‹ La Clef du mystèreChapitre 8 sur 23 · OG · texte numérisé non relu

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d'œuvre. — Le professeur doit faire ces versions avec l'élève, et chaque fois qu'une racine ou une 'étjmologie se pre'sente, il faut qu'il la leur fasse remarquer. Le mot-à-mot leur est ensuite dicté, et, quand ils l'ont appris, leur instruction en grec est suffisante, et, à moins de raisons particulières, il est inutile de la pousser plus loin. (Pas trop d'abstractions). Il vaut mieux qu'un enfant sache bien ce qu'il sait que de paraître savoir beaucoup de choses qu'en réalité il ne sait pas.

Histoire et Géographie

Venons-en à l'histoire. — C'est une partie fort intéressante en elle-même, mais très-ennuyease dans les collèges. Car, enfin, il y a exagération dans la matière dont on veut qu'un enfant l'apprenne. On se demande comment il peut se faire que des gens raisonnables forcent les écoliers à se mettre en tête des faits qui, en soi, ne signifient rien. En vérité, croyez-vous bonnement qu'il soit possible à un homme, sauf à un spécialiste, (et encore ! ) de retenir en détail le nom de tous les rois, la date de leurs règnes, la série de leurs actions, en un mot, tout ce qui s'est passé sous la calotte des cieux depuis que le monde est monde, et, cela fût-il possible, quel avantage peut-il en résulter pour vous et pour mioi. On n'en parle jamais en dehors du collège.

Ce qu'il importe de connaître, c'est le développement des grands empires dans leurs rapports évidents avec la religion. Du détail des faits qu'il est bon de lire, dégagez-moi la vie d'un peuple

, avec ses hommes providentieis, ses batailles décisives, de manière àre'anir, en quelques pages, toute la partie substantielle des e'vënem(ints. C'est la seule chose qu'il soit possible et utile de savoir. J'en dis autant de la géographie. Donc, résumé succinct et méthodique de tout le système d'histoire et de géographie de l'abbé Courval : c'est fait. jVIais, par exemple, il faut que l'élève complète son éducation par la lecture des principaux ouvrages de Courval, ouvrages très-bien faits. On peut prendre Drioux si on le préfère.

Étude des sciences

Les sciences qui entrent dans ce cours sont : i» Varithnîctique pratique avec un recueil d'environ trois cents règles ou problèmes ; 2^ la géométrie plane avec les formules et les définitions de la géométrie dans l'espace ; 30 la physique, la chimie et Vhistoire fiatiirelle, réduites, par l'analyse, à un résumé très-court, la partie expérimentale plutôt que la partie mathématique.

Trois questions pour finir : qu'apprend-on aux enfants en plus de cela ; que leur en reste-t-il ; et à quoi ça sert-il ?

La Philosophie

Et la philosophie, direz-vous ? Eh bien ! la philosophie est l'art de chercher la vérité sans jamais la trouver. C'est la vraie définition qui lui convient : elle est de St. Bernard. C'est un fouillis de subtilités et d'abstractions au milieu desquelles les philosophes ont peine à se reconnaître. Comment

voulez-vous que les enfants puissent le faire? Tirezen des mots et quelques classifications ; mais donnez-vous bien garde d'entrer en discussion avec les philosophes. Descartes le dit : ils ne s'efitendent pas. Au reste, la philosophie est faite pour des hommes, non pour des enfants. Il faut d'abord discerner les aptitudes, les e'tudes purement philosophiques ne pouvant convenir à tout le monde.

La philosophie de M. Bouëdron, professeur à Nantes, est excellente ; mais, s'il était possible de la réduire, elle n'en serait que meilleure.

Des Examens

Il doit y avoir des examens ; mais il faut des examens simples, précis, possibles ; des examens qui aient leur raison d'être ; des examens qui ne soient pas purement et simplement des obstacles aux diverses professions. Il ne faut pas immobiliser les enfants ; il ne faut pas entraver les vocations, de quelque nature qu'elles soient : le bon sens le dit. Les examens doivent être comme les marches d'un escalier que les élèves miOntent, une à une et sans fatigue ; et c'est d'après ce principe qu'il faut établir, pour chaque partie des études, toute une filière d'examens spéciaux. Quant à la dernière e'preuve, elle doit avoir pour but d'indiquer plutôt la capacité réelle des élèves qu'une érudition mensongère obtenue à grand renfort de m émoire et dont il ne reste rien.

