FAA
FERRAGUS
fait, ceux qui vous gouvernent pour avoir des droits k votre amour?
lU vous ont promis la paix, et ils ont amené la guerre ; ils vous ont promis \i diminulion des impôts, et tout J or que vous possédez n'assouvirait pas leur avidité.
Ils vous ont promis une admTii^traîion
intègre, et ils ne rognent que par la corruption ; ils vous ont promis la libertt"', et ils ne prol(''gent que privil(^ges et abu?; ils s'oppo?ent à toute réforme ; ils n'enfantent qu'arbitraire et anarchie; ils ont promis la stabilité et depuis dix ans ils n'ont rien établi.
Enfin, ils ont promis qu'ils défendraient aveC'Conscienr.e notre honneur, nos droits, nos intérêts, eî ils ont partout vendu notre honneur, abandonné nos droits, trahi nos intérêts ! 11 est temps que tant d'iniquités aient leur terme ; il est temps d'aller leur demander ce qu'ils ont fait de cette France si grande, si généreuse, si unanime de 1830!
Ainsi s'exprimait le prince Louis Napoléon débarquant à Boulogne, le G août 18i0.
Ceux qui ignorent encore, malgré tous les procès Haudin, ce que c'est qu'une manœuvie à l'inlérienr e'. une excitation violrntcà
Ja haino ot au nK^pi'is du pouvornomont 6lal'IJ n ont qu'à reliro cet appel à la rôvolio.
^ Quand je dis u manœuvre à rmlrrîeur » J exagère un peu. A Boulogne, on manœuvra sur OUI à roxtôrieur, surla plage, parmi les crabes et les crevettes. Il fallut repêcher oxpedition et la mettre au sec avant de la mettre à l'ombre.
Les Argonautes qui venaient (enter la con^quôtc de la Toison-d'Or burent à la fin
de lajournéeautant d'eau salôequ'ils avaient bu le matin de vin de Champagne. Deux furent noyés; les autres ne furent que ri^liculcs. ^
Ua peu plus meaitnùre par conséquent
que la dernière expédition du 3 décembre.
échauffourée de Boulogne se borna au
■imeuxcoup du pistolet qui est enaw entre
fs mains de M. L-)tour-du-Monlin. mais
bi>;(ucoup moiîis dé.s:islreuse que le coup
d'Etat i]o. 18j1 ,p11o lit^notn une inexpérience qio loî inA liiiiioa^ d;î l'exil ont corrigée.
C'est une amusante leciare que celle du procè>.
01 ne ressent pas en le lisant l'angoisse poignante 'que donne le procès Lesurques. li n'y a ni incertitude, ni confusion; aussi la Cour de cassation ne sera-t elle pas erabarrasvée pour réviser l'affiire, si jamais un petit-fils d;3 M. de Persigny prétendait que son aïeul était un innocent.
Je me hâte d'ajouter qu'il n'y a aucune analogie e.^ti-c les deux airaires. Les assassins du courrier d.^ Lyon volaient le trésor ; et il résulte de leurs proclamations que les insurgés de Boulogne voulaient, au contraire, earichir la France et lui apporter le produit de leurs écon^ies.
Ils avaiont même songea un petit cadeau pour le Muséum d'histoire naturelle, qui ne devait pas être jaloux des Tuileries ; car on trouva un aigle vivant à burd du bateau à vapeur.
Cet aoïmal était destiné à voler, de clocher en clocher, de Boulogne aux tours de Notre-Dame, Mais on s'aperçut, au moment de le lâcher, qu'il ne savait pas assez voler pour réussir.
Qu'est devenue cette noble bête ? La destinée de ses compagnons nous est connue ; mais la sienne est restée enveloppée de nuages. L'a-t-oatuée? empaillée? Pourquoi u'at-elle rien obtenu après le 2 décembre?
Puisque l'occasion s'en présente, je défendrai les insurgés de Boulogne contre un ieprochc exagéré. Le préfet du Pas-de-Ga-
lai:^, (il aiinonçanUa capture qu'il iivait faite, rouvre sa Ictlro pour ajouter :
« Le capitaine du paquebot nous a dit que » les rebelles avaient bu seiz-e douzaines de » bouteille.5 de vin dans leur trajet de Lon- » dres à Wimereux, Fans compter l'eau-dc- » vie et les ligueurs. Les soldats du 42« prô- ») sents à l'actiou que nous avons interro- » gés nous ont a?sur6 que les rebelles » étaient pre-que tous ivres, d
Voilà bien l'injustice d'un préfet de Louis- Philippe ! Ce n'est pas un préfet de l'Empire qui s'olVusquerait de seize douzaines de bouteilles partagées entre trente bonapartistes, ce qui ne met qu'un peu plus de six bouteilles au compte de chacun!
Je veux bien qu'ils aient paru ivres, mais il n'y a qu'un fonctionnaire pour calomnier
J'ivrr=SL! de l'ciUliousiasmc cl pfiur cuiifoiiclro avec 1rs vaticnrs du vin ces Î3^éii(''reii5i'.s cxciliiiions qui teaaient au scmiaieiil de l'iionnciir nalional.
Et pui>, d'ailleur.-, où serait l'exci]?e, si l'on faisait ces choses-là de sang- froid ?
A-t-on jamais vu des citoyens à jeuD, des hommes réfléchis, descendre gravement de la Courlille? et loute mascarade n'implique-t elle pas un excès de gaîlé? Heureux ceux dont l'excès n'est que l'étourdissement du patriotisme 1
Le commandant de place de Boulogne parle dans son rapport de la bande du prince Louis.
C'e«t là encore une expression fâcheuse, qu'un n'emploie plus d'ailleurs envers les accubés de Boulogne.
En 18ol, on l'apijliqua aux défenseurs de la constitution, atin de prouver qu'il peut
y avoir desbaodes, sans qu'il y ait des bandits.
J'ai ratonlô, il y a quelques semaines, divers épiïodeâ de celte singulière expédition, et j'ai donné des détails du procès sur lesquels je ne reviendrai plus.
