‹ La closerie des genets: drame en cinq actes et huit tableauxChapitre 61 sur 91 · SCÈNE xir · texte numérisé non relu

SCÈNE xir

LOUISE, LUCILE, MONTÉCLAIN, puis LOUIS, puis MADKLINE, puis KKKOUAN, puis DOJJÎNÏQUE, purs LE GÉNÉRAL, puis Madame la cOxMTesse DE BRI AS , son Fils , sa Fille, et la société qui set venue à la fèle.

L0UI$, accourant.

Ah! mamselle... mamselle!...

LUCILE

OÙ est mon père ?

J'accourais pour vous dire que le voilà qui rentre... mais à peine a-l-il mis le pied hors de la voiture, qu'il a aperçu les chevaux de M. le marquis, et alors...

MADELINE, accomaiU épouvantée.

Ah! M. le marquis... mon parrain 1 cachezvous ! sauvez-vous !

MONTÉ(ÎLAÏ>.

Pourquoi donc?

MADELINE

Le général est comme un fou... il parle de vous tuer... il repousse mon oncle Kérouan...

MONTÉCLAIN.

Je vais au devant de lui... et sa colère se changera bientôt en joie... (Il va pour sordr.) KÉROUAN, entrant.

Mais où allez-vous donc comme ça?

MONTÉCLAIN.

Parler à M. d'Eslève, qui me doit de m'écouter avant de condamner personne.

KÉUOUAN.

Mais il ne vous écoutera pas... mais sa tète est perdue... mais c'est folie à vous de tenter la colère d'un père !

LOUISE, bas, à Lucile.

Tu vois!...

aïONïÉCLAlN.

11 n'y a que les coupables qui fuient le danger, et si M. d'Estéve n'écoutait que sa rage, c'est sur lui que retomberait tout le malheur...

DOMINIQUE, qui vient d'accourir.

Mais VOUS voulez donc qu'il y ait un aime de commis?...

MONTÉCLAIN, avec éclat.

Un homme qui s'appelle le comte d'Eslève ne commet pas de crime.

LE GÉNÉRAL, paraissant tout à coup sur le seuil de la porte du jardin.

Mais il punit le misérable qui l'a déshonoré !

MONTÉCLAIN.

Non, général ! il respecte même son ennemi, quand son ennemi vient dans sa maison et lui dit: « Me voilà, monsieur I...

(Il se place en face de lui et reste immobile.) LE GÉNÉRAL, après une pause.

Vous avez raison, monsieur. Ce n'est pas pour vous assassiner que je voulais vous rencontrer... venez...

MONTÉCLAIN.

Et c'était pour vous détromper, que je vous cherchais.

LE GÉNÉRAL

Pour me délroniper ?... vous voulez dire pour me u*entir...

MONTECLAIN.

(Juand j'entrais chez vous, général, vous de viez croire que je venais vous parler d'honneur. LE GÉNÉRAL, remettant ses armes à Dominique e descendant la scène.

D'honneur?... vraiment, après avoir déshonor' mon nom , monsieur le marquis de Montéclaii vient me parler d'honneur?... Sans doute c'est d. l'honneur qu'il veut bien me faire en me de mandant la main de ma fille.

MONTÉCLAIN.

Ce serait pour moi que serait l'honneur, mon sieur ; mais je craindrais de ne pas en être asse digue.

KÉROUAN, indigné.

Ah! monsieur le marquis !

LE GÉNÉRAL, à part.

Misérable!... (Haut.) Mais qu'étes-vous don venu faire ici?... Pensiez-vous que tant d'inso lence resterait impunie, parce que mon fils m' abandonné, le lâche ! parce que vous n'y trouve riez qu'un vieillard infirme?

MONTÉCLAIN.

Votre fils serait ici pour me défendre, s'il n vengeait en ce moment même l'honneur de s sœur.

LE GÉNÉRAL

Conmient donc éles-vous ici , et quel autr adversaire que vous peut-il avoir î

MONTÉCLAIN.

Celui qui s'est fait l'écho d'une infâme ca lomnie... ^

D'une calomnie!... vous l'osez dire?... vous

MONTÉCLAIN,

Et je vous en apporte la preuve... (Cas.) Veui lez dire qu'on nous laisse seuls.

LE GÉ?\ÉRAL, se reculant.

Parlez haut!... monsieur... la honte a été pu blique... il faut que la réparation le soit aussi comme le sera le châtiment.

MONTÉCLAIN, haut.

Eh bien, général, lisez donc... (Bas, lui remei tant la lettre que Louise a envoyée à son père, à Lan balle.) Mais prenez garde devant qui vous lisez.

LE GÉNÉRAL

Que veut-il dire?...

LUCILE, bas, à Louise.

Ah! que lui a-l-il écrit?

LOUISE, jetant de loin, avec anxiété, un regard si la lettre» et la reconnaissant.

Ma lettre!

LUCILE, même jeu.

Ah! tais-toi... tais -toi...

LE GÉNÉRAL, à part, s'asseyant sur le canapé. De Louise!

(Le général, assis à droite un peu à l'atrière, lit ; lettre.— Montéclai», debout près de lui, le uiasqi

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