Des Notes et des Compositions

Les notes doivent être au nombre de six, trois bonnes et trois mauvaises. Les bonnes sont : i

très-bien, 2 presque très-bien, 3 bien — les mauvaises : 4 médiocre, 5 mal, 6 très-mal.

Les examens comprennent tous une composition écrite et une partie orale, et les deux notes réunies forment la note réelle de l'examen. Pour chaque partie de l'enseignement, la note générale des examens précédents se joint à la note spéciale d'un examen pour le modifier ; et les notes générales de chaque partie, c'est-à-dire du latin, du grec, etc., se joignent entre elles pour donner la moyenne du travail et des succès de l'enfant pendant ses études. Cette note finale compte pour la moite dans l'examen du baccalauréat.

Quant aux compositions, elle doivent avoir pour but de faire travailler les élèves et d'exciter leur émulation sans donner de l'orgueil aux uns en décourageant les autres. En conséquence, pour éviter de fatiguer les enfants, il n'y aura qu'une composition par semaine. La réunion de douze compositions consécutives constitue une excellence; et la réunion des excellences partielles constitue l'excellence générale. Les rapports des professeurs avec les élèves se font en anglais, en dehors des exercices. Le premier supérieur est seul excepté de cette règle générale.

Conclusion

En somme, le cours est sérieux. On sait ce qu'on veut et comment on le veut. Aucun travail inutile n'est donné à l'élève, et tous les simplications possibles ont été apportées de manière à rendre l'étude, en même temps, plus facile et plus rapide que par-

tout ailleurs. Quand l'enfant a fini ce cours, il est fixe' sur sa vocation ; et, s'il a besoin de connaissances plus étendues, eh bien ! il peut aller ailleurs compléter son éducation. Car, pour moi, je ne me résignerai jamais à préparer des examens dont je ne vois pas l'utilité : et je manquerais mon but, qui est de simplifier l'éducation, si je ne maintenais pas ce que j'ai établi, l'ayant établi d'après des principes dont la valeur ne saurait être contestée. Car je le répète, l'enseignement général doit avoir trois but : 1° le principal, fixer les enfants dans une voie quelconque ; 2» développer leur intelligence et leurs qualités réflexes ; 30 leur donner les éléments des sciences et les mettre, le plus tôt possible, en état de travailler seuls.

Et maintenant, Canadiens, écoutez-moi bien : Vous êtes tous ou pères ou grand'pères, ou du moins susceptibles de l'être, et, par conséquent, plus ou moins directement intéressés aux questions que je traite. Elles sont de la plus grande importance pour vous et pour vos enfants.

Et, en eftet, si l'éducation est organisée de manière que les études soient finies vers la quinzième année, c'est quatre ans en moins pour la plus grande partie des élèves ; mais quatre ans en moins, n'est-ce pas une économie d'argent pour vous, et, pour vos enfants, de l'énergie qu'ils peuvent utilement employer à leurs différentes professions? C'est donc, comme puissance d'action, une force immense que je mets entre vos mains. Et n'oubliez pas que vous êtes en face d'une race éminemment pratique qui connaît la valeur du temps D'un autre côté, en dirigeant les jeunes gens vers

l'agriculture et vers les vocations religieuses à un âge où il est si facile d'agir sur eux, c'est le moyen, (et le seul moyen), d'empêcher cet encombrement des positions libérales, encombrement dont vous souffrez déjà.

C'est donc vous rendre un grand service que de simplifier l'éducation actuelle, et je vais jusqu'à dire que combattre la réforme que je propose, ou même ne pas la favoriser, ce n'est pas aimer le Canada, ce n'est pas vouloir le bien. Tout le monde est intéressé à ce qu'elle ait lieu, les parents comme les enfants, les prêtres comm.e les religieux. Ici ou ailleurs, elle se fera tôt ou tard. C'est une question de temps. Non plus sapcre quàm oportct sed saper e ad sobrietaieu.

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