On sait comment M. Fiàlin fat modestement embarrassé de l'arbre généalogique des Persigny ; mais ce que je n'ai pas dit, c'est conament il releva la lête, en se defen* dant et en montrant ses certificals de bons services.
« Je suis fier, s'Ccria-t-il, d'avoir piis la » devise de ce généreux roi de Bohôaie qui » vint mourir à Crécy pour lacauiedela » France, cette devise modeste, nais qui a » aussi sa grandeur : « Je sers ! »
En elîet, M. de Persigny a beaucoup servi.
Unie laissemôme reposer aujourd'hui comme s'il avait trop, ou, du moins, suflisamment servi.
La défense du principal açcas('; par Derryer c^iraplera paimi les grands mouvements oratoires de ce célèbre avocat.
Les journaux de l'empire dérendent moins chaleureuseraeDt aujourdhui la mémoire de celui-ci; et ils ont raieoQ, puisqu'on n'a plus besoin do lui. -
Quant au procureur général, M. Fiank- Curé, il eut vériiablement des passages de réqiii-iloire trésexpr.îssifs. 11 mania l'ironie avec esprit. Parlant de ces trente soldais de l'empire nouveau qui avaient si bien bu, il dit :
u 0:1 le puissante armée, elle est tout H entière soumise à votre justice; et quand
» elle a élé drpo'.jllcc du diyjfiiisciinîîit dont » on l'avait lo!! verte, doms avons vu appa- » railre la livn''u de la doincsii'ilé. Piii>, » quand une ordonnance de non lien ù >m- )) vro est Yeni3e jicencii r le j^jos de 'a » troupe, tous cc> soldats, redevenant des » valets, se sont empressés de réclamer » leurs gages, par rentre. nise des magis- » trats. ))
Il n'y a qu'un procureur général de Louis- Philippe pour s'étonner que des va'ots déguisés en héros se fassent payer comme do bons domestiques. Spanarelle n'y met pas tant de façon, quand Don Juan est vaincu dans son échauiïouréc contre le Co;]imandeur, el il réclame ses gages à tue-tôle.
Plus loin, le même ministère public, aussi 6-a/ )c dans ses images que franc ùnus tus paroles, méconnaissant les destinées glo-
ri'îiisos cl fu'iii'cs du vaiiijuour de SoMïuiiio, le délie do loucher à l'épce d'Auslcrlilz :
« L'é()(^c d'Ai]?terlilz! clin est liop lourde » pour vos mains débiles! »
L'événement a prouvé nne M. 'e i rocnrc iir général n'était pas infaillibl», rt qu'au 2 décembre, si l'épée dAusl(r:iiz jarut lourde, ce fut pour nos reins. Mais el!e lut légère entre les mains qui !a fai^aiPTit monœuvrer.
if
Parlant de riiéritage impérial, le magistrat de Louis-Pliilipp3 disait dans sa péroraiïon :
« L'Empereur n'a pu léguer à personne » le sceptre tombé de ses mains puissantes » avant que ses deslin-'^es fussent acconi- » plies!...
» Nous avons été sévère envers vous, » prince Louis; notre mission cl votre critne » nous en laissent un devoir... n
Ces protestations contre la l(^gitiniil6 d'un empiie anlilégilimisle, et ces s6\(^!it^'i^ pour une tentative qui n'éiail qi:e la gonrn.o des idées napoléoniennes, n'ont plus aiijoiîrd'hui qu'un intérêt rétrospectif et ne trouveraient pas d'application. La langue politique a chargé. Ce qui est légitime aujourd'liui, c'est tout ce qui ne l'éiaii pas en 4840; et il n'y a eu de crime commis qu'au 2 ilécembre, par ceux qui s'opposaient *à la rev;incl-c de Boulogne; puisqu'il n'y a que ce^^x-là qu'on ait fusillés et déportés!
Il est donc fort intéressant de relire aujourd'tiui ces procès. Ils fecUfient nos jugements sur Lien des choses ; et, en niontrant dans la vaso l'extrémité d'une b3S':'n!e qui porte à son autre bout l'insurgé de Boulogtio rayonnant dans l'aimosphérc lim|)iJe des demi-dieux, ils nous mettent égalemciit en défiance contre les vertiges du succès et contre les amertumes de la défaite.
L'empire est un enseignement quotidien;
et la patience n'est pa^ la moindre des leçons qu'il puisse nous donner.
On dit que dix mille exemplaires des procès de Strasbourg et de Boulogne ont d(^jà élô vendus.
Les connaisseurs assurent qu'en comparant le 2 décembre aux autres journées de Strasbourg et de Boulogne, on est frappé du progrès merveilleux accompli dans la stratégie. Cette fois ci, rien ne manque et rien ne ra(9,ni les mesures, ni les fusils. Les gens qu'on lue sont bien tués, plutôt deux fois qu'une, et tout, depuis les ambulances jusqu'à la commission consultative, tout a été noté, préparé, huilé d'avance.
C'est un hommag.^ qu'un de mes excdlents confr.res, M. L(^o Lesp^s, a rendu bien avant moi à la SLigacilô du prince présidenl. Jesuis l.eureux de trouver tant de justiciî et de franchi-e dons un chroni'iueur dont le nom est p ipu'aire.
« Comment, dit l'iiistorien du PeiU Jour- )) nn\ (1), la postérité jugera- t-ellc l'acte du )) 2 décembre?... rSous n'hésitons pas à le » déc'arer, l'événement du 2 décembre.
» comme acte d'audace et de sang-froid » dépasse l'énergie d'i 18 brumaire, auquel » il a été comparé.
» La grandeur des détails embrassc's n'a
(1) Discours iioliliqufi, anccilodqite , philosophique de la preiiuèic présideme du priuce Lûuis-Najoli-oii, par Léo Lespùs,
» l'ait oublior aiiciim» dos miniilio^ ayint » pour IxjLd'cmpiV'liiM- lo dt^-îonlre ot !l'(''vi- » tor l'fH'iirîion du sancr.
