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Les ministres sont responsables.
Mais, si l'Empereur est satisfait, il les garde, et le Sénat seul peut les décréter d'accusation.
Déclarer qu'on a le droit de mépriser les ministres, mais qu'on ne peut les renvoyer, c'est là une concession superflue.
Quant au droit d'interpeller, d'amender et de nommer son bureau, le Corps législatif le possède désormais en entier. Mais il peut faire tout le bruit possible dans son intérieur, sans avoir le droit de formuler son mécontentement en une Adresse et d'interpeller directement l'Empereur, seul responsable de toutes les petites responsabilités sans sanction qu'il établit.
Tout se résume donc pour U Chambre
dans !e droit de faire un peu plus de bruiî, >ans pouvoir faire beaucoup plus de be-
.-ogne.
^i^i^ si imparfalU-? que soifnl ces conce.^- ?ion?, elk's ?onl un [i-rniier aveu. Ne nous décourageons pas tl coiilinuons à pre?SfT l'interrogatoire.
M. Rouher a accompagné ce projet d'un discours épais, prétentieux et vide, qui promet de beaux jours au Sénat.
J'en extrais celle nhra^e :
« L'expérience eàt acquise. Une révolution n'ert que la contrefaçon niirérable de ce qu'on appelle progrès et civilisation. »
Tu l'as entendu, France de 1789, de 4R30, <le 18481 Renverser les baslilles, proclamer les droits de rhomme, chasser les gouvernements rétrogrades, conquérir le suffrage universel, tous ces prétendus avantages ne sont que des contrefaçons misérables. Il n'y a pas eu de progrès après le serment du Jeu de paume ! après la chute de Gharles X î après le renversement de Louis-Philippe I La civilisation s'est attardée ! M. Rouher dit cela. Il ose le dire ! Il envoie, en plein Sénat, cette énormité à la face du pa}s; et les sénateurs applaudissent cette platitude, qui n'est pas plus française d'expres?ion que de sentiment 1
C'est nous qui pouvons dire pl;-:;s justement :
« l! expérience est acquise. Un Juvergnat nest que la contrefaçon d'un hmnme de progrès et de civilisation. »
mercredi J. — E^t-il vrai quo, depuis clevoc mois M. Quentin, dcHenu, comme on sait, à Mazas, n'ait pas été interrogé une seule fois ?
Faites donc des sénatus-consultes pour promettre la liberté ! Agitez donc la question de l'amnistie ! pour garder dans la pratique secrète de la justice cette rigueur, ce dédain de la jurisprudence.
Tout le monde demande un communiqué à ce sujet.
Une place de secrétaire-rédacteur au Se* nat était vacante; un concours était ouvert.
Mais M. Rouher n'est pas président pour respecter les usages, ni Auvergnat pour obéir aux convenances. H fit clore le concours, et nomma, non pas simple secrétairerédacteur, mais sous-chef, un sien parent et co-Auvergnat, M. de Lescure, l'historien des maîtresses de nos rois.
Il est vrai qu'il est aussi l'historien de Marie Antoinette, et que c'est là une plus puissante recommandation à... Trianon , que d'être, comme M. Haussmann, petit-fils d'un conventionnel.
M. Mathuriii de Lescure a écrit à la (tazelte de France.
Il n'était pas fâché alors de passer pour parent du général vendéen avec lequel il n'a de commun que le nom.
On ne pourra plu? dire que Texpédilion du iMexique n'a rien produit. On lui doit, paraît-il, une variété de punaises superbes, avec une longue queue. On les appelle punaises Jecker.
Ne serait-il pas juste de distribuer ces animaux curieux, comme compensation, aux porteurs d'obligations mexicaines?
Ils voulaient prendre la mouche, ils prendront la punaise.
Ils se gratteront en attendant ce qu'on doit leur verser, et cela les empêchera de tendre la main.
A propos de gratlago, on a renouvelé pour le Président de la Républi'ue, en 1848, une plair^anîeîio qui date du premier consul.
Quand on fU grat'er i>ur les murs des Tuileries les mots : Liberté, Egalité, Fraterniié, quelqu'un dit du Chef de TElat :
— 11 graite où cela le démange.
On met en vente aujourd'hui la 2^ livraison des Contemporains. Le portrait de Lamart'me, avec ce petit avant-propos, pour répondre à des questions qui m ont été adressées :
« C'est par système , en verlu d'un plan arrêté d'avance, que nous publions le por-
— élirait de Lamartine, immédiaîcmenl aprps celui-ci de Napoléon III. Si la France avait eu un Washington, cVst celui-là (]uc nous aurions chois»i. La moraliiô de ces études ec dégagera de leurs contrastes.
(i Napoléon lil et Lamarline ont reçu tous deux leur rôle principal de la révolution de i8'i8. Lamarline s-enl est resté liJèle au sien; i! a dédaigné de se faire acclamer président de la République par une assemblée; h?
prince Louis Napoléon Bonaparte, élu président par le pays a renvoyé violemment l'assemblée qui n^^ lui garantissait pas le pouvoir. Celui là a remué la France par sa parole, celui ci Ta étonnée par ion si ence. L'un a renversé la République que l'autre avait fondée. Celui-ci a protesté toute sa vie contre l'illusion de la gloire militaire, contre le napoléonisme; celui-là n'a dû son succès qu'à la légende impériale.
<' Je n'ai pas à faire se mesurer ensemble l'homme de génie f l le prétendant heureux ; mais le trùne de 1 un et le tombeau de l'autre sont deux commets dittéremment envia-
i3les : le succèi avec le bon h' ur ou la défaite avec la yerlu , voilà 1» s deux tentations ; j'aime à les ofîVir successivement à la conscience de mes lecteurs.
« Après Lamartine , nous ferons un pas en arrière et i ous irons a M. le nouveau prévient du Sénat, au vice-emppreur détrôné. C'est de C"tle façon, en procédant par oppositions morales, que nous poursuivrons notre élude sur les contemporains. »
(Louis Ulbàch) FEKHAGUS
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