ACTE V, 1" TABLEAU, SCENE Ifl
MONTÉCLATN.
Je suis ravi de l'apprendre... Ce fut donc Isabelle Puniniicr qui fui malade, à ce qu'il parait; car il csl certain que Tune des deux femmes qui voyageaient sur VAtalante était près d'expirer au moment où le navire fit naufrage... en vue du Cap. Le navire périt corps et biens... à l'exceplion de deux jeunes femmes qu'an pilote parvint à sauver, et à ramener dans sa maison. Ce bon Hollandais, qui ne comprenait pas un mot de français, prit, à ce qu'il parait, la servante pour la maîtresse... il donna la plus belle chambre à Isabelle Pommier qui continuait à se mourir.... et H installa assez rudement IW^e de Beauval près d'elle pour la soigner et la veiller...
Eh bien?
MOINTÉCLAIN.
Eh bien ! ce que vous ne croiriez jamais, c'est qn'^ïsabelie Pommier, qui se mourait, eut la force de se lever dans la nuit , et d'empoisonner J\t™« d« Beauval qui se portait à ravir r
LÉONA
Tous mentez, Montéclain! 31""^ de Beauval est morte de sa maladie.
TOUS, se levant ainsi cjiie Léona.
Enfin!...
LÉONA
Ah!... malheureuse !...
MONTÉCLAIN.
Jjme de Beauval est morte..., nous ne voulions pas savoir autre chose....
LÉON A , à pan.
Je suis perdue!.,.
MONTÉCLAIN.
Je n'ai pas besoin de vous dire conament Isabelle Pommier s'empara alors d(>s pap^icrs et dMt i?)c>ni de sa lîviHlre.^se ; cMnnient elle se piésent-a chez !c dur d'ilérici ; comment clic se fil chasser po'.ir un vo! de diarnans; comment c-iie merra, depuis, celle oxi«<l<enee aveHtureïiw, qu'elle couronna par un mariage nul... de toute nuIlHé !.,. enleiidez-vousy Isabelle Pommier?.
LÉiJNA, h pan.
Ah !... le misérablel
INfONTÉCtAïN.
El , comme aucun de nous ne veut y meiEre de violence, nous allcndons de votre j,uslice de vouloir bien reconnaître votre identité... sinon , je serai obligé de vous rappeler qu'il faut que Georges soit libre. (Il lui présente un papier.) LÉONA , ai)vès avoir sig'K^ 'c papier.
]\Iessieurs , j'ai été attirée dan? un pit^ge i'rrfàme... Je signe ce qu'il vous plaît de me faire signer.,. i»ais je suis ptws franche que voa?: je vous prévien» çne je rfécterera» avoit signé smis une menace de mort...
MONTECLAIN.
Vons nons mesurez à votre taille , Isabelle Pommier... des menace» contre une femme?.. . des violences coutre «n être inofTensif?... allons donc!... Tenez, voici cette déclaration... (Il la dC'chire.) Vous êtes libre... vous pouvez sortir de ce château... et pour que vous soyez bien sûre de ne pas avoir passé cette soirée en compagnie d^as-
sra.ssins permettez-moi de vous présenter
M. Longuet, notaire... et M. d'Avatianne, procureur du roi... Ouvrez les portes !...
( Des domestiques paraissent ; les portes du fond
s'ouvrent, et l'on voit un salon brillamment éclairé
et rempli d'une société nombreuse parmi laquelle
est madame de Brias.)
LÉONA
Ah! Monfécîaîn... c'est trop de cette humiliation !...
MONTÉCLAIN, d'une voîx sérère.
Vous oubliez que vous avez fait chasser Mi'e d'Estéve 1.
Adieu donc, Montéclain... adieu tous foasT... Vous apprendrez comment «ne femme comme moi répond à de pareilles lâchetés... (Elte sort.) ]W"'e DE BUIAS, vivement à Montéclaiir, Hâtez-vouis donc, maintenant, d'aller consoter le vieux Kérouan et sa ftlte.
(Oa entend au toin dics cris, oit braft coi\fiw, et ïe son diu beffroi.)
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