» On s'empare dt^^ personnigos dangc- » reurr^ mais il ne tombe pas un cheveu de » leurs tîHcs.etleurs rapports avccle.^ m.in- » bres de leurs familles sont imuiôdiale- » ment réglcmenlôs.
». 0:1 occupe militairement les impri- » merles alin d'empôciier tout placard sôdi- » tienx ; mais une alTiclie appo?('3e dans » cliacun des ateliers informe h s ouvriers » que l'Imprimerie Nationale a de l'ouvrage I) à leur donner. Ou dissout le pouvoir par- » lemenlaire auteur dusorages que l'on vient » d'éviter, mais un conseil co-^sullatif est » immédiatement nommé alin de rendre hom- » mige aux esprits élevés et aux cœurs droits » de la fraciion éclairée de l'A-semlih'e II- » CiMiciée. »
Il faudrait avoir le caractère vraiment mal fait pour ne pas admirer cette recherclie de l'équilibre et de la compensation. H est fâcheux seulement qu'oii n'ait pas trouvé le moyen de faire naître ce jour-là autant d'hommos qu'on en tuait : tout se serait trouvé dans l'ordre. Quel esprit pratique que mon confrère Léo Lespôs!
11 me permettra pourtant de lui soumeitre une légère observation.
Il dit ailleurs :
(( Si la loi Pracié (la proposition des ques- » leur?) était votée, le commandement de » l'armée passait à l'Assemblée. Le président n désarmé allait couchera Yincennes, et s'il » résistait; la Iliate-Cour Vemmencità^ou- » kahiva, à m.oins qu'un attentat plus grand » ne délivrât les partis de l'homme qui leur
» faisait obstacle... Ti fallait frapper on cire » frappé. »
Ja sais bien q:jo j'.'gnoro beaucoup de ciiosps; mais je ne crois pas, en admettant, toutes les iiypoliiùscs filiales au président, que la llaute-Co :;r eût jamais pris la précaution de /'e.>n??jcnt'/-, elle-même, à Noukahiva. Les juges pi'litiqucs envoient îi la di'^portation, mais ils n'ont pas l'iiabilude d'y co!iduire leui'S ja<ticial)les. Quand ils font le vovcige, c'est pour leur compte.
J'ajoute que supposer la menace d'un assassinat, c'est faire preuve d'une imagination bien tragique. Nul autre n'a 0.^6 dire,
parmi les loiiangeur? du coup d'I'lat, que les agents du 2 décembre te sont subslitiiés à des a^sa>sins :
On rcslaiire la c:lia|it'llc du clial'-au de Vinccnnt'S. Mais la piélô n'ira pas [iliis loin, et c'cï-l à turl que l'on sallcntlait .1 un petit monument expialuirci danslcfos^ô.
Lo duc (l'Enghien était plus coupable que le maréchal IN'ey; il n'aura pas ?a slatiie.
Il serait, d'ailleur?, contraire à la tradition de manifester un repentir que Napoléon n'a jamais ressenti.
Après l'cxéculion, comme Paris s'étonnait de ce jugement rapide dont la cause lui cchaipait, Napoléon dit un jour :
« La population de Paiis est un ramas de » badaud;^ qui ajoutent foi aux bruils les » [tlus ridicules. IS'ont-ils pas imaginé de » dire que les princes sont cachés dans l'Iiô- » tel de l'amltas.^ade d'Antriclie? Couinie -^i » je n'(»;>crai.- lis aller clierclK r dans cet » at^i'e? Soui es-nou à Allièncs, où lescii-
)) miuijls ni3 |ouvaciil ù ic [ oursuiv's J.mis » lu Icin.lc de Minerve? »
{Opinicns de N po'dnu recueilli' s par le baron Pek', au rontelld'Et iL)
Mais l'enlôU m nt ii'e\( lai pas le re nui d .
Un aulrc serviteur de J'Kmpire, le comîe de Lavaletle, dans ses M^mo'ues et souvenirs, rdconlo, page 23, que Bonapar'f^, Forlarit de sa bibliollièqu-', à Saint-Clojd, aperçut un buste du grand Con 'é placé dans un passage qui con lui.>-ait à son cabinet. Il dit à Hipault, son biblio'héca'rr, d'un tonbrusiue et d'une voix ngitô^î :
— (( Qu'on porte co bus!e ailleurs ! »
Ou comprend cela. L"s g< ns qui d Vid nt arliliraircmeni de la v e (!c^ a ilr- s .niriie .1 trop beau jeu s'jj n'y a^ait |a> parluis rur leur route des bustes, dc.^ sLitues, d s mo-
fiumeots pour Irur rappeler le meurire et leur faire peur de la justice.
Vendredi 18. — La cour est revenue de Conipiègne. Les comédiens ne se déplaceront plus. Jamai?, s'il faut en croire les journaux, il n'y eut une curiosité si avide ûe 00 itempler les traits du souverain et do s'assurer qu'il se porte bien.
Quelle joie d'ôlre aimé de la sorte, s'il ne se mêlait à cette salisfaclion la pensée philosophique de servir par sa mine de thermomètre à la confiance et de baromètre au.x atraircs!
iM. E. Nu?, comme jG m'y attendais bien, déclare qu'il n'a pas ùié à Compiôgne.
D'aillcur?, i! n'est pas ddcor*^,' je croi?; et i! n'eût pu s'asseoir par conséquent à la môme table qne son collaborateur. Cela ( ût conf?i;!érablomen( jitlrislé et biimilié celui-ci.
Un journal assure qu'une aup-u^fe pei
sonne a le goût de la c nica'uro, et qu'oUe s'y ndoiiTin av» c 1 n l. lonl ',à dôpas?er Cham et Dai.iiiier.
Voilà le scnlimcnl artîsfqnc que développe la fréiuentalion des hai'tfs ppb(Vos ! L':ipi renti^?ago des honneurs est l'apprf n- \U a-T de> li.licules et des laideur?.
