‹ La Clef du mystèreChapitre 5 sur 23 · C. Baillargé, Architecte de la ville · texte numérisé non relu

C. Baillargé, Architecte de la ville

Extrait du rapport de V honorable Oui met, ministre de r Instruction publique,

M. Leroy, arrivé en ce pays dans le cours de l'année, a travaillé, pendant longtemps, à simplifier l'enseignement donné dans les collèges. Son système, qui peut s'étendre à toutes les matières scolaires, n'est à peu près complet que pour l'étude de la langue latine.

Par la méthode de M. Leroy, une langue peut s'apprendre en beaucoup moins de temps que par la méthode ordinaire. Au moyen de tableaux et sous la direction du orofesseur, l'élève raisonne

tout ce qu'il apprend et s'en rend parfaitemeni compte.

J'ai assisté, avec des personnes compétentes, s plusieurs conférences publiques données par M Leroy. Sur ce que j'ai vu moi-même et sur les avis qui m'en ont été exprimés, j'ai cru devoir recom mander qu'une somme de mille piastres fût accor dée à 'M. Leroy, comme subvention, et un loca appartenant au gouvernement fédéral a été mis sur ma demande, à la disposition du professeur.

En agissant ainsi, j'ai cru que la science pédago gique ne pouvait que gagner à l'essai des diverse: méthodes, fruit d'un travail sérieux et fait dans ur bon esprit.

âèiiie PARTIE

::nsemble du système

Il a été fait jusqu'ici des travaux d'une grande aleur sur l'enseignement, et, depuis longtemps, on emandait des simplications dans le système des tudes. Bossuet, Fénélon, Montaigne, Balmès, )escartes, Mallebranche, Mgr. Dupanloup, Jules imon, en un mot, tous ceux qui ont pu s'élever à es idées générales et juger l'ensemble de l'orgaisation scolaire, en ont montré les défectuosités, /lais, aujourd'hui, le mal tend à devenir un vériable danger social. A notre époque, par suite de éducation donnée aux jeunes gens, tout est factice, i^n bonne logique, la chose principale, pour un Lomme, est de vivre et, par conséquent, d'arriver le >lus tôt possible à une position fixe. D'après ce irincipe qui est inattaquable, l'enseignement derait être subordonné à la vocation et non pas a vocation à des études dont l'utilité est plus ou noins discutable ; mais il faudrait changer ce qui ixiste et on se heurte à la force d'inertie des gens lu métier, le plus grand obstacle que l'on puisse

rencontrer sur sa route quand on doit marcher ( avant.

Et, cependant, les études, dites classiques, p; elles-mêmes, ne poussent à rien. Si, au sortir c collège, on s'en tient là ; si l'on ferme ses livres c classe et qu'on ne s'en occupe plus, on oublie peu près tout ce qu'on savait ; il en reste bien p^ de chose. Si, au contraire, on continue à travaill dans le sens de ces mêmes études, et, arrivé à l'â^ d'homme, si, trompé par la fausse direction qi l'on donne aux enfants, on persiste à aimer, éra: homme, ce que l'on aimait étant enfant, on s'ape çoit vite que l'enseignement classique e.-t ui cruelle plaisanterie et une dangereuse chimère.

Alors, à quoi bon tant se fatiguer dans d( études qui, par elles-mêmes, ne rendent p; l'homme meilleur. Car enfin, les gens instruits, p; cela seul qu'ils ont la tête bourrée de latin, c grec, d'histoire et de mathématiques, sont-i meilleurs que les autres ? je dis carrément noi A moins d'avoir une vocation bien déterminée poi les carrières qui exigent de l'homme un entii dévouement, ils sont, par rapport aux autres e: fants, dans une position inférieure parcequ'habitu( à ne pas compter avec les réalités de la vie, ils r les connaissent pas. Tant qu'ils vivent dans u monde à part, où tous leurs besoins sont satisfait: ça va bien ; qu'ils sortent de là, ils se heurtent a moindre obstacle. Ce ne sont pas des gens pn tiques, et comment le seraient-ils avec l'éducatio qu'on leur donne ?

Cette éducation est absurde, et le seul princip que l'on puisse entrevoir dans l'organisation actuel!

des études, c'est qu'elles doivent durer dix ans. On en fait un dogme, mais ce dogme n'est pas de Dieu. En somme, le mal est dans l'éducation, dans votre éducation, dans cette éducation dont Mgr Dupanloup a dit et, avec raison, que c'est la plus intolérable tyrannie qui ait jamais existé.

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