EXPÉRIENCES I. — [LA THROMBOKINASE DANS LE PLASMA SALÉ
$ 1%. — L'extrait de tissus accélère la coagulation
du plasma s. dilué.
Les propriétés reconnues du plasma salé, les conditions et le mode de sa coagulation ne nous ont pas donné grand éclaircissement sur la cause de son incoagulabilité essentielle. Et peut-être cette question devrait-elle venir la dernière dans la démonstration; car on ne saurait jusqu'ici que proposer des hypothèses.
Nous avons appris que le plasma salé à 5 ‘|, a tous ses éléments de coagulation, mais qu'un défaut du milieu — défaut que l'addition d’eau corrige — empêche leur réaction naturelle. L’obstacle ne s'adresse pas au ferment, qui dans le plasma n'existe point, mais à ses éléments de formation, le thrombogène et la thrombokinase.
Si l’un des deux seulement est lié par l’excès de sel, on pensera d’abord que c’est la kinase. Le thrombogène doit avoir comme le ferment une solubilité facile et complète. Il n’en est pas de même de la thrombokinase. Les extraits de tissu sont troubles, et les plus troubles sont les plus actifs ; la kinase, si elle n’est pas elle-même insoluble, s’at-
tache donc en tout cas à des substances non dissoutes. Les plasmas sanguins, qui contiennent beaucoup moins de kinase, sont à peu près limpides; mais ce n'est que la limpidité que reconnait la simple vue à l'œil nu, et lon peut encore admettre que la kinase n'y est pas toujours rigoureusement dissoute, ou qu'elle l’est d’une façon instable. Morawitz, cherchant à expliquer pourquoi, dans le plasma peptoné, le thrombogène et la kinase restent en présence sans réagir, donnait pour plausible que la kinase se trouve là dans un état de dissolution insuffisant pour toucher le thrombogene. C’est bien dans le cas du plasma salé qu’une telle hypothèse est justifiée : l’extreme concentration saline réduirait la solubilité de la kinase au point d'annuler son intervention.