Je rccon m.ndi) à ce crayon philosophique une esquisse de M. Du pin.
Comme un ami reprochait à feu M. le procureur général d'avoir accepté quelque chose de ceux qui avaient confisqué les bi< ns de ses anciens maîtres :
— C'est iûsupporlable l s'écria M. Du pin ; jusqu'à ma cuisinière qui me faisait de la mo aie ce motiii.
L'. xrlamaii 'n mo yarati ?ublime.
Le?urques reslc; llôti i par les lois cl vorigt^ par l'opinion. Le dô.-accord entre lajuslice (t la conscience Fe maintient et s'agrandit. Je ne crois pas que c-;; soit nn avantage pour la justice, puisque nul n'oserait dire que cî sera une disgrâce pour la mo moire do Lesurques.
DL^cidé.nent, le liieilljur moyen dt; bi.m Hf/ir envers un i(moC(Mitest encore d(î ne pas le p:uilIo!irier. La piMne d(i mort est ailcinte nue Cuis de piu..; p n- ( cl :iit(H.
11 n'y a qu'en maCière d'aliénation mentale que les tribuaaux humain; ne se irompcnt jamaiî.
On a pourtant parlé dans ces derniers temps de séquoslrati^n arbitraire, de fou?, de revendicaîioo ; mais vous verrez que tout cela se dissipera ; qu'il n'y aura plus dans Paris que MM. Sandon, Péclei et quelques autres, pour croire à la folie.... des méîecins.
Chose merv.'il'eus;! Quand un aliénis'e dépose dans une alVairc crimiuelic et aUe> e la folie d'un accusé ; omme il s'agit de Técharaïul, on n'i coûte pa-^.
Quand il certifie, pour un besoin d'ordre spécial, de politique, qu'un citoyen qui n'est ni accusé, ni prévenu déraisonne, on s'empresse de l'écouter.
Si bien qu'on est plus souvent fou dans ce monde, pour perdre sa liberté que pour sauver sa tôte !
M. Sandon, qui passa pour fou tant que M. Billauit passa jiour sage, a demandé l'autorisation de faire des conférences au boulevard des Capucines.
Comn:c M. Sandon est un orateur sans position, quidésircutiliserson taient;comme il devait s'appliquer à faire preuve de droiture et de raison, M. Duruy s'est empressé de lui refuser l'autorisation demandée.
M. Sandon a moins de chances que le décapité parlant, qui a tenu ses séances au mémo endroit: peui-ô;re pourtant a-t-il offert de placer sa lôte surlo billot
Voici ce que je lis dans Paris :
(I Une petite fille, une enfant de onze ans » à peine, appartenant à l'une des plus no,- » bics maisons de Fiance, a été victime d'un )) attentat infâme do la part d'un \alel de » chambre de confiance et est sur le point » de devenir môre.
» La famille est dans la consternation. »
Je n'insiste pas sur la douleur épouvantable qu'un pareil crime peut causer. Je ne veux pas auf^menlor le di'î^espoir h^gilime des parents, que je ne connais pas ; mais ce
lail n'est pas nouveau. Les assises nou? en ont r(H'(M6 plu.-ienr?, et j'ai !e droit do demander si les liabitudes sociales, les dis- Iraclions mondaines, rindiUénncc pour lY'd'jcation des enfants, ne donnent pas plus de chances aux audaces de ces Don Juan d'antichambre ?
Le proverbe dit : « Tels maîtres, tels valets! 1) Ce qui signilic sans doute que nous devons moraliser nos domestiques, llôlas ! les malheureux copient les mœurs qu'ils voient, et mcltcnl à profit les' leçons qu'ils écoutent !
La jolie sociélô !
f$»nie(li «9. — Il paraît que l'Empereur et rimpi'ratiice vont lri:tr Furies fonis
baptismaux le? cloches de r(''gli?e Saint - Ambroise.
Ma petite cloche n'est pas jalouse de cet honneur; elle a d'ailleurs reçu, elle au?si, son baptôffiG, et voici les dragées.
« Commune deSt
» A Monsieur le directeur de la Cloche.
n Monsieur,
)) A l'unan imité, le Conseil, dans sa séance » d'aujourd'hui, a pris en considération la » pétition signée par 31 citoyens de la com- » mune qui assistent aux conférences de » notre digne instituteur, et qui demandent >i qu'on les aide à recevoir la Chche, pour » servir à kur instruction,
» Vu les bons sentiments de ses adminis- » très, le conseil di'cide que l'abonnement à » lACloche Fera aux Trai^ de la commune; il » sera porté au chipitre 2 « lastrucfAun pu ■ » bîîque »
Je suis trôs-flallé de cetie dislincljon, d si les trento-huit mille communes de France voulaient la r.^péter, ma modestie be ré.-igi^erait. Je ne doute pas que M, Dirruy n'encourage ce goût delal(cture, (juiifangmcntera pas d'un centime le budget de 1869, budget de 2 milliards 200 miili» ns!
Le Moniteur annonce un changt-mcnl de ministres, et cotte pcti;(i rc^volution susci le plus de commentaires qu'elle n'en mérite.
Je crois cependant que l'unité du gouvernenient i^e furlifie, puiM|ue ce sera absolument comme ti M. ilouhcr était toutircul.
Oj hcA pas eiLic M. Pinard fût ponant ; ^lai^ il ôlail au nioiiis {^ùnù, et i! avait quelquefois (les Yclléit's dindc'pen (lance (jui étoiinaienl autour de lui, Quaut à M. do Wouslier, il gênait réellement, puisqu'il occupait une place qui allait à merveille au beau-père de la fille de M. Rouher.
Faut-il Illuminer pour cette petite fête de famille?
On voudra bien me permettre d'ajourner l'achat des lampions jusqu'à mou quarantième numéro.
Puisque, dans ce monde, chacun procède par égoïsme, j'attendrai que M. de la Roquette m'ait laissé parler, sans chercher à m'intorrompre, aussi longtemps que j"ai parié sous M. Pinard, pour savoir si j'.ii perdu ou {^-'gndi quelque chose à cette substiuilion.
