‹ La clef du ZoharChapitre 15 sur 81 · PRIE RS · texte numérisé non relu

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LES SÉPHIROTH GÉNÉRATRICES 59

noirs qui, avec une intention égoïste, étudient les propriétés Séphirothiques décrites en la Mercabah et s'occupent de lalumière astrale, figurée par le Chaschmal, métal mystérieux de la vision d'Ezéchiel).

Ils dévorent également tous ceux qui exercent des arts maudits par les noms de la Couronne (c'est-à-dire ceux quai cherchent à se servir des noms sacrés et spécialement des treize modifications du Tétragramme régies par Kéther, la Couronne, dans les arts de la magie démoniaque).

Maintenant que nous avons exposé les correspondances mystiques de Netzah et de Hod, efforçons-nous de pénétrer leur sens philosophique.

Nelzah et Hod forment un groupe avec Iésod, la neuvième Séphire.

Par conséquent, de même que Tiphéreth, la Beauté et la Justice harmonique, est le centre équilibré de Chésed, l’expansion, et de Géburah, la rigueur, de même lésod doit constituer le centre équilibré, harmonique, de Netzah, la victoire et de- Hod, la gloire.

Or, d'après les kabbalistes, Iésod se rapporte à l’attribut générateur, à la puissance fécondatrice de Dieu.

Netzah et Hod forment donc les éléments générateurs que réunit Jésod, la puissance fécondatrice centrale, de même que Chésed et Géburah forment les éléments moraux que réunit Tiphéreth, la puissance morale et arbitrale du centre.

Netzah est l’expansion génératrice. Hod est la concentration et la rigueur génératrices.

Netzah répand les germes des êtres, le jaillissement des forces.

Hod affermit les germes, précise les forces, leur assure un développement régulier (1).

« Par le triomphe (ou Victoire, Netzah), et la gloire (Hod) traduit Franck dans son beau livre sur la Kabbale, on comprend l'extension, la mulliplication et la force; car toutes les forces qui naissent dans l'univers sortent de leur sein, et c’est

(4) Je lai dit ailleurs: Netzah, c'est la multiplication des Etres, le développement de l'infini, principe mâle de la force. — Hod, la gloire exprime la stabilité des formes, la fixalion de la puissance fécondante, le Principe féminin de la force créatrice (Royaume de Dieu, p. 9).

pour cela que ces deux Séphiroth sont appelées Les armées de l'Eternel. »

L'extension est la multiplication se rapportent à Netzah. La force correspond à Hod (1). ;

Il est remarquable que, dansla Kabbale, la vigueur est souvent attribuéeaux Séphiroth féminines Hod, Géburah, etc.

L'on trouverait peut-être l'explication de cette apparente anomalie en observant qu'il ne s’agit pas ici de vigueur déployée, mais plutôt de vigueur interne, d’énergie concentrée.

La femme est moins extérieurement robuste que l’homme, mais son principe vital a plus de résistance et de secrète énergie.

Dans l’enfantement, l'allaitement, dans les veilles auprès d’un malade, la femme survit à des dépenses de forces qui laisseraient mort plus d’un athlète.

Le même arcane expliquerait pourquoi, de deux hommes en lutte, celui dont la destinée est la plus réservée, la plus féminine l’emporte fréquemment.

IL expliquerait pourquoi Louis X[ abattit Charles le Téméraire, pourquoi Danton fut vaincu par Robespierre, pourquoi la destinée du froid Wellington triompha du destin splendide de Napoléon.

IL expliquerait encore la durée infiniment supérieure des Sacerdoces et des Eglises comparée à celle des dynasties et des royaumes.

Combien de dynasties dévorées pendant les xix° siècles de l'Eglise !

Et l’extraordinaire persistance des Brahmes !

Il expliquerait encore la perpétuité infatigable de la nation Juive, malgré des catastrophes si furieuses et de si longues persécutions.

L'originalité des Israélites, c’est d’être un peuple organisé comme un Sacerdoce, une race constituée comme une Eglise.

