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LES CORRESPONDANCES ET L'ART DES MAGES

Le terme de magie peut préter à équivoque, il se prend souvent en mauvaise part. Ou plutôt c’est un terme général et comme indifférent qui se spécialise en bon ou mauvais selon l'épithète qui l'accompagne et Le texte qui l’environne.

Bien que la religion réprouve la magie mauvaise, elle n’en reconnaît pas moins l'existence d’une magie naturelle saine,

Et cela est enseigné par les catéchismes officiels.

« La magie naturelle n’est proprement qu’une connaissance des secrets de la nature les plus cachés et de leur valeur sin= gulière (1). »

D'autre part, le titre de Mages était donné en Perse aux sages, aux philosophes et aux savants, nullement aux sorciers. Et c’est le sens que l'Evangile confirmeà ce titre.

Les Mages qui vinrent adorer Jésus-Christ étaient des savants et des philosophes, non des magiciens (2).

Les Mages de l'Evangile versés dans la science mystérieuse de la nature, mais altirés à l’adoration surnalurelle du Dieu

(1) Catéchisme d'Hauterive. tome V, p. 410.

(2) Fuit autem sapientibus Persis peculiare, ut Magi dicerentur.…. Quia igitur stella duce usi sunt, honoris causa videntur Magi vocari, hinc verius est non fuisse ex infami illo maleficorum genere... (Jansen Iphens, in Matth., 11, 4, cilé par le catéchisme d’Hauterive, tome II,

caché en l’Enfant-Dieu, constituent le type du Mage complet, à la fois savant et mystique.

Ainsi la magie bonne offrirait deux degrés; le premier: la science naturelle mystérieuse, mais vouée au bien; le second degré : cette science unie à la Mystique divine.

La mauvaise magie a également deux degrés. L’un où elle reste naturelle et consiste en l'usage coupable de secrets naturels bons par eux-mêmes (soit un magnétiseur qui abuserail du magnétisme pour séduire une femme ou pour troubier la santé d’un concurrent).

Dans l’autre degré, qui est pire et forme, à précisément parler, la sorcellerie, la magie noire, l'usage coupable des secrets naturels s'aggrave d’un recours aux mauvais esprits.

Comme le Christianisme, la Kabbale condamne rigoureusement toule action magique qui n’est pas conforme à la loi religieuse et morale et qui recourt à d’autres forces que celles de Dieu, des bons esprits et de la nature saine. Elle réprouve la magie naturelle pervertie et la magie noire.

A cause des sens divers du mot magie, j'adoptérai de préférence et le plus souvent les termes : Science des Mages, Art des Mages.

Et j’entendrai par Mages les Initiés qui, à l’exemple des Rois adorateurs du Christ, (âchent d'associer la mystérieuse science naturelle et la Mystique divine.

Science des Mages, c'est la doctrine ; Art des Mages, la pratique.

L'art des Mages, c’est, plus spécifiquement, l'emploi des correspondances en des opérations, spirituelles ou fluidiques, subtiles.

L'emploi des correspondances est direct ou symbolique.

Il est direct si l’on fait agir des éléments qui peuvent avoir, l’un sur l’autre, une action directe.

Exemple : Un homme en magnétise un autre, en tenant compte des polarités humaines.

Ou encore, on se sert des polarités de l’aimant, de l’électricité pour influer sur les polarités humaines.

L'emploi des correspondances est symbolique lorsqu'on met en œuvre des éléments qui n’ont l’un sur l’autre qu'une action indirecte.

Exemple : On fait de la magnétisation à distance. Le malade

railé est sujet à des idées sombres. On veut lui envoyer des fluides et des pensées réconfortants, égayants. Le magnétiseur, pour exciter sa penséeet ses fluides, influe sursa propre imagination par une ambiance appropriée : Ils’environne de fleurs, d'étolles claires, de parfums frais ; il se fait jouer, pendant qu’il magnélise à distance, de la musique joyeuse.

Cette ambiance constitue un emploi symbolique des correspondances.

Le symbolisme, quand on s’en sert avec justesse, n’est jamais dénué, au fond, d’une action véritable et régie par les lois du lernaire ou d’un autre nombre sacré.