Pinard ou la Pioquclle, qu'importe? Si le
sy^tcme, au l'und, iic cherche (iiic lics ius- Irumerils plus souples, sans chercher une direclion nouvelle? Ouel minislrc verronsnous à la place de !a lloqiiotle?
Je n'en sais l'icn ; mais il paraît cju'il faudrait sérieusement s'alarmer si le minisièrc de l'inférieur échéait jamais à M. Jérôme David. Ce sérail alors le minisièrc à tout casser.
Bénissons donc la providocce qui nous épargne encore.
M. Pinard a été dur pour losjournau.x.Oa met à son comp'e aussi l'expédition du .S décembre. Mais, je m'imagine qu'il n'eût pas entrepris cello C7.périenco dans le vide, si Il s rai)porl3 de la police ne Toussent égaré. Je m'étiinne donc que M. le préf" t de, police garde son poste après les fausses nouvo'les qu'il a transmises à son ministre.
M. Pinard doit screpeniir aujouidliui de n'avoir pas donné sa démission, il y a huit mois, quand M. Rouberlui faisait subir toutes sortes d'iiumiliation.^, entre autres ctlie d'avoir un chef de cabinet de sa main.
?>lais il faut savoir gr^é à l'Iiomaie qui descend du pouvoir sans accepter de salaire pour sa disgrâce et de compensation pour son amour- propre.
Cela est bien facile, dit- on. Eh bien! non, puisque cela est si rare. M. Pinard est le premier ministre éconduit qui se sera retiré les mains vides et le do> libre. iM place, ni C'inquant, il a lowi refusé; ii '^levient avocat comme au début; il n'a pas (c'est son mot) voulu être enterré vivant. 11 veut vivre, au coniraire., vivre de la vie politique.
Si M. de la Pioquetie me fait poursuivre, irai- je demander à M. Pinard de me défen-
(Ire? Je n'en sais rien, Mais ce que je eais, c'est que le ministre qui sait si l.-ien sorlir n'était évidumnient pas fait pour rester.
Sans doute, rExcellence décime n'a pas refusa le Sénat, comme le bonhomme Ducis le refusait sous le premier Empire, [ar dignité; mais enfin, il l'a refusé.
On a dit par erreur qu'il prendrait la place de M. de Barbantane', lequel ne va plus à la Ctiambre par une singulière raison, pour cause de dérang(=!n<'îit intellectuel. C'est avec M. de Chiscuil, député, d'ailleurs, de Saône- et Loire comme M. de Barbantane, et compati iote de M. Pinard, que l'accord a été fait.
Il ne minqaerait pkis a M. Pinard qi;e de voir son élection combattue par le ministère.
Ne nous troublons donc pas do ces lIuuigemenls de rôles dans unr pièce qui rcrle invariable au répertoire.
Que la religion de la presse soit, Fclon saint Paul ou selon M. Sencier, qu'importe, puisque les saints auxquels nous devons des niches restent les mêmes, et puisque ia Providence avec laquelle la France a fait un bail n'abdique pas !
Oq me pardonnera ces comparaisons empruntées aux choses sacrées, quand un se rappellera que M. Sencier, ancien préfet du Nord, est, non pas l'inventeur, mais le vulgarisateur de la Trinité impériale. Si cet article de foi est en tèle de son nouveau catéchisme, je doute que tous les journaux se convertissent.
M. Sencier a un autre mérite ; il est tièslort au billard, et nul homme d'Kiat ou nul garçon d'estaminet ne peut lui en remontrer en fait de carambolages.
h) ir tiii [ouc iuiiiiair.', c'est Ki moitié il* kl vin'aliuîi.
M. de iMou;{icr qiiiile la place, fclon ses lladeurs, {)arce qiril était le fcul pour cnlendre quelque chose aux alFains d'Orient (jui se piôparent; selon ses ennemis, parce qu'il était lellcuienl absent toujours de au miulstèra qu'on a voulu consacrer une bonne fois celte fciç )n de po.itiipie à la Ben Jtou, on l'envuyjnl à la cantonade.
L'ii soir, il y avait ^M'ande réunion im minislère des allaires élianyèri s. C'élail à l'éi'oque de Mentaiia. M. de Moustfei', aeea-
blé (les gracieusetés du ncnce, s'en éluntu devant un de ses invitas, qui lui dit :
— Mais vous ne ?avcz donc pas q!;e la flotte vient de panii?
— Tiens I c'est vrai... vous avtz rnison, balbutia le ministre, qui, pnraii-il, ne sava't rien de ce grave événtnieut ou l'avait totalement oublié.
Je crois que M. de Moutlirr a austi manqué l'occasion de donner Ea démiirtioT] plus l(5t et à propos.
j\!. le marquis do î.a Valctle, qui, précii-ément, donna sa déiiiission à l'occasion de Mciitana, revient sur i'i.au fans qu'on ait retiré les troupes de RuraeeleffdCéMentana.
Mai?, s'il fallait rostcr log'iqup, on no do viendrait jarnais mi(ii>tro.
Pour (égayer ces détails sur dt? ministre?, qui ne sont pas drùlet^, je mo permet? d'ouvrir une parofitliè.-e et de raconlM' ce qui advint à un homme d'Ktat dont j'ai oublie'! le nom, daiis un pnys que je ne nommerai pas.
11 prenait du venlie. Vn homme d'Elat qui ne Tirend que cela e?t bien discret. Mais enfin, avec du ventre on n'est pas sûr de plaire toujours à la beanlé, eût-on, hélas ! encore p'ur; de cjear que de venire.
Le minisire en question voulait pliire... 11 aHa trouver ?on médecin.
— Faites de IVxcr. ice, Excollcnco, faiios do l'exercice.
— C'est facile à dire, mais je n'ai pas le temps d'aller me promener.
— AIor:=, faites de l'exercice chez vous, au minisière.
