‹ La Coagulabilité Du Sang Mesurée Dans Le Plasma SaléChapitre 48 sur 59 · TENEUR DES MÉLANGES · texte numérisé non relu

TENEUR DES MÉLANGES

Plasma A. | Plasma B.

0,5 de plasma + 2 ce d'eau ...... 18 min. 5 75 minutes. Idem. JS O2 0,5 de plasma + 2 cc. d'eau + 0,2 de SÉRUM I CNAUÉE e 7 T — 5 LOUE Idem. 6 minutes TO 0,5 de plasma + 2 ce. d'eau + 0,2 de SÉPOAIT AIS le dal dede % min. 5 LÆ min. 5 Idem. LR S D

quelle eause retarde dans le plasma peu coagulable l’action du ferment ? Il y aurait, à l'égard du ferment, comme une réceptivité qui viendrait plus ou moins tôt suivant la coagulabilité du plasma.

Or pour les plasmas incoagulables, et si les doses de sérum sont comme ici 0,2 centimètre cube, la réceptivité ne vient pas. 0,1 ou 2 centimètre cube de sérum ne coagulent pas 2*,5 de plasma d. chauffé huit heures à 47°. De même 0,1 centimètre cube de sérum ne coagule jamais 2°,5 de plasma s. dilué et oxalaté.

Le ferment du sérum attend-il pour agir que du ferment de plasma soit né? Non. Nous savons qu'en donnant au plasma d. chauffé et au plasma d. oxalaté un peu plus de sérum (1), le ferment du sérum coagule le fibrinogène; à parties égales nous avons vu le sérum coaguler le plasma

(1) Hammarsten avait déjà remarqué que de faibles doses de sérum ne cozgulent pasle plasma oxalaté ordinaire, tandis que de fortes doses le coagulent.

Il attribuait le fait à l'influence gênante de l’oxalate. Morawitz fait observer que l’explication n’est pas satisfaisante, et pense que l’antithrombine joue un

rôle.

BOVORNES

chauffé en une minute. Il n’y a dans cette contradiction qu'une dose suffisante à atteindre. La réceptivité du plasma, c'est la saturation de son antithrombine.

Un plasma chauffé et incoagulable possède encore toute son antithrombine, car il faut pour altérer l’antithrombine une température très supérieure à 47°; si l’antithrombine de 2“,5 de plasma chauffé n'est pas saturée par 0,2 centimètre cube de sérum, l’antithrombine de 2*,5 de plasma frais ne l’estpas davantage; et la quantité qui reste alors s'exerce sur le ferment que produit peu à peu ce plasma; c'est aux dépens de celui-ci qu'elle se sature. Le rôle du sérum est fini; le plasma est pour ainsi dire seul, mais il est débarrassé d’une partie de son antithrombine. Aussi la coagulation sera-t-elle bien plus rapide que s’il n'y avait pas eu de sérum. Dans l’expérience XX la part d’antithrombine que prend le sérum est la même dans les deux plasmas; peut-être le reste d’antithrombine n'est-il pas en B plus fort qu'en A d’une façon absolue, mais il l’est en tout cas relativement au proferment vieilli et diminué. C'est pourquoi l'instant de saturation (et la coagulation qui suit) arrive moins vite pour ce dernier plasma.

$ 2. — En l'absence d'antithrombine, la coagulation

du plasma s'achève en quelques instants.

On trouve encore dans l'expérience XX un fait très important. Le plasma A additionné d’une dose de sérum frais qui ne sature pas son antithrombine donne, avec son seul proferment par conséquent, un caillot en quatre minutes et demie. L'élimination, même incomplète, de l’antithrombine dans un plasma permet donc au proferment de produire en 4 minutes assez de ferment pour achever la coa=

gulation. La seule différence entre Les deux premiers et les deux derniers tubes du plasma A, c’est que les derniers n'ont plus ou ont à peine d’antithrombine. On voit que la coagulation est dans le plasma imminente, on voit toute la valeur de l’antithrombine dans la coagulation.

Qu'on nous permette maintenant de revenir à l'expérience de MM. Bordet et Gengou.

Ils ajoutent du sérum frais à du plasma oxalaté : l’antithrombine est saturée, l'excès de ferment du sérum coagule le fibrinogène en 3 minutes. Ils ajoutent à du plasma identique du même sérum vieux de trois heures : l’antithrombine, malgré la diminution du ferment sérique, est encore saturée; le faible excès du ferment du sérum coagule le fibrinogène en trois heures. D'autre part à du plasma dilué non oxalaté ils ajoutent 1/10 du sérum frais : l’antithrombine est saturée, l'excès du ferment du sérum et le ferment du plasma coagulent le fibrinogène en 3 minutes. À un plasma semblable ils ajoutent 1/10 du même sérum vieux de trois heures : l’antithrombine est saturée (1), le très faible excès du ferment du sérum et le ferment du plasma coagulent le fibrinogène en 3 minutes encore.

