méthode de M. Leroy n’est pas une simple théorie ; elle est le résultat pratique d’un travail constant, d'une expérience de tous les jours. C’est l'étude par. te raisonnement, mais le raisonnement, mis au moyen de tableaux, à la portée de l'intelligence des enfants.

Trois choses nous ont frappé surtout dan cette manière d'enseigner.

1° Economie de temps. Elle est incontestable. On peut apprendre parfaitement dans six mois ce que les anciennes méthodes ne parviennent à inculquer que très-imparfaitement dans un an.

20 Suppression d’une grande partie: du travail de la mémoire au profit de celui: de l'intelligence. Il est bon d'exercer la mémoire ; mais, généralement, on force cette faculté au détriment des autres. Il vaut mieux pouvoir expliquer avec intelligence cént lignes du premier livre de l’'Enéide que d’en réciter, comme un perroquet, les sept cent soixante vérs sans les comprendre ni les goûter. On retient beaucoup mieux d’ailleurs une chose comprise qu'une chose simplement apprise, et, dans les

<Classes, on apprend généralement beaucoup plus

qu’on ne comprend.

3° Association du travail de l'élève avec celui du maître. Ce point n’est pas le moins important.

Avec cette nouvelle méthode, l'élève cesse d’être purement passif. Il n’est pas seulement auditeur en classe, il est acteur, partie intéressée. Ordinairement, tout le travail se fait à l’étude, la classe n’est qu’une simple inspection. L'élève vient y faire corriger ses devoirs et recevoir la tâche de l’étude suivante. Avec le système de M. Leroy, l'étude se fait en classe même, à haute voix, par le maître, par tout le monde ; cela tient autant de l’assemblée délibérante que de la classe; et c'est là le grand secret pour captiver l'élève et le faire progresser rapidement.

Ajoutons que les heures de travail sont considérablement diminuées. Il faut bien le dire, on exige d’un enfant dont la force est déjà sérieusement mise à contribution par sa croissance, un travail qu’un homme fait ne peut pas même supporter.

Dans un collége, les élèves ont à travailler de la tête pendant dix et onze heures chaque jour. Aussi, ceux qui n’ont pas une constitution de fer, pour nous servir d’une expression familière, sortent de là, épuisés, portant en eux le germe de toutes les maladies qui viennent les assaillir dès qu’ils ont passé la trentaine, Un enfant, comme le dit M. Leroy, ne doit pas, ne peut pas travailler plus de sept heures par jour. Le travail qu’il fait au-delà de ce temps, non-seulement ne lui profite pas, mais le dégoûte et annule les bons effets déjà produits. La question hygiénique, à elle seule, devrait suffire pour donner raison au nouveau système.

En somme, nous avons entendu M. Leroy avec infiniment de plaisir. Ce qu'il affirme, il le réalise, non pas en un tour de baguette comme les char-

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latans, mais à l’aide de principes raisonnés, solides, obtenus par le travail d’un esprit chercheur et bien équilibré. Dans un siècle où les personnes in+truites recherchent de préférence les carrières dans lesquelles on gagne beaucoup de gloire ou beaucoup d’argent, il est consolant de voir un homme, apparemment tout jeune, faire le sacrifice de légitimes ambitions et consacrer ses travaux, sa vie, à une tâche toute de dévouement et d’humilité. A ce seul titre, M. Leroy mériterait l’encouragement ; mais il n’est pas nécessaire pour lui d'exploiter la sympathie, car nous croyons que son “œuvre porte en elle-même de quoi le recommander suffisamment auprès des véritables amis de l'éducation, de ceux qui croient que c’est par la jeu- deva nesse qu’on transforme un pays. lamir

Nous espérons que les maisons d'éducation officie

considèreront sérieusement le système de M. Le- et une

roy et tâcheront d'en adopter au moins les prin- tingue

| cipales réformes. Il serait même à désirer que le ment l gouvernement se chargeñt de faire en grand cir Co l’expérimentation d’un système aussi recomman- la gra

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A .la suite de la conférence dont il vient d’être fatigue

question, une subvention d’environ six mille francs, plus se

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vernement de la Province de Québec, et, sur. la demande de l’honorable Ouimet, un local convenable ayant été mis à sa disposition par le gouvernement fédéral, l'expérience du système put avoir lieu. Elle fut généralement regardée dans le temps comme concluante et les premiers écrivains du pays, heureux de résultats obtenus, se hâtèrent de les constater officiellement et de demander, au nom du. peuple, qu’on réformât l’enseignement. C’est ce que prouve les articles qui suivent.

Extrait du Journal de Québec, 1er Août 1874.

Hier soir, M. Leroy donnait à l'Ecole Normale, devant Monseigneur l’Archevêque de Québec, M. l'amiral français Thomasset et quelques-uns de ses officiers, le premier ministre de la Provincede Québec et une foule de membres du clergé et de citoyensdistingués, uhe explication du système d’enseignement au moyen duquel il affirme pouvoir raccourcir considérablement le temps donné à l’étude de la grammaire, de l’arithmétique et, en un mot, de toutes les matières qui peuvent être soumises au procédé rigoureux de l’analyse, dans leurs lois invariables. ‘ |

M. Leroy vise à ce résultat: enseignement de la grammaire générale et, conséquemment, des : langues, dans un temps comparativement nul ; substitution, pour ainsi dire mécanique, du raisonnement à la mémoire et, comme conséquence, fatigue moins grande et résultat plus prompt et plus satisfaisant pour l'élève Il ne reste plus à M. Leroy que la sanction de

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