CAS
suite pendant une heure reste liquide, souvent durant un mois (1).
Si les précautions recommandées semblent un peu trop minutieuses et paraissent dénaturer un phénomène normal, on voit cependant qu'elles se résument à chercher le sang pur, sans mélange de suc de tissus lésés. Sous cette condition, unique et formelle, l’incoagulabilité est constante : les tissus n’apportent plus ici seulement une influence favorisante, mais bien un facteur nécessaire.
Quelques gouttes d'extrait aqueux de foie d’oie ajoutées à 5 centimètres cubes de plasma d’oie provoquent une coagulation qui est achevée en dix minutes (Morawitz). L’extrait de muscle donne le méme résultat en moins d’une minute, alors que le sérum d’oie frais ne réalise la coagulation du plasma qu'après une demi-heure seulement (Fuld).
En supposant à l'extrait la fonction de ferment, cette fonction serait bien plus puissante que dans le sérum luimême. Or l'extrait de tissu ne coagule pas la solution de fibrinogène. Ce n'est donc pas du ferment qu'il contient, ce n'est pas du ferment qu'il apporte au plasma d’oie pour le coaguler. Mais c’est une substance qui contribue à la formation du ferment dans le plasma d’oie.
Quant au plasma d'oie, il possède évidemment quelque chose de plus que la solution de fibrinogène, puisque contrairement à celle-ci il coagule par l’adjonction d'extrait de tissus.
En somme, dans le plasma d’oie d’une part, dans les tissus d'autre part existent deux éléments qui se réclament et se complètent, qui sont nécessaires et suffisants l’un à
l'autre pour former le fibrinferment.
(1) Biol. 1896 et Arch. physiol. 1897.
Se —
On reconnait là un processus déjà vu dans le mode d'élaboration du ferment tryptique qui, sécrété à l’état de protrypsine, ne devient ferment efficace qu'après avoir été activé par l’entérokinase; et c’est bien dans une idée de comparaison étroite que Morawitz a nommé thrombokinase le principe actif des tissus, et thrombogène celui du plasma.
Un troisième élément est aussi indispensable, le calcium. En milieu décalcifié la mise en présence du thrombogene et de la thrombokinase n’aboutit pas à la formation de fibrinferment. Si l’on décalcifie le plasma d’oie avant de lui ajouter l'extrait de tissu (kinase), lui-même décalcifié, on constatera que le plasma reste liquide. Mais dès qu'on restitue Le calcium, sous forme de CaC en excès, la coagulation se fait en quelques minutes.
Qu'on se reporte aux expériences d’Arthus et de Pekelharing sur le plasma oxalaté. Un plasma incoagulable qui sans addition de ferment et par simple intervention du calcium fait naitre du ferment, on dit que ce plasma contenait du proferment. L'association du thrombosène et de la thrombokinase devient, par définition, le proferment : en présence de calcium elle donne du ferment. On voit que les résultats de Fuld et de Morawitz n’altèrent pas la netteté de la théorie des auteurs précédents.
Il est difficile de préciser tout à fait à quel moment le calcium intervient; si le thrombogène et la kinase sont déjà réunis, constitués en un proferment que le calcium va influencer ; ou bien si le calcium les rapproche, l’idée de proferment dans un plasma signifiant sim plement que le thrombogène et la kinase sont présents tous deux. Il est en tout cas certain que le calcium ne prépare pas l’un ou l’autre ou les deux isolément, il doit être en même temps
qu'eux dans la réaction. Si l’on fait agir le calcium sur la