Aussi ont-ils inspiré autour d’eux le même genre d’admi-

(1) Les forces ou la force en général se rapportent à la fois à Netrah

et à Hod, mais la force opposée à l'extension et à la multiplication se rapporte à Hod.

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ration ou d’anlipathie que les grands ordres religieux, Dominicains, Templiers, Compagnie de Jésus.

Mais, si le Principe fémininaugmente la durée, il diminue le rayonnement. P

Ce qu’il gagne en force prolongée, il le perd en puissance débordante.

Le véritable Mage — c'est-à-dire le Sage, — qui aurait horreur d’être Louis XI autant et plus que d’être Charles le Téméraire et qui, s’il étudie les diverses natures de destinées et d'énergies, n’a d’autre but en cette étude que le perfectionnement du monde et son propre effort à {out concilier en vue de tout sublimer, le véritable Mage doit trouver sa voie au-dessus du Principe féminin comme au-dessus du Principe maseulin solitaires.

IL doit conseiller au monde et chercher dans ses travaux personnels l'alliance du rayonnement et de la persévérance, dela chaleur et de la réserve, de l'expansion et de la concentration.

Il atteindra ainsi à l’infinie largesse dans l’éternelle durée.

Au Principe féminin seul comme au Principe masculin seul il y aura toujours quelque chose de supérieur et d’incomparable : leur immortelle Union.

La neuvième des Séphiroth s'appelle lésod, le Fondement ou la Fondation. Elle est ainsi nommée par la raison qu’elle constitue le Fondement de Malchut.

Car dans l’ordre spirituel il arrive tout le contraire de ce qui se passe dans l’ordre matériel. Le fondement corporel des objets est au-dessous d'eux, mais leur fondement, leur appui spirituel est au-dessus.

lésod qui est au-dessus de Malchut est donc le Fondement spirituel de Malchut.

Le désir de Malchut la soulève et la réunit à Iésod, qui lui donne la stabilité. Ainsi un aimant attire et relient un morceau de fer placé au-dessous de lui.

Noé est la figure de Iésod et l’Arche est la figure de Malchut. Noé signifie consolation. Et c’est par lésod dont Noé est

l'emblème que Malchut trouve le repos et que le monde reçoit la consolation.

lésod est encore figurée par le patriarche Joseph.

On donne à lésod le nom de Juste, d’où la maxime kabbalistique : Le Juste est le fondement du monde.

Au sens philosophique, nous l’avons vu à propos de Hod et de Netzah, lésod signifie la puissance génératrice de Dieu.

Elie est l'énergie centrale du troisième groupe d’attributs divins, les attributs fécondateurs et naturels,

Par le premier groupe (Kéther, Chocmah, Binah) Dieu nous apparaît comme le Suprême Idéaliste et le Suprême Volontaire, le grand Mage dont la pensée fait surgir el gouverne, par Suggestion mentale, la loi et la substance de tout ce qui est.

Or, cette volonté et cette intelligence ne sont pas froides, et c’est ce qui parfait leur sublimité : elles sontle premier Amour calme, mais infini, car les plus vastes miséricordes, supérieures à celles de Tiphereth, descendent de la Couronne.

Par le deuxième groupe (Chésed, Géburah, Tiphereth) Dieu nous apparait comme le Suprême Arbitre, le grand Cœur impartial et rayonnant qui ne laisse la rigueur équilibrer le pardon que pour achever notre relèvement en nous purifiant du Mal par l’expiation et en nous assurant la rigoureuse noblesse.

Par le troisième groupe (Netzah, Hod et Iésod) Dieu nous apparaît comme le Suprême Générateur, la source de toute vie, la sève de toute force, la joie de toute saine et incorrupüble fécondité,

La dixième des Séphiroth s’appelle Malchut, la Royauté ou le Royaume.

Elle est ainsi nommée parce qu'elle domine sur toutes les créatures et parce qu’en eile le Seigneur exerce sa royauté.

La Séphire Malchut, par la variété des forces que répandent en elle les attributs divins qui la précèdent, joue des rôles variables et se revêt de changeantes couleurs.