11 paraît que rExcelIcnce replète trouva moyen de résoudre le problème ; car, un jour qu'un grand seigneur se présentait chez une certaine dame, il fut tout surpris d'apercé voi'-, au l)eau milieu du salon, M. le ministre, en bras do chemise, le IVont ruisselant, qui frottait l'appartement, par galanterie et par hygiène.
Depuis ce temps-là, on Irouve que son ventre est un peu lomb«''.
.M. Gressier, le nouveau minislic des Iravaux publics, fait déjà travailler la curiobiK^. Parce qu'il n'Ctait que (Irpult'; avant d'accepler un porlefeuille, certains journaux crient au léveil du parlementarisme, et voient déjà poindre Taurore du jour où le gouvernement, pour flotter avec l'opinion, prendra ses bâtons flotiants dans la majorité des Chambres.
Je crains bien que les amoureux du régime parlementaire n'en soient pour leurs rêves i)'atoniques. Il fallait bien {irendreun ministre quelque part. Le personnel n'est pas infini. On l'a choisi comme Louis-Philippe fut choisi, non pas parce que, mais quoique député.
M. Gressier était député de li Somme.
iM. Sencier, préfet de ce département lors de la cmflidalure du nouveau ministre, voulut le dissuader do se présenter. 11 lui objecta qu'il n'avait aucune chance. Entêté et peu facile à démonter, M. Gressier [lersisla
et se fit fVabord nommer maire, puis conseiller général, si bi^n que le préfet se hâta de le prendre pour candidat. N'est-il pas dommage que rExcellence ne se Foit pas souvenue de cet épisode, et ne se soit pas empressée de prendre M. Sencier pour chef de son cabinet, en coupant l'herbe sous le pied du ministre de l'intérieur?
Dans la dernière session, IM. (jlressirr a dit des choses fort dures au ministre de la gnerre, et l'on assure qu'il ne se gênait pas jusqu'ici pour criiiqner î'oj^ivre de M. Ilaussmann.
Mais M. do l.a Valelle, qui est Dn tu-nime du monde, rimmanise.'a par le fiotleaiînt. D'ailleurs, il a déjà bien changé de caractère, d'humeur et d'opinion. C'est un ancien conspirateur répub'icain.
Entré à l'Ecole Polytechnique, le cent vingt sixiômo, en iS'i-2, il fut obligé de quitter l'Ecole Tannée suivante. Son nom figure au procès dit de la rue des Trais- Couronnes. (Conspiration Kersausic, Raspail,elc , en 1833 ) L'acte d'accusation rapporte qu'un fit de? perquisitions cliezuîi des conspirateurs.
« On chercha avec soin dans la maison, » et, à deux heures du matin, l'insprcleur ,>) de police Vileî finit par découvrir dans le » grenier, an fond d'un étroit réduit, formé n et caché par des poutres, quatre élèves » de l'Ecole Polyt'^chr.i iue : Latrade, Du- » boi^, Fressay, Gresslcr, en uniforme, et » Civlus, en habit bourgeois. »
Et plus loin :
« Eugénie Ln.ngi' i> a été vu;"», dan^ le
tt courant do la semaine qui a précédô le » 27 juillet, O'^cupt^e à fooilrc des bal le.^ avec » uiijoiino liomiiiiHlont io signalement ^'ap- ») plique à Sarda. tllc-niôme a déclaré au » commitsaire de police Ilaymonnet, devant » l'expert Méro et un inspecîeur de police, » qu'elle avait été chargée par Laurent d'a- » vertir les élèves de l'Ecole Polytechnique, » occupas à fabririuer des balles, dii l'arrivée » du commissaire, ce qui a é:é confirmé )) par l'élève Gi-cssler. »
Je n'ose pas prétendre que M. le ministre des travaux publics a gardé la foi de sa jeunesse. Il fait partie d'un gouvernement composé d'anciens conspirateurs restés, lidèles à l'objet de leur conspiration. Ce doit être encourageant; mais ce n'était pas au profit de l'Empire qu'il fondait des halles. Voici ce que je trouve tUins le n'qui-iloire d(; l'avocat général :
« Le l)ut de la so -iété se révèle par le » titre des dives iMutV, qui se nom-
» maifnl: Comit(''S de Maral, (ïc. Coiilhon, n (l(>S Sawt'CiiIolfrs, du 21 janv]r)\ (■[ des » liinicidifs de Saint -Méry. n
if if »
Voilà, cerlos, des tilcc.-^ signilicalifs. Il ^o rail diriicle à iM. (înîrsioi' dt^ l'iiri' parmi J(S liauis fonciioiin.-.iiis des; ii-crucs ininr ces divers co!iii[t.^s. .\1. Ildu>^iiiann, à cause de son aïeul, ne voudrait pas Oîrc du comité du 21 janvier; niciis il aurait peiil-Clrc un faible pour les barricades de iM(!My... sur-Oise.
Passer du club des Sans-Culolles à la ?oci6t''ï des culoUcs courtes, c'est faire du i>rogrôs dans l'art du costume.
On ne Irouviî pMis le nom de M. (Jr(^s^i(M• dans le rtsle du Mocès. Mais cela sidTil. Il (|Uilta donc l'Iv-ole l>()lyteclini(|n.', entra à l'Kc.ole de Droit, -e. (il avocat, il, en celte
qnalilé, devint le gendre de M. Chsix-d'E-t- Ange CV.-t un oraleur ^^jinple, positif, p-atique, qui dit neticmeiit, mais avec une voix voilée, ce qu'il vent dire,
Qiant à ce q-Yll veut- faire, nous allons raj)i)re!idre; on n'en siil rien.
Le Figaro public ds notices parfois piquantes sur les députés.
J'ai entendu dire qu'on s'était ému aux aliMitonrs du président de la Chambre pour connaître la source de.=; renseignements p.irrAilcm 'Ut oxicts transmis à l'auteur ; el qu'une enq 'ôie sans résuliat avait été lait-.
