‹ La clef du ZoharChapitre 40 sur 81 · L'AMBIANCE MAGIQUE ET LES TRAVAUX DE REICHENBACH · texte numérisé non relu

L'AMBIANCE MAGIQUE ET LES TRAVAUX DE REICHENBACH

Les sensitifs éprouvent, à l’égard des corps de la nature et des parties de ces corps, des sensations spéciales. Reichenbach, en enregistrant les témoignages des sensitifs, a reconnu que ces corps et ces parties de corps se divisaient en deux grandes classes, l’une qui cause aux sensitifs une impression de fraicheur et, dans l’obscurité, leur fait apercevoir des lueurs bleues ; l’autre qui cause aux sensitifs une impression de tiédeur et, dans l'obscurité, leur fait apercevoir des lueurs rougeàtres.

Kabbalistiquement la première classe est sous l'influence de Chocmah ; la deuxième, sous l’influence de Binah.

Ainsi les arcanes du Zohar sont rejoints, une fois de plus, par les expériences modernes.

Reichenbach attribue ces sensations polarisées aux deux polarités d’une même force: l’Od, vraisemblablement identique à la lumière astrale des Martinistes, à l’Akasa des Hindous et à l’Aour des kabbalistes.

La polarité odique déterminant l'impression de fraîcheur el l'apparition des lueurs bleues, Reichenbach l’appelle Od néga-

tif. Et la polarité odique déterminant l'impression de tiédeur et l'apparition des lueurs rouges, il l'appelle Od positif.

Or, en parlant de la sorte, il inverse le vocabulaire traditionnel, les corps et parties de corps qu’il nomme od négatifs étant manifestement positifs dans le tableau des correspondances.

Afin de réconcilier Reichenbach et la tradition occulte (d’ailleurs en harmonie avec le langage scientifique français) il faut donc appeler positif ce que Reichenbach appelle négalif, et négatif ce qu'il appelle positif. Reichenbach lui-même a prévu ce changement.

« Le pôle, écrit-il, de notre aiguille aimantée qui se dirige vers le sud, est celui qui produit, au point de vue odique, les mêmes réactions que les corps électro-positifs.

« Quoique je me sois basé sur la théorie électro-chimique aujourd’hui admise, dans mon appréciation sur la nature des pôles magnétiques, et que j’en aie déduit mes conclusions au sujet de leur valeur, je suis parfaitement certain que la signification polaire des corps naturels est encore un sujet mal établi, que des doutes peuvent s'élever contre la négativité des acides et la positivité des alcalis, quand nous les voyons, au contact, polarisés d’une manière complètement opposée, etc. ; aussi, dans le cours de mes recherches, ai-je souvent rencontré de ce côté quelques obstacles ; je me suis cependant soumis à l'opinion généralement reçue et, pour nous y conformer, le pôle nord du globe devra être qualifié positif, et le pôle sud négalif, tant que le potassium sera considéré comme positif et l'oxygène comme négatif. Si, ce qui n’a rien d’absolument impossible, cette attribution devait être quelque jour modifiée, il serait nécessaire de renverser ces signes dans mon ouvrage (1).»

La division en deux polarités odiques des corps et des parties de corps de toute la nature, accentue les relations de correspondances.

Elle permet une action et une réaction subtiles reliant l’homme aux autres hommes, à tous les êtres vivants et à la nature entière. Elle fait de l'univers une ambiance magique. C'est le magnétisme occulte dans toute son étendue. Les

(1) RercHENBAGæ, Les phénomènes odiques, p. 282, 283. Traduction d’Ernest Lacoste (Chacornac, Paris.)

groupements de diverses forces analogues, en vue d’une même opération de l'art des Mages, ne se justifient donc pas seulement par la qualité générale, positive ou négative, de ces forces eu elles-mêmes, ils se justifient encore par la nature semblable de f’od qu’elles exhalent.

Aux groupements de forces on peut ajouter une ambiance esthétique appropriée. J’en ai déjà parlé à l’occasion de l’emploi indirect et symbolique des correspondances.

Par exemple, à un groupement de forces posilives, on peut adjoindre des tapisseries et des tableaux aux couleurs fortes et aux personnages vigoureux, des statues masculines, athlétiques, des parfums exaltants, des exécutions musicales en mode majeur.

Cetle ambiance, en impressionnant l'imagination du sujet et celle du magnétiseur, augmente l'effet positif de l’opération.

