‹ La Coagulabilité Du Sang Mesurée Dans Le Plasma SaléChapitre 18 sur 59 · ALI · texte numérisé non relu

ALI

Le plasma B indique bien mieux l'exactitude relative qu'on obtient d'habitude et dont il faudra se contenter : un écart de quelques minutes pour la première dilution coagulée. Pour les autres des inégalités beaucoup plus grandes, car en même temps que les conditions de la coagulation deviennent plus difficiles, celle-ci devient plus capricieuse ; c'est pourquoi ces derniers résultats n’entrent pas en ligne de compte. Bref, le plasma B coagule en 35 à 40 minutes, c'est dans cette mesure qu'on évaluera; de même aussi le plasma A.

Nous avons toujours regardé comme équivalents deux plasmas quand les vitesses de la première coagulation ne différaient pas de plus de dix minutes. Si grossière que paraisse cette évaluation, elle laisse encore le champ à de bien autres différences. Qu'on en juge par les exemples cités quelques pages plus haut, et par l'exemple suivant, d’une asystolie progressive :

Premier examen du plasma le 28 septembre. La malade, atteinte de myocardite sans asystolie, se sent bien et va quitter l'hôpital. L

Limites de coagulabilité du plasma — 1,25 ‘/, — 0,45 °/.

Première dilution coagulée — 36 minutes.

Deuxième examen le 5 novembre; la malade est revenue à l'hôpital en état d’asystolie.

Limites de coagulabilité — 1 *}, — 0,45 °},.

Première dilution coagulée — 64 minutes.

Troisième examen le 12 novembre; l’asystolie est extrème. La malade meurt le soir même.

Une seule dilution, à 0,55 °},, donne un petit caillot partiel.

On le voit, un changement dans la coagulabilité d’un plasma ne passe pas inaperçu, et nous étions en droit tout à l’heure de penser qu'entre ses deux épreuves le plasma B n'avait pas varié.

A vrai dire il n’est pas sûr qu'il soit réellement resté le

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même, et que la coagulabilité soit chez le sujet sain d'une fixité rigoureuse. Il y aurait bien à rechercher si les différences légères que nous négligeons doivent être aussi vite imputées à des causes d'erreurs, conditions extérieures qui nous échappent et qui fausseraient la technique. Mais c’est une démonstration impossible; et l'hypothèse des causes d'erreurs a pour elle d’être très vraisemblable. Les irrégularités qu’on rencontre dans une série isolée d'un plasma ne peuvent être Le fait de ce plasma, déjà nous les avons attribuées aux tubes; or elles ne sont pas plus accentuées que les irrégularités qui distinguent la première coagulation dans deux essais successifs; la même raison suffirait donc à tout expliquer. Cependant les choses ne doivent pas être aussi simples. Parmi les causes nombreuses connues pour troubler les fermentations, et la coagulation en particulier, il en est au moins une dont l'influence avérée se trouve souvent, par ses variations, dans le cas de modifier les résultats d'expériences espacées : c’est la température extérieure. Peut-être est-elle surtout responsable. Tout ce qu'on peut faire est de ne pas opérer trop près d’une étuve ou d’un foyer de chaleur quelconque. Mais nous pensons que la température du laboratoire ne change pas assez pour exagérer les irrégularités qu'une fois pour toutes nous avons prévues.

Seulement nous insisterons sur une nécessité, qui est de mettre à la glacière le plasma salé à 5 °{, qu'on vient de centrifuger, et de l'y maintenir constamment. Lorsque le moment est venu de l’éprouver, on le sort pour le répartir, et on l'y rentre aussitôt. De cette facon les plasmas sont toujours et en tout temps mis en tubes à la même température ; et l’on retrouvera une seconde fois les conditions de la première expérience si un nouvel essai pour un plasma est jugé utile.

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Cette règle a sa raison encore dans un fait plus grave. À la glacière le plasma se conserve intact, il garde sa valeur. Au contraire le plasma abandonné à la température du laboratoire baisse de coagulabilité dès le premier jour considérablement. Le proferment s’altère vite, même par des chaleurs moyennes.

Le 9 novembre un plasma est éprouvé une heure et demie après la prise du sang. On note :

Limites de coagulabilité — 1,25 °/, — 0,45 °/..

Première dilution coagulée — 27 minutes.

Cinq heures plus tard, le plasma étant resté à la température de la chambre, un second essai donne :

Limites de coagulabilité — 1,25 °}, — 0,45 °/..

Première dilution coagulée — 41 minutes.

Onze heures après :

Limites de coagulabilité — 1 °, — 0,7 °/..

Première dilution coagulée — 71 minutes.

Ce cas est une exception. Mais nous avons tenu à le citer pour mettre en garde contre l'oubli d'une garantie indispensable. C’est au fond la seule précaution à prendre, et c’est la vraie cause d'erreur à éviter (1).

(1) Nous tenons cependant encore à répéter que les tubes doivent être d'une propreté absolue; et on ne doit pas, si un tube a été lavé à la potasse, manquer de le laisser le temps suffisant dans l’eau acidulée; on s’exposerait sans cela à de grosses erreurs,

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