Elle vivifie et elle tue, elle élève et elle fait déchoir, elle blesse et elle guérit.

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C’est pourquoi on lui donne souvent le nom de celui des attributs divins dont elle reçoit et transmet l'influence momentanée.

Par exemple, le nom caractéristique de Géburah, la Rigueur, est Elohim (15%).

Ce nom désigne le Tribunal d’en haut qui juge les créatures, toujours sincèrement, selon la rectitude el la norme de la vérité.

Lors donc que Géburah prononce contre les créatures inférieures une sentence qui prescrit leur mort, Malchut se remplit de ce jugement que vient de prononcer Elohim et elle l’exéeute sur lescréatures impartialement et justement condamnées.

Et, dans cette circonstance, Malchut prend le nom d’Elohim à cause de la Séphire de Géburah, qui a porté la sentence.

Tel le héraut d’un souverain se revêt du nom de son maître.

Pour la même raison Malchut est parfois appelée du nom de Iodhéva, ou du nom de Shaddaï, ete.

Mais le nom divin qui lui demeure propre et qu’elle garde toujours malgré ces appellations variables, c’est le non: d’Adonaï (TJTN).

Malchut est l'Epouse de Tiphéreth.

Elle est la Reine comme Tiphéreth est le Roi.

Les Séphiroth de la Construction, rassemblées autour de Tiphéreth, sont les membres-du Roi.

Les mêmes Séphiroth, reflétées en Malchut, sont les membres de la Reine.

On donne à Malchut le nom de Phylactère parce qu’en elle descendent les influx des diverses Séphiroth, de même que sur le Phylactère sont inscrits divers textes concernant le saint Tétragramme.

C'est par Malchut que Dieu régit le monde.

De toutes les Séphiroth c’est elle qui est la plus voisine du monde et qui agit le plus immédiatement sur les créatures.

Malchut est donc la force générale et dernière qui, rassemblant tous les rayons des Emanations antérieures à elle, les transmet aux créatures et domine directement l’univers.

Tiphéreth est figurée par le soleil et Malchut est figurée par la lune.

Tiphéreth est le palmier mâle, et le palmier femelle c’est Malchut.

Tiphéreth est l’Arbre de vie, Malchut est l’Arbre de la connaissance du Bien et du Mal.

Non qu’un attribut divin puisse contenir le Mal par luimême, mais à cause de la situation de Malchut.

Elle est de toutes les Séphiroth la plus proche du monde et par conséquent du Mal et des mauvais esprits qui habitent dans le monde.

Il y a des moments où elle se trouve en rapport avec le Mal non pour lui complaire, mais pour l’examiner et le juger, et par conséquent afin de le bien juger, pour le connaître.

C'est à cause de cela que le séjour dans l’attribut de Malchut a été fatal au premier Adam allégorique.

Il a eu occasion de connaître le Mal, mais, au lieu de se borner à le regarder, il l’a commis.

Tel un homme faible et dévoyé qui, assistant à une séance de tribunal, écoutant les aveux d’un criminel, se hâterait d’imiter son crime. :

L'homme ne s’est pas contenté de regarder le fruit de l’arbre mystérieux, il l’a mangé.

Il ne s’est pas contenté d'étudier spéculativement le Mal pour ne pas le faire, il s’est avili à la bassesse des actes impurs.

C’est là un redoutable Arcane : la liberté morale est impossible sans la connaissance logique et intellectuelle du Mal, mais la pureté morale est impossible avec la connaissance pratique et personnelle du Mal.

L’Adam typique n’a pas résolu le problème terrible, et les hommes, réalités multiples du vaste Adam collectif, ne savent, trop fréquemment, le résoudre mieux que lui.

Absolue clairvoyance du Mal, absolue horreur et abstinence du Mal, difficile perfection des justes qui ne pècheront plus, ni par ignorance ni par enivrement.

Seule la grâce de Dieu peut élever à cet idéal notre faiblesse, presque toujours faible des deux côtés à la fois, prompte à se laisser tromper, facile à se laisser tenter.

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