À un groupement de forces négatives on adjoindrait, au contraire, des tapisseries et des tableaux aux douces couleurs fascinatrices, aux personnages délicats el attirants, des statues féminines, des parfums oppressifs, des exécutions musicales en mode mineur.

Les groupements de forces analogues et les ambiances esthéliques appropriées peuvent concourir au magnétisme à distance et au psychisme comme au magnétisme en présence.

Mais ce qu’il faut ne pas oublier par dessus tout, c’est qu’en les opérations quelconques de l’art des Mages, nous devons avoir pour loi et avide sentiment, l'amour pur, désintéressé de Dieu, des hommes, de tous les êtres. Malheur au Mage égoïste ! 11 marche au satanisme, volontaire ou involontaire. A celui qui exerce une action occulte, la Providence ordonne : Tu aimeras la /tberté de ton prochain comme la tienne.

L’Alchimie est une théorie de l’évolution, et, surlout, mais pas exclusivement, de l’évolution métallique. Elle cherche à porter, aussi loin que possible, la perfection stable des corps chimiques, et de la santé humaine.

L’Alchimie de la Kabbale offre certaines différences avec l’Alchimie ordinaire.

Dans l’Alchimie ordinaire, on assigne, à l’élément masculin la couleur rouge, et, à l'élément féminin, la couleur blanche. En Kabbale, on assigne, à l'élément masculin, la couleur blanche et à l'élément féminin, la couleur rouge.

C'est que lAlchimie ordinaire a suivi les correspondances extérieures, le symbolisme banal, visible et que l’Alchimie de la Kabbale s’est altachée davantage aux correspondances intérieures, à la nature des fluides invisibles,

Dans le symbolisme visible, la couleur rouge, par son éclat, par son influence excitante, se rattache au principe mâle, mais selon Reichenbach, les fluides féminins attractifs (côté gauche de l’homme,etc.), offrent une couleur rougeâtre. De plus, dans la série des corps simples dressée par les sensitifs, l'or est fé. minin, attractif, comparé à l'argent.

Ainsi, des deux principaux métaux alchimiques c’est le métal jaune rougeâlre, l’or, qui serait fluidiquement féminin et le métal blanc, l'argent, qui serait fluidiquement mâle.

Le dualisme odique confirmerait la classification de l’Alchimie kabbalistique plutôt que celle de l’Alchimie ordinaire.

Si l’on se reporte à la Lisle des correspondances, on relèvera que j'ai moi-même suivi le symbolisme intérieur et non

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le symbolisme visible et banal. Je classe dans la série mâle, les rayons vioiets et bleus, à cause de leur plus grand nombre de vibrations et aussi à cause de leur nature odique. La Kabbale symbolise le masculin par le blanc plutôt que par le bleu. Cela tient à ce qu'elle songe au masculin relié à Kéther, l'équilibre et donc la blancheur. Il faut, du reste, apercevoir dans cette opposition du symbolisme banal et du symbolisme intime, l’un des mystères de l’Initiation rarement révélé. C'est que le mâle et le féminin, dans leurs apparences externes, offrent certains caractères opposés à leur essence et à leur radiation occulte. Le mâle, analogue, en ses apparences, à la couleur rouge, à la matière forte, épand une radiation occulte bleue. La femme analogue, en ses douces apparences, à la couleur bleue, à la matière faible, épand une radiation occulte rouge.

Le dualisme odique expliquerait aussi pourquoi, pendant que le symbolisme ordinaire attribue l’eau au principe féminin et le feu au principe masculin, le Zohar attribue l’eau au principe masculin et le feu au principe féminin.

Il ne s’agit pas de l’eau visible et du few visible.

L'eau veut dire le fluide odique /rais et Le feu le fluide odique chaud.

Or, le frais, c’est l’expansif, le mâle.

Et le chaud, c’est le féminin.

Tous les éléments attractifs, négatifs, se révèlent chauds d’après Reichenbach, à l'égard des éléments expansifs (la gauche de l’homme par rapport à sa droite, ete...).

Et l’on fait alors disparaître une contradiction qui semblait surgir entre le Sépher lézirah et le Zohar. Le Sépher Jézirah rapporte l’eau à la lettre Mem, altractive et féminine, et le feu au Shin lettre masculine et expansive.

Le Sépher lézirah attribuerait donc l’eau au féminin, le feu au masculin, et le Zohar l’eau au masculin, le feu au féminin.

Ce serait, entre les deux livres kabbalistiques les plus célèbres, une éclatante contradiction.

Maiselle n’est pas réelle.

