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kinase d’une part, sur le plasma (thrombogène) d'autre part, puis qu'on les décalcifie avant de les mélanger, la réaction entre eux ne s'effectue pas et le mélange reste liquide.
Aussi l’image la plus simple et la plus sûre de cette réaction sera-t-elle le schéma suivant :
Proferment.
thrormbokinase.
thrombogerne.
C'alcium.
Thrormbrnre.
On peut admettre pour très vraisemblable que le principe des tissus active le thrombogène du plasma, car il a des substances activantes ou kinases la plupart des caractères. La thrombokinase ne dialyse pas ; elle précipite par l'alcool, mais à son contact elle perd de son pouvoir dès le deuxième jour; elle le perd complètement par la putréfaction ; même en la défendant de toute putréfaction elle se détruit lentement d'elle-même. Comme l’entérokinase, il faut un chauffage d’une heure à 65° pour la diminuer.
La thrombokinase, bien qu'étant par ses propriétés et sa fonction un ferment de ferment, n'active pas la totalité du thrombogène présent. Dans les conditions naturelles de la coagulation du sang d’oie, le sérum du caillot contient toujours une quantité de thrombogène encore très grande. Dans l'expérience, une faible dose de kinase ne réussit jamais, quel que soit le temps qu’on lui accorde, à activer toute la provision de thrombogène d’un plasma d’oie; par
contre, en augmentant progressivement les doses de kinase ajoutées à des échantillons semblables du plasma, on arrive pour une certaine dose à une coagulation dont le sérum ne contient plus de thrombogène (1).
Quant au thrombogène, ses caractères sont à peu près ceux du fibrinferment, dont il n’a pas encore la fonction. Il résiste un peu plus longtemps aux influences qui vieillissent le fibrinferment, mais sa température de destruction est la méme. Son origine est difficile à connaitre. Ce serait le foie, d’après Nolf. En tout cas les sangs ou les plasmas, coagulables ou nor, contiennent toujours du thrombogène. Tout cela indique qu'il est le corps activé. Il est le zymogène sécrété profondément, ayant déjà les marques du ferment, mais encore inerte; la substance activante ne vient qu'apres, et loin de l’origine du zymogene, là où la fonction doit s'exercer, à la plaie; de méme que loin de la cellule à protrypsine, au siège et au moment de la fonction, l'entérokinase apparait. On peut écarter l'influence de l’entérokinase, recueillir par la fistule pancréatique le zymogène pur ou le ferment peu actif. On peut aussi détourner l'écoulement du thrombogène, lui éviter par la canule de verre le contact et l'acti-
vation de la thrombokinase.
M. Delezenne avait spécifié que le plasma d’oie devait, pour que son incoagulabilité fat sûre, être décanté après une premiére centrifugation de quelques minutes; il importe de l’éloigner au plus vite des globules. Sans cette précaution une coagulation tardive surviendrait dans le plasma. Et si on ne décante pas du tout le plasma
on voit régulièrement se former apres six ou sept heures,
(1) On verra plus loin comment se manifeste dans le sérum la présence du
thrombogène.
SMS
au niveau des globules blancs, un caillot épais de quelques millimètres et prenant un peu des globules rouges sousjacents; bientôt tous les globules rouges sont englobés, et si l’on décanté alors le plasma liquide, on peut de même prédire sa prise totale vers la douzième heure.
Les globules blancs ont-ils mis en liberté de la kinase ?
Que les globules blancs soient capables de donner de la kinase, il est difficile de le mettre en doute. La thrombokinase est un produit du protoplasma en général; Morawitz en extrait de tous les tissus; on ne comprendrait pas la raison d’une exception pour le globule blanc. Remarquons au contraire que les extraits les plus actifs sont tirés d'organes Iymphoïdes, thymus et ganglions; faut-il imaginer que les cellules lymphoïdes perdent leur kinase avant de passer dans le sang? Du reste, les polynucléaires ont aussi cette propriété kinasique; le pus ne contient pas de ferment, car il ne peut coaguler la solution de fibrinogène; et cependant il coagule certains plasmas absolument comme un extrait de tissu. Enfin les hématoblastes ont peut-être une capacité plus grande encore en kinase.
Les éléments blancs du sang possèdent donc bien de la thrombokinase; et, contre l'affirmation que dans la coagulation spontanée du sang d’oie pur et centrifugé cette thrombokinase est livrée au plasma, on ne saurait objecter que l'absence probable de destruction cellulaire ne permettrait pas la mise en liberté du produit protoplasmique. Car l’écrasement cellulaire n’est pas indispensable pour obtenir des extraits de tissu riches en kinase. Des morceaux de thymus non haché donnent à l’eau salée un pouvoir activant presque égal à celui que donne le thymus haché.