ÉPILOGUE
C'était aux derniers jours de mai ; sous la feuillée, Entr'ouverte déjà, la nature, éveillée
Au souflle du printemps, jetait dans les buissons
La chaude sève avec les premières chansons.
Dans les trous des vieux murs, parmi les longues mousses, Au bord des toits de chaume, ou sous les branches rousses, Les vieux nids se paraient de nouvelles couleurs
Et, partout, s'emplissaient de suaves rumeurs.
Les ruisseaux promenaient le bruit d’une onde pleine,
Et, sous les bois obscurs, et sur la verte plaine,
Mille insectes, sortant de leur longue torpeur,
intonnaient leur concert à la première fleur.
Et c'était le printemps, la chaleur et la vie
Qui faisaient tressaillir la nature ravie.
On était au matin.
Là-bas, à l'horizon, Le soleil éclairait de son premier rayon
Le brouillard qui passait comme un léger nuage Sur l'insondable azur de l'espace. Au village, Tout s'éveillait. Partout, on entendait les voix Joyeuses chuchoter, pendant que, sur les toits Des maisons, dans l'air frais, la fumée odorante Montait en longs anneaux, capriciense et lente,
Répandant les senteurs du repas du matin.
Par endroits, et groupés sur le bord du chemin,
Des enfants, revêtus de leurs habits de fête, Penchaient vers le lointain leur figure inquiète : Qu'est-ce donc qu'aujourd'hui ces enfants attendaient ? Qu'est-ce donc que, là-bas, ces enfants regardaient, L'œil toujours attiré vers cette route blanche
Par où l’on descendait au temple, le dimanche: ?
Tout à coup, au détour, entre les arbres verts,
Un point noir apparait ; on entend dans les airs S'élever vaguement des sons que la distance Assourdit : c'est un chant rythmé qui se balance, Faible, dans le lointain, et si mystérieux
Qu'on ne sait pas s’il vient de la terre ou des cieux. Puis, le point noir grandit, puis le chant se rapproche,
Et l’on entend le son argentin d'une cloche Accompagnant le bruit harmonieux des voix.
Alors, de chaque seuil se répand à la fois
Tout le village, ayant ses habits du dimanche, Hommes, femmes, vieillards 4ont la tête se penche, Enfants à l'œil qui brille accourent au devant
Du groupe qui parait sous le soleil levant.
En arrivant anprès, les rangs d'eux-mêmes s'ouvrent, Religieusement les iêtes se découvrent
Dans la même pensée, et, d’un accord touchant, Toutes les voix ensemble accompagnent le chant. Et le bonheur ému gagne de proche en proche : Car c’est elle, à la fin, qui reparait, la cloche,
Et passe, glorieuse, après un siècle entier,
Devant ces mêmes toits, par ce même sentier
Qui l'avaient vue, un jour, s'éloigner du village ; Et pendant tout ce temps de pénible veuvage,
Le vieux clocher, songeur et muet, attendait
Son hôte regretté qui, là-bas, s'attardait.
On touche, en ce moment, aux marches de l’église Où de nombreux drapeaux, ondulant sous la brise, Rayant les rameaux verts de leurs vives couleurs, Jettent leur ombre sur le sol jonché de fleurs. Comme aux processions, les maisons pavoisées Ont des tableaux pieux suspendus aux croisées : Et c'est la joie, et c’est l’allégresse partout.
Le curé, cependant, à la porte, deboui,
Entouré par le chœur et ceint de son étole,
sn rmiere