Car le Sépher lézirah parle du feu et de l’eau visibles.

Et le feu visible, ardente vibration rapide, est bien expansif et mâle, comparé à l’eau visible, dont les molécules sont en vibration énormément plus lente.

Mais le Zohar parle de l’eau et du feu invisibles, odiques.

Et l’eau invisible, le fluide odique frais, est bien expansif et mâle à l'égard du fluide odique chaud. |

Remarquons, en outre, que, pour les sensitifs, le feu dégage un rayonnement odique perceptible à distance, là où la chaleur du feu n’est pas fortement éprouvée. Et ce rayonnement odique du feu est frais.

CORRÉSPONDANCES ALCHIMIQUES DES SÉPHIROTH

« À Kéther correspond la Racine des métaux qui est cachée sous beaucoup de ténèbres et de laquelle tous les métaux tirent leur origine : Ainsi Kéther est cachée et d'elle émanent toutes les autres Séphiroth (1). »

« À Chocmah correspond le plomb qui sort immédiatement de La Racine des métaux comme Chocmah de Kéther et parce que, dans les énigmes, il est appelé le Père des métaux suivants. »

« À Binah, correspond l’étain dont la blancheur rappelle la chevelure des vieillards et dont la tristesse symbolise la sévérité et le jugement rigoureux. »

« À Chésed, tous les maîtres de la Kabbale rapportent l’argent, surtout à cause de sa couleur et de ses usages. »

« Voilà pour ce qui regarde les métaux de nature blanche, passons à ceux de nature rouge : »

« À Géburah, selon l’opinion la plus commune des kabbalistes, se rapporte l’or, parce qu’il est analogue au Nord et de plus à cause non seulement de sa couleur mais de sa chaleur et de son soufre. »

« À Tiphéreth correspond le fer. Car cette Séphire est Homme de querre, selon l’'Exode(Ch. xv, v. 3) et elle porte le nom de Séir Anpin à cause de sa prompte colère » (Psaume 2, dernier verset).

« À Netzah et à Hod, les deux milieux du corps et les deux

(D) Cette Racine est l'Aour, la lumière astrale en tant que source lointaine des métaux.

réceplacles séminaux, correspondent les airains androgynes (1). Les deux colonnes du Temple de Salomon, se référant à ces deux Séphires, étaient en airain » (1° Livre des Rois, Ch. vu, v. 15).

« À Tésod correspond le vif argent.'A cette Séphire, en eflet, on donne, pour la caractériser, le surnom de vivante. Et cette eau vive est la source de toute la nature et de l’art métallique. »

« À Malchut se rapportela vraie Médecinedes métaux pour plusieurs raisons, notamment parce que cette Séphire et cette Médecine représentent les autres natures séphirothiques ou métalliques, en revêtant, la Médecine : les propriétés soit de l'or, soit de l'argent, et la Séphire : les propriétés soit du jugement, soit de la miséricorde (2).» (Livre Ash Mézareph).

Ces correspondances d’Alchimie kabbalistique présentent, avec l’Alchimie ordinaire, d’autres différences que Pattribution du blanc et de l'argent au masculin, du rouge et de l’or au féminin. Elles attribuent, en effet, l’or à Géburah, et Le fer à Tiphéreth. Cependant Tiphéreth se symbolise par le soleil. Et, dans l’Alchimie ordinaire, le soleil et l'or sont synonymes. Certes l’or brille, analogie courante du soleil.

Mais la science moderne a reconnu, dans l’astre, par analyse spectrale, la présence d’une quantité considérable de fer. Et il semble qu’ici encore l’Alchimie de la Kabbale ait vu ou deviné plus profondément que l'ordinaire Alchimie.

— D'autre part, selon les correspondances kabbalistiques, l'or, que gouverne Géburah, serait attractif, négatif. C’est donc par une évolution vers le négatif qu’on obtiendrait la transmutation, que nombre d’hermétistes ont regardée, à tort, comme le résultat d’une évolution jusqu’au positif extrème. IL faudrait influencer l'argent par la Lune des sages plutôt que par leur Soleil, pour transmuer l'argent en or.

(1) C'est-à-dire l’un mâle (Netzah), l’autre féminin (Hod).

(2) Cette Médecine est l’Aour, la lumière astrale, mais recombinée aux métaux qu’elle a engendrés. — On trouvera, sur l’Alchimie, des idées et une documentation abondantes et précieuses dans les livres de M. Jollivet-Castelot et dans sa Revue: Les Nouveaux horizons,

Douai.

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