SCÈNE I
MONTÉCLAIN, PORNIC.
DOMINIQUE
LÉONA , à Dominique.
Mais, mon brave homme, je ne comprends pas un mot de ce que vous dites.
MONTÉCLAIIV.
C'est un grand admirateur de la beauté... et voire présence le trouble : vous n'avez jamais été plus belle !,..
DOMINIQUE
Pardon... je m'exprime cependant clairement ' et lucidement... Le général m'a dit... (A Pornic.) Quelle volée je vas te flanquer tout à l'heure!
PORNIC
On verra...
LÉONA
Mais, que dites-vous à Pornic?
Est-ce que je parle à des rien du tout de canaille comme ça?...
PORNIC
Ah ça ! mais Dominique...
DOMINIQUE
Tu murmures ?...
LlffbNA.
Monsieur Dominique... j'attends...
' DOMINIQUE
C'est juste, ma<inme... (A Pornic.) Tu verras !... (A Léona.) Le général m'a donc dit... (A Pornic.) Je le casserai qunlque chose !...
LÉONA
Cela ne finira donc pas ?
MONTÉCLAIN.
Voulez-vous me permettre de m'en mêler, chère Léona ? — Monsieur Dominique...
DOMINIQUE
Présent, mon brave colonel.
LÉONA
Ah! vous êtes mieux qu'autrefoi?, ce me semble !...
DOMINIQUE
Un peu... et j'en suis fier. Faut bien qu'il y ait des honnêtes gens quand il y a des gueux... (A Pornic.) Tu ne mourras que de ma main...
LÉONA
Eh bien ! colonel, vous ne réussirez pas mieux que moi...
MONTÉCLAIN.
Va-t'en, Pornic.
PORNIC
Avec plaisir!
DOMINIQUE
A la bonne heure, je te suis.
(Il l'empêche de sortir.) MONTÉCLAIN.
Et la consigne, Dominique?...
DOMINIQUE, sur la porto, tirant une lettre de sa poche.
C'est juste... v'ià donc une lettre que le général m'a dit... (A Pornic.) Ah ! tu ne bougeras pas...
LÉONA
Une lettre ?... ah ! l'on daigne m'écrire à présent.
DOMINIQUE, de loin, tendant la lettre.
Voilà... (A Pornic.) Le défilé est gardé...
LÉONA
Eh bien ! cette lettre ?
DOMINIQUE, s'allongeant le plus qu'il peut. Voilà...
Il faut que j'achève la commission... (Il prend la lettre. A part.) C'est bien l'écriture du général... (ALeona.) Tenez, belle dame...
DOMINIQUE
J'attends la réponse... et Pornic aussi...
LÉONA
Ah ! l'on me demande des entrevues maintenant !... je vous dois cela, Montéclain.
MONTÉCLAIN.
Vous ne le devez qu'à votre admirable adresse...
LÉONA, à Dominique.
Attendez un moment, brave homme.
MONTÉCLAIN, à part.
J'ai bien fait de venir...
(Il écrit au crayon, pendant que Léon a écrit à la table.) PORNIC, bas, à Dominique.
Mais vous voulez donc m'assassiner ?.,.
DOMINIQUE
Je veux te donner une brossée que le diable en prendra les armes.
LÉONA, remettant sa lettre au colonel.
Tenez, voici ma lettre.
MONTÉCLAIN, fourrant dans la lettre de Léona le billet qu'il vient d'écrire au général. —A Dominique. Ce billet au général.
PORNIC, qui a vu le mouvement du marquis. Tiens! M. le marquis...
DOMINIQUE, lui serrant le bras avec force. Pornic crie.
Veux- tu te taire.,.
LEONA
Encore!...
DOMINIQUE
Rien... je m'asseyais...
LÉONA
Voici ma réponse... et voici pour vous...
('Elle lui présente une petite bourse.)
DOMINIOUE.
Madame la comtesse croit parler à quelque Pornic... Je ne reçois que ce qui m'est dû , et je ne donne à personne que ce qui lui est dû... (A Pornic.) Je ne te laisserai pas un morceau entier.
LÉONA
Mais moi , je ne reprends jamais ce que j'ai donné... (Elie jette la bourse par terre.^
DOMINIQUE
En ce cas, ramasse-le, Pornic, ça te servira à te faire raccommoder...
PORNIC, à part, ramassant la bourse.
Tant que j'aurai des jambes... je réponds du reste... (Il se sauve.)
DOMINIQUE, le poursuivant.
Veux-tu bien m'altendre !...
(Tous deux disparaissent.)
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