0.1 m'a assuré ;^i]s>i quo, ina'grc l'(xnclitude, ou peut êlîo n.ûincde {-.(jur de lixacli[ude de ces notes, quelques-uns des députéi avaient pris la précaution de In-wmeltre eux-?iîÔ!rî'^s au faiseur de portraits les petits pots de couleur avec icfqueisils voulaient être peints.
Dssïaasacîie '19. — Où s'arrêtera l'art de la ^'uerre ? Voilà qu'on parle d'une nmic do preci-ion garni' d'un^; lunt'llel'ai.)[iroclie qui permettrait de luer à une effroyable (listance avec antarl de netteté que S' l'on tirait à bout portant.
Plu> de pondre perdue; pins de bh Srés ; rien (iue des niur:s, ce qui timilifie le service des anibuiances ; et si, ce (ju'à Dieu ne
l'iiii^e, cIkz imy (IrMindanls, l'nixu'rie- Jiicll.iil, jaiiiii^ ;ii!,\ pris; s les buîit;4<i;is et l'ariiiLH', i>n voit loul do i^uilo le |iaili qiiu pourrait olFrir celle découverte.
On irallcndrait plus les insurgés sur les barricades ; on les préviendrait en les tuant chez eux par les feniMre?, grâce à la lunette d'approclio.
Il est bien évident que si l'expédinon de Boulogne avait eu des lu.'^ilà munis de la longue vue, ou n'tùt pas été réduit à décharger un pistolet comme on !'a fait ; mais, de l'/ipv d'avance, on eût, Tiil un cliuix de Yictiuies nécesi-'aires parmi les officiers gêneurs de la garni.oii.
Mali ce qui n'a [tasocivi à Uoulo.-Miepn.il servir à Par^s.
M. do Rosny, proIVssotir do japonais à la bibliollièquo do la nie Richelici), voulait, dit-on, faire son cour^ aprôs quatre heures.
Les gens q\n ont li^ goût du japonais ne sont libres qu'à celle lieiirc-là.
M. Tasclicreau relusa obstinément de coU'Jcscendre à ce d^'sir, et il prélexla av c beaucoup do raison (pi'il l'an 'rail des lumi(''res et que le dépOl qui lui est conliô pourrait courir des li-quis.
Cette peur do la hi!nièr(^ sinalurollo dans un con.sorvaleur d'. hiu i jlhè(iue, l'orra iM, de liosny à s'incliner.
M.iis (|uel ne l'ut ().id rélonnenionl do celui-ci quand il appiit que, si on lui avait
refusé Tau lorisalion d'eiisoigncr le japonais après quatre heures, on avait paifailrmcril autorisé un cours d'cicrirne et de bâton?
S'exposer h brûler pour l'atnour du bâton, à la bonne heure ; [nais pour l'amour des langues! jamais !
Il se fait un peu de bruit dans le Landerneau littéraire à proiiO< ûu fameux décret de Moscou réglant les droils el les devoirs de la Comédie française.
Un comité a été noniiné pour rechercher si l'organisation actuelle n'otfrait pas trop d'inconvénients au point tle vue de la réception des ouvrages, et s'il valait mieux, pour
juger les pièce?, un romitéd'(^erivains qu'un comilô de com(!'dien>'.
.Quelques refus récenls ont molivô celle enquête.
Pour ma part, je n'hf\sile pas à dire que do toutes les invenlions, les innovalions clierchf^es ou à cherche^; iv.rganisation actuelle est lan^ioins dcfectueuoe, et je préJis qu'un en restera Jà avec quelque semblant de perfectionnement pour dissimuler le stalu quo.
J'ai, je le crois, de bonnes raisons t'i apportera l'appui de mon adhé-im, des ra'sons toutes déîintôros^ées ; car, si j'emboitais le pas derrière MM. Latour de Saint -Ybars et Edouard Fournicr, je pourrais, moi aussi, me venger d(\s rigueurs de ce comité.
Mais si les acteurs de Sa Majesté se sont trompés, comme l'avenir le dira, en refusant
la pièce pleine (raclualilé û'Alcxamlre-lc' Grand et la trag(^die à i m pression de Gutenhercj, il faut conveiii- qu'en gi'néra! il'^ n"ont rôpudij aucun aulre chef-d'œuvre.
L'opposition a sa !é;^cnde dans laquelle file (ait entrer la iùjuc, Lucrèce, VHonneur et l'Argent et les Sceptiques.
Eh bien ! la C'ujuë n'a jamais été refusée à la Comédie-Française, par la bonne raison qu'on ne l'y a jamais présentée, pas plus (\MQi Lucrèce ; c'est l'Odéon, au contraire, qui doit se reprocher un premier rt fus de la pièce d'Augier et de la pièce de Ponsard. Lllonncur et l'Argent, loin d'clre repoussé, malgré le légiiimc lieu commun de la donnée, a été reçu,, et c'est Ponsard qui, ne voulant pas attendre, l'a repris.
Quant aux Sceptiques, reçu à correction, je suis de ceux qui ont applaudi énergiquement, au théâtre Cluny, cetie œuvre virile ôc Félicien Mallefil e. Mais, consuKé dans
rinlimilf^ par le vailhint ol inll'oxihlo ('•crivain, j'avai?, je ravniie, i^mis lo mi'^mo vœu quo coiiii du comili'; et j'avai;^ deman'lô un aulrf! dénouement.
H n'est donc pas vrai de dire qu!^ le cofiiiti^ n l;ii??('! (échapper des rnnvre? ("liiincMiîe-. et je lui î-ais gré d'avoir jouô certdnrs [tièces sujerbes d'Augier devant le.■quelIe^ un directeur eût reculé et un comité eût frémi.
Ce que l'on veut, l'adjonction du CTpacités, a été tenté plusieurs fois- sans réussir. Une indulgence d'hommes du monde ou une févériki de pcirli-inis littéraire, voilà ce qu'on a trouvé et ce qu'on trouverait ( ncore.
