LE PROGRAMME
Ensemble du système. — Les livres classiques, ciessous indiqués, se complètent mutuellement et W ;t facile de prouver qu'ils suffisent amplement à n enseignement parfait. Autant que possible, je 'ai pris que des chefs-d'œuvre, rejetant tout le iste ; mais je ne me suis pas cru obligé de prendre )us les chefs-d'œuvre : il y en a trop. L'enfant est snsé apprendre à lire à sept ans ; et, bien que la ivision du système par leçons ne soit pas encorelite, je crois pouvoir dire, d'après mes calculs,, u'il peut aisément remplir ce programme avant 'avoir atteint quinze ans. Est-ce que tout le monde 'y gagnerait pas ? les enfants qui ne se fatigueraient as dans des abstractions dont les avantages sont jrt contestables; les parents dont les dépenses iraient diminuées de moitié ; les professeurs qui 'auront presque rien à faire quand les détails de i nouvelle roéthode seront entièrement complétés.
Le Français
Daiis les études classiques, sous prétexte d'enseiner aux enfants UD peu de tout, on oublie trop ouvent de ieur apprendre notre belle langue franaise, de sorte qu'on çn voit, en assez grand nombre^ wi, après .avoir fait leurs classes, ayant la tête
toute farcie des préceptes de litte'rature et de rhétorique, ne savent pas ce que c'est que l'orthographe et le style.
Ce n'est pas ainsi que j'entends les choses; je prétends, au contraire, que, dans l'éducation d'un Français, et, par conséquent, d'un Canadien-Français, (c'est la même race), tout l'enseignement doit se faire autour du français. Il doit en être la partie principale, la clef de voûte, et non pas un accessoire obligé.
Toutefois, aux auteurs français, si bons qu'ils soient, on peut, avec avantage, préférer les auteurs anciens et prendre, dans ces auteurs, les différents exercices qui doivent faire la base du cours, parce que, chez les anciens, la forme ne laisse généralement rien à désirer, et qu'en traduisant leurs ouvrages, on s'exerce tout naturellement à écrire.
Un enfant profite ainsi du travail fait antérieurement, et, quand, après avoir traduit un morceau littéraire, il le retrouve ensuite pour l'étudier à un autre point de vue, comme il le connait déjà, il peut, avec plus de facilité et plus de fruit, en faire l'analyse et la critique.
Mais l'important, c'est que, du commencement à la fin, tout s'enchaine. L'étude de la lecture doit préparer l'étude de l'orthopiraphe : l'étude de l'orthographe doit servir à l'histoire et préparer l'étude de la littérature et ainsi du reste.
Système de lecture. — Tableau des lettres et des sons et application du principe à cinq fables de la Fontaine, savoir : le Corbeau et le Renard — la Mouche et le Coche — le Chêne et le roseau — la Mort et le Bûcheron — le Rat des villes et le Rat des champs
— 'il —
— } rOdc de Cremazie sur le Canada ; , à la pièce de Reboul intitulée VAnge et l'Enfant ;— à la pncre de F Enfant à son j'éveil, par Lamartine ; — et à l'e'vangile de Saint Jean : Au coinniencetnent était
Verbe . . .
Les ouvrages qui servent à l'orthographe, à la littérature et à l'histoire, doivent d'abord servir à la lecture et c'est, dans ces ouvrages, à l'exclusion des autres, que l'enfant doit apprendre à lire. . . .
Système d'ortJiographe. — Orthographe d'usage : Analyse méthodique de P histoire sainte avec quelques épisodes intéressants tirés de la Bible de Royaumont ; on y ajoutera V analyse succincte de toute V histoire du monde. Cette analyse qui est très-courte, doit être apprise par cœur et mot-à-mot.
Orthographe des règles : Abrégé méthodique, extrait du premier exercice de Chapsal que l'on a mis à profit en le simplifiant considérablement. Le deuxième exercice est à rejeter entièrement. Il faut n'apprendre les règles de la grammaire qu'à mesure qu'on en a besoin ....
Littérature. — Bien qu'on puisse lire avec profit le précis de littérature de l'abbé Drioux, (c'est le meilleure ouvrage qui existe en ce genre), il faut, autant que possible, ne pas séparer les règles de leur application et fondre, pour ainsi dire, les livres didactiques avec la méthode elle-même. Car c'est par l'étude des modèles qu'on se forme et non autrement.
Que les enfants analyserai donc, sous la direction de leurs maîtres ; qu'ils fassent et refassent, en tout et en partie, les descriptions, narrations et discours dont les noms suivent, et, quand ils les auront
faits et refaits, que les maîtres tirent de ces divers sujets les règles qui s'y trouvent appliquées et ils forceront ainsi, comme maigre' eux, les enfants à pénétrer, par la pratique, le mécanisme de la composition. C'est comme ça qu'on apprend à écrire, et, surtout, que l'on concentre l'attention sur les préceptes généraux et sur les principaux genres, et qu'on se persuade bien qu'il suffit de s'en tenir à quelques narrations, quelques descriptions et quelques discours :
Descriptions : L'Ecureuil et le Cheval, par Buffon; le Nid des oiseaux et le Meschacébé, par Chateaubriand ; la Grotte de Calypso, par Fénélon.
Narrations : Le cliie?i de Brisquet^ par Charles Nodier ; le Moine dormeur^ par Louis Veuillot ; le Dîner de Vabbé Cosson. par Berchoux ; le Meurtre des enfants de Clodomir, par Grégoire de Tours ; la lûlie de Charles VI, par M. de Barante ; la Mort de Turenne, par IMadame de Sévigné ; la Bataille de Rocroi, par Bossuet ; Cyrus à la cour d'Astyage, par Xénophon.
