‹ La cloche [microforme]Chapitre 3 sur 3 · NAPOLÉON LEGENDRE — LA CLOCHE · texte numérisé non relu

NAPOLÉON LEGENDRE — LA CLOCHE

Au nom du Dieu vivant, prononce la parole De bénédiction sur l'airain vénéré

Qui retrouve à sa voix son baptême sacré.

Puis le chœur et la foule entonnant un cantique, La eloche, lentement, le long du haut portique Monte vers son clocher longtemps silencieux, Pendant que le village ému la suit des yeux.

Hélas !ils ne sont plus, ces vaillants qui naguère L'avaient menée au loin, dans cette rude guerre ! Ils dorment, maintenant, tous, sous l'épais gazon D'un cimetière, où bien près de quelque buisson, Loin du village et dans une fosse isolée.

Mais, où qu'ils soient tombés, leur âme consolée Doit s'unir à la joie immense de ce jour

Et tressaillir, au sein de son dernier séjour :

Car on entend, mélés dans ce chant qui s’élance Vers le ciel, tous les noms de ces soldats de France Qui, sublimes, marchaient, quittant tout, pour ne voir Devant eux qu'un seul guide austère : le devoir, Et ne garder au cœur, — à sainte idolâtrie ! — Qu'une seule et suprême image: la patrie !

Page 1