Laissons à la sagacité de l'cxf-éiience dramatique unie à la voix nécessaire do rinlérèl personnel le s-oin de choisir les pièces (pji peuvent 'é!i;->ir. Il n'y aii<'n de plus siîhlil, de plus i!!'éideux (pin l'égoïsme, pour dé.'.ouvrir c^'. qui laii sa forliine et
— Basa gloire ; et on ne ine fera jamais supposer que des gens qui vivent dans la familiarité de Racine, de Corneille et de Molière, dans des rapports constants avec les premiers écrivains dramatiques de ce temps-ci, en admettant môme qu'ils soient dépourvus de toute instruction, soient incapables de juger M. Litour de Saint-Ybars, mon excellent con flore Edouard Fournier ou moimême.
Cen'tstpasla querelle qu'il faut faire.
Démolis^ons la censure : tout l'ennemi e--t là, il n'e^t que là, et faisons des chefs-d'œuvre si nous le pouvons. On trouvera toujours des comités pour les recevoir et des ac'eu.'s pour les Jouer.
Mais on n'a pas encore invtnté !e moyen de faiie des chefs-d'œuvre à volonté, et c'est décidément ce qui nous manque.
LmescIb, SI. — Un jeune procureur impérial vicnl de découviir une application aus?i ingônieuse qu'inallccdue de la loi de
Six pharmaciens de l'arroodisscmenl de L.. iont déférés au Tribunal correclionnel comme prévenus d'avoir ppUqué des manœuvres à riuîéficur,
0.1 ne saurait trop louer !a vigilance de la [)olice qui, rna'-jré ce qu'il y avait d'intime d:i':S ia praliquc di;; ces manœuvres, est parvenue à surprendre trois des délinquants, les armes à la main.
Cesarmesont été saisies et figureront parmi jcs pièces à convicU( II,
Le délit étant mieux CJiractérisé qu'aucun précédent, les débalâ oll'rirunl peu d'intérêt.
M. Gustave Lani])ert continue à faire des confèrent' s et à solliciter des souscriplions pour son voyage au pôle INord.
A la honte de notre temps, de noi ministres, de nos sociéK^s savantes, le Itardi voyageur n'a pas encore pu Irouvir les 500,000 francs nécessaires à une ealn prise si glorieuse.
Il offre sa vie, il iiromol à ce régi;ie, qui
r(;.-lLT;i [jinctix piii' rjibscnci^ lulalc tl'iriivrc'S (lo i,n''iiic, (le lui cuiniurrir uikî jwiIiik! immoiUllo. Mais, comme il no .s'airil (pK! de scii-ncc, que d'hum wiilô, (luedespéciilalious idt'al''^-, le-; 6c'io.> re.-tciil sourds,
M) ! si iM. (îiislave Lambert prometlait seulement les IVonlières du Uhin, ou se remuerait pcut-(Mre ; mais planter le drapeau de la France à rexlr(^mil(5 du monde, qu'estce que cela nous fait'? Nous ne travaillons pas pour la post(^ril6.
On le voit bien, c'est pour cela que la jeunesse soullVe et que l'avenir fermente !
Encore quelques m.ois de lassitude, ûcùi]cepions etiM. Lambert, dégoûté d'une pairie ([ui ne vent pas (pi'on au^'uiente son palrimuin; de gloire, ira demander à d'autres pays plus soucieux de leur honneur
l'empriint de la science, le vaisseau des Argonautes de ridée.
Ri^marquez bien qu'il ne s'iigit que de quelques centaines de mille franc-; que s'il était question de doter la veuve d'un fonctionnaire ou d'encourogcr dts chevaux, on préîCatirait une loi, on mettrait le Corps législatif en demeure de se prononcer ; et le Corps législatif vot'jrait, les mains ouverte?, les yeux fermés.
Si le dernier des Oiieotaux, pour renouveler sou sérail, jetait (laos nos carrefours raonoiîce d'un emprunt, il se trouverait des voix puissantes, dcsc 'udant de haut, pour recommander un placement indispensable aux pères de famille; et les millions affluerii' nt.
Mais, c'est au pôle Nord que M. Lambert veut aller. 11 n'y a pas de sérail là-bas, il n'y a rien à gagner dans ces glaces, rien que des fatigues, la mort et ri.nniorlalitô.
Aucun père de famidc raisonnable ne peut risquer de l'argent pour uLe entreprise qui
nous a df^jà coûte le licut* nant Pjelîot.
ieK»2°Jâ 28. — On ne peut vraiment pas dire que le 2 décembre ait porté bonheur à tout le monde.
S'il a conii)roniis la smlô duô |,'cns qu'il a surpris dans la rue ou ([u'il a envoyés à Cayonno, il est loin d'avoir garanti à ses principaux auteurs les avantages d'une sanlô inallOrablo et florissante.
Saint -Arnaud est mort, M. de Morny est mort, et voilà qu'un compatriote de iM.Maupas m'écrit que ce dernier est malade.
11 est pourtant, de tous les travailleurs de ce jour fameux, celui qui devrait être le moins troublé par l'inquiétude, puisqu'il était destiné à agir ce jour-là et qu*il est né, en effet, par une attention de la Providence, le 2 décembre 1817.
Mais M. Maupas n'a jinuii< pu ylllM-mir SCS entrailles contre ccrtainco émulions. On
sail (;oiiil)i")i il iHail ri(!rvou.\', ."igik'', souffcanl, p('iiJ:ini le cnij) irKliit. 11 a t-ufli de l'a[>[)!irition du livre de M. Ténol \n)nv renouveler toute? les cingoisjcs de IHol. Devant celle évocation de son œii'Te, l'artiste modeste .-0 sent |)ris des mômes fièvres que le jour de son premier concours.
Cela lui Tciil un peu d'honneur, mais n'unnonce pas un tempérament solide.
On ne sait jamais ce qu'un doit ehaiilcr sur le passage de nus souverains. Le beau Danois est passé de mode et la conceidiun d'un chant naliunai ( si cIio.:C diflicile.
Pourquoi ne pis 'l'co'jrir aux bouvcnirs du premier Empire?