Maïs cette action n’est pas en lien immédiat avec l'opération faite. Et c’est ce qui différencie l'emploi symbolique des correspondances de leur emploi direct.

Parmi les pratiques de l’Art des Mages, il y en a une, la plus indispensable en même temps que la plus élevée, qui doit précéder, accompagner et couronner toutes les autres : la prière.

Et puisque c’est en accédant au Christianisme, comme je le montrerai au chapitre : {a Kabbale Chrétienne, que la Kabbale a rempli sa mission prédeslinée, celte prière devra donc se maintenir chrétienne.

Cela dit, je vais examiner les adaptations des ternaires kabbalistiques à l’hypnotisme, au magnétisme et au psychisme. Je reprendrai, en le complétant, ce que j’ai déjà exposé, à cet égard, en la Liste des correspondances et au chaoitre : Le grand Arcene.

On peut distinguer, dans l’hypaotisme comme dans le magnétisme, entre l'influence totale d’un homme? sur un autre et des influences particularisées.

Dans l'hypnotisme, l’influence totale est celle de tout un esprit sur tout un autre.

L'influence totale peut être équilibrée (Kéther), expansive (Chocmah, Chésed), ou attractive (Binah, Géburah).

Les influences particularisées sont celles des suggestions. Voici comment le ternaire kabbalistique s’y adapte :

L'hypnotiseur doit rester foncièrement équilibré (Kéther), mais, par l'expansion (Chocmah, Chésed) de sa volonté et de sa pensée seules (suggestion mentale) ou de sa volonté, de sa pensée et de sa parole (suggestion verbale), il rend passif, attractif

(Binah, Géburah) le sujet, qu’il amène ainsi à l’état d'hypnose.

Le sommeil et l'hypnose sont, par rapport à l’état de veille, des modes d'existence attractifs, passifs, féminins (Binah, Géburah, Malchut).

Alors l’hypuotiseur, par expansion encore, par suggestion mentale ou verbale, imprime, dans le sujet attrachf et passi/, une idée qui se développe et à laquelle la volonté, la pensée et les organes du sujet prêtent leur service.

Analogiquement, l’hypnotisé ressemble à une femme fécondée et enfantant au cours d’une narcotisation prolongée.

L'idée naît et se développe en lui comme l'enfant chez cette femme.

Le magnétiseur peut agir par une influence totale, synthétique du fluide entier de son corps, sans action détaillée des. polarités de ses membres ni de ses organes.

Cette influence totale peut se montrer elle-même équilibrée (Kéther) ou expansive (Chocmah, Chésed) ou attractive (Binah, Géburah).

Elle peut opérer sur un sujet dont le fluide total est, par rapport à elle, équilibré, expansif ou attractif.

Comme je l’ai indiqué dans une Note lue au Congrès spirite et spiritualiste de Paris, en 1900, le meilleur procédé pour exercer l’action totale centrale est que le magnétiseur, plaçant ses mains jointes devant son propre plexus solaire, les doigts. tendus en avant, concentre toute sa force fluidique dans ce plexus et la communique au plexus solaire du sujet.

Le magnétiseur peut agir aussi par des influences particularisées. Ce sont les polarités de ses membres et de ses organes. L’action totale centrale et l’action des polarités spéciales. ont chacune leurs avantages. Les polarités spéciales imprègnent avec plus de précision les organes du sujet. Mais l’aclion centrale crée un rapport magnétique plus profond.

Qu'il s'agisse de l'influence totale ou des particularisées. l’action est de même nom ou de nom contraire.

Dans le premier cas, les fluides, comme en électricité, se repoussent. Dans le second cas, ils s'unissent et se compénètrent.

La magnétisation de même nom, ou isonome, produit le sommeil, par compression et engourdissement fluidiques, lorsqu'on l’opère sur le cerveau, principalement si l’on fait agir,

sur le cerveau gauche d:: sujet, les effluyes du cerveau gauche et de la main gauche du magnétiseur, et, sur le cerveau droit du sujet, les effluves du cerveau droit et de la main droite du magnéliseur.

En thérapeutique, la magnétisalion isonome est recommandée pour la guérison des maladies par dépression et la magnétisation hétéronome pour la guérison des maladies par inflammation (1).

L’isonomie excile et l’hétéronomie calme.

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