Discours : Proclamation à Varjn'ee dLtalie, par Bonaparte ; Discours des Manduriens à Idoménêe, par Fénélon ; l'Éloge de Corneille, par Racine ; la 1ère Philippique de Démosthènes.
Versification : DAthalie de Racine ; Vart poétique de Boileau. —Qu'on n'ait pas la prétention de tout savoir,
Morceaux divers : L'Espérance, par Chateaubriant; l'Ombre de Eairicius, par Rousseau ; Le Monologue de Marmontel ; la Prescience divine^ par Bossuet ; Portrait dt Caton, par Plutarque; Parallèle entre Richelieu et Mazarin, par le président
Hénault ; /a Manie des Collections^ par La Bruyère ; le Style cest Vhonime^ par Buffon ; nne lettre, de Madame de Se'vigné/ la divine Providence, par Louis Veuillot.
Le Latin
Le latin est une langue morte ; c'est une langue que la plupart des enfants n'auront jamais occasion de parler, et il faut se borner à la leur faire comprendre d'autant plus que, s'il y en a parmi eux, qui aient besoin de se perfectionner dans cette langue, ils peuvent, ce cours fini, continuer leurs études ; mais pourquoi forcer tous les élèves à faire une chose dont quelques-uns seulement ont un profit à tirer. Est-ce rationnel ? Non, je ne crois pas.
Cours de thèmes, — Après les déclinaisons et les conjugaisons, on commence par faire les thèmes, qui sont en petit nombre, et composés de phrases latines choisies dans les meilleurs auteurs, ces phrases étant groupées, d'après ce principe, qu'il ne faut pas se perdre dans les règles d'exception. Les thèmes ayant été vus une première fois, on doit, avant toutes choses, les repasser, et, pour ne pas sacrifier les versions que les enfants sont alors en mesure de comprendre, on divise le temps de Hjanière que, le matin, il y ait une classe pour les versions et, le soir, ane classe pour les thèmes, jusqu'à extinclioD de ceux-ci.
phrases censtruites. — Les premières versions que l'on donne aux enfants, ne doirent présenter aucune diifîcalié de construction, et on trouve, précisément, dans le recueil de versification, un
certain nombre de vers dont le sens est complet et ' la construction faite, qui forment une série de petites phrases, faciles à anal3'ser et faciles à traduire. C'est par là qu'il faut commencer.
Règles de constniciion. — Les thèmes ayant été vus et revus, les vers ayant été traduits et appris, il faut, pendant quelques jours, expliquer aux enfants les règles de construction, et, dès qu'ils les ont comprises, on leur donne à faire, d'abord sous la direction du maître, et ensuite seuls, phrase par; phrase, le de hello Helveîico (guerre des Helvétiens),
Extraits des prosateurs. — Quand les thèmes, les vers construits, la Guerre des Helvétiens et la Vie d'Agésilas ont été épuisés, on donne à faire aux enfants, avec ou sans dictionnaire, les versions dont voici les titres : L'épée de Da modes — La supercherie de Fythius, par Cicéron — La mott de Nérvn, par Suétone. — Le combat des Horace et des Curiaces, par Tite-Live. — Récit oratoire de la mort de Clodius, par Cicéron. — Tr-ait de bravoure de deux centurions romains, par César. — L enfant d'un bon naturel, par Quintilien. — Parallèle entre Caton et César, par Salluste. — Révolte des légions de Pannonie, par Tacite. — Discours de Scythes à Alexandre, par Quinte-Curse.
Pendant qu'ils font ces versions, il faut, une fois par semaine, et en se servant des exemples mêmes de Lhomond, leur expliquer la grammaire latine et, particulièrement, les règles d'exceptions qu'on a négligées.
Versification. — On passe ensuite à la versification, et, pendant huit jours, sans faire autre chose, on étudie la Drosodie et on tourne des vers ; puis
le cours reprend sa marche régulière, les versions latines et les vers latins se succédant alternativement jusqu'à épuisement des matières.
Episode de Nisits et d'Euryale, par \'irgile ; Philèmon et Baucis, par Ovide ; les Quatre Ages de la Vie, les Deux Rats, trois Odes d'Horace.
Composition. — On fait alors deux narrations latines et deux discours latins, et le cours se termine par des explications, à livre ouvert, dans César et dans Virgile. Dans Virgile, on explique la prise de Troie et la description des jeux en Sicile ; dans César, on explique la guerre des Gaules dont on peut retrancher, si on le veut, les expéditions de Germanie et celles de Bretagne. N'est-ce pas grandement suffisant ? Et puis c'est précis.
Le Grec
Le grec est une très belle langue, je ne le conteste pas ; mais enfin personne ne le sait, pas même les professeurs. Aussi ne faut-il l'étudier qu'au point de vue des racines et des étymologies. Que diable ! l'enfant ne peut pas tout savoir, et à quoi bon apprendre des choses dont on n'a que faire ? Au reste, comme le grec vient après le latin, il est inutile de passer par toute la filière des livres élémentaires. Croyez-moi^ simplifions. Tlàmes gradués de Manoury (les premières pages seulement). — La partie de la Cyrop'ediâ qui eoramence à ces mots : Astyëgc faisant un four souper Cyrus, etcet qui finit à ceux-ci : c^est ainsi ^uâ Cyrus divertissait son grand* phe pendant ses repas. — 'Enfin, la i^^^ Philippique de Démosthènes qui est un chef-