ACTE IV, W TABLEAU, SCÈNE I
honnêle pour être sûr que je ne la défendrai pas conlie eux. Il faul donc que je meure... Eh! bien , Montcclain... je ne mourrai pas seul... j'entraînerai dans ma perle celle qui m'y a poussé.
MONTÉCLAIN.
Un crime, n'en rachète pas un autre , monsieur; et lorsque le malheur pèse si durement sur celle que vous avez perdue, la lâcheté serait à l'abandonner.
GEOUGES.
Mais que faire, monsieur, que faire?... me taire? c'est une lâcheté; parler? c'est un crime... Dites-moi qu'en épargnant M'^e de Beauval , diles-moi qu'en- l'implorant , dites-moi qu'en mourant seul je puis sauver Louise, et tout ce que vous voudrez, monsieur, je le ferai.
MONTÉCLAIN.
Georges, ce serait une folie de vous donner une espérance... et cependant, il est vrai que quelquefois un homme échappe où dix mille ont péri... Je ne sais rien, je ne vois rien qui puisse vous sauver, mais vous devez à Louise de tenter même l'impossible... Ecrivez à M""® de Beauval que vous serez ce soir chez moi... (A part.) De celte façon je suis plus assuré qu'elle y viendra...
GEORGES
Mais pourquoi celle entrevue?
MONTÉCLAIN.
Je vous le dirai... Je n'ose vous donner une espérance... mais s'il y a un moyen de salut il est là.
GEORGES, allant à la table et s'apprêtant à écrire. Je crois à votre amitié, Montéclain, et je me fie à vous.
MONTÉCLAIN.
C'est bien... (Il va à la porte à droite et appelle.) Aly!...
ALY, eiurant.
Colonel?
MONTÉCLAIN.
Tn vas aller au château dire que ce soir, j'ai
l'honneur de recevoir Mme Je Beauval, et...
(Los portos du fonrl s'ouvrent, Léina paraît avec
toute la société.)
GEORGES et MONTÉCLAIN.
Léona!
LÉON A, s'avançaut et désignant Georges. Le voilà, mesdames... C'est lui !
GEORGES, à part.
Que va-t-elle dire?
MONTÉCLAIN, à part.
Je suis battu.
LÉONA
Pardon, mesdames, pardon, messieurs, j'avais hâte de vous faire partager la joie que j'éprouve de pouvoir me présenter à vous sous mon véritable nom... oubliez M™^ de Boatival, cl veuillez rester les amis de la vicomtesse d'iîlslève.
TOUS
Madame d'Esléve!
GEORGES
Ah ! l'infâme !
MONTÉCLAIN, bas.
Georges.
ALY, à part.
Sa femme ! Je comprends qu'il ne sois pas gai du tout.
MONTÉCLAIN, affectant la gaîté, à Léona. Et notre rendez-vous de ce soir ?
LÉONA
Si vous y invitiez !c général, je lui parlerai pour vous.
geO:îges, à part.
Oh ! malheur, malheur sur elle !...
5I0NTÉCLA1N, bas.
Silence! pensez à Louise.
(La société entoure et complimente Léona ; Montéclain retient Georges. ~ Le lideau buisse.i
Le théâtre représente l'intérieur de la ferme de Kérouan, avec un grand bahut à côté, à droite*, porte au fond. — A j?aurhe de celle porte, une petite lenète donnasit sur la campagne. — A droite, au troisième plan, quelques marches, protégées par une rampe, mènent à la chambre de Kérouan. — Au haut de cet escalier, pré« de la porte, est suspendue une hache de bûcheron.— A gauche au deuxième plan, une vaste cheminée au manteau de laquelle sont attachées diverses armes. — Au premier plan, contre le mur sont deux épées en croix, surmontées d'une branche de buis ; plus haut, du même côté, la porte de la chambre de Louise.— A J'avantscène, à gauche, une grande cheminée.