[l est clair que 3 minutes est un minimum de temps qui représente la coagulation dans les meilleures conditions réalisables (2), absence d’antithrombine. La rapidité du phénomène ne paraîtra pas exagérée, si l’on compare avec les tubes du plasma A (dans l'expérience XX) qui

(1) L’antithrombine est bien saturée, car en oxalatant le mélange, ils constatent que la coagulation survient tout de même au bout d'un ou deux jours.

(2) On se rappelle l'interprétation de MM. Bordet et Gengou : en milieu oxalaté, c’est le ferment qui agit; en milieu non oxalaté, c'est l’excito-production, fonction accessoire du ferment. Par deux propriétés absolument différentes le ferment fait dans les deux cas un caïllot en 3 minutes. La coïncidence de vitesse est aussi étonnante que dans notre interprétation. Évidemment et de toute façon elle représente le minimum de durée réalisable.

additionnés de sérum frais n’ont pas toute leur antithrombine saturée et pourtant se coagulent en # minutes et demie. Ainsi le proferment du plasma dilué, dans le cas de MM. Bordet et Gengou, libre d’antithrombine n'a plus rien à gagner en recevant un supplément de ferment sérique; peu importe done que celui-ci soit faible ou fort ; et nous pouvons dire avec MM. Bordet et Gengou que

« ce qui coagule le fibrinogène, ce n'est pas le fibrinfer-

ü ment apporté par Le sérum, c’est celui qui se forme extemporanément au dépens du proferment propre au plasma lui-même ».

A notre avis, il ne s'agit dans cette expérience que d’une saturation de l’antithrombine du plasma par le ferment du sérum. Celui-ci se substitue au ferment à venir et donne libre cours à la transformation du proferment. Ce rôle mérite bien toujours le nom d'excito-production.

Enfin ce rôle appartient bien au ferment, comme l'avaient dit MM. Bordet et Gengou, puisqu il disparaît avec lui dès qu'on chauffe le sérum à 56°. Iln'y a plus rien alors pour neutraliser l’antithrombine.

Nous sommes très loin de l’excito-production que nous avons constatée dans nos expériences, celle qui se manifeste dans les plasmas et les sérums chauffés. C'est en effet tout autre chose. Nous ne dirons plus maintenant qu'elle résiste dans le sérum au chauffage, mais qu'elle n’apparaît que par le chauffage; car elle est la kinase du plasma ou du sérum, et le chauffage seul peut détacher la kinase de son thrombogène.

n'y a plus qu'un point à éclaircir. Le sérum de plasma salé, lorsqu'il a été chauffé à 56°, ne manifeste, contrairement au sérum naturel, aucun pouvoir accélérant sur la coagulation du plasma salé dilué. Le chauffage n'a done pas libéré de kinase? Cela est très probable en effet, tout

porte à croire quil n'y a pas de kinase dans le sérum de plasma salé. On ne peut en donner la raison; mais dans la coagulation du plasma dilué, disent MM. Bordet et Gengou, « la transformation affecte la totalité du proferment ». Aussi constate-t-on une abondance particulière du ferment dans le sérum, qui se montre beaucoup plus actif sur un plasma oxalaté que le sang défibriné lui-même.

En résumé, il y a une différence absolue entre le mode d'action du sérum frais sur le plasma dilué et celui du sérum chauffé. Le sérum frais par son ferment supprime l'antithrombine du plasma (1) ; le sérum chauffé ajoute sa kinase au proferment du plasma.

Ces faits, bien entendu, ne sauraient être spéciaux au plasma salé. C’est de la même façon qu'il faut comprendre l'effet de quelques gouttes de sérum sur la coagulation du sang. Le premier effet du ferment est d’écarter l’antithrombine ; le proferment, qui ne demande qu'à se transformer, devient ferment et achève la coagulation presque aussitôt.

Et lorsqu'on ne fait pas intervenir de sérum, lorsqu'on laisse Le sang pur à sa coagulation spontanée, c’est encore la même succession qu'il faut admettre. Dès le début du ferment se forme; mais tant que l’antithrombine n’est pas saturée, rien ne le révèle. Tout à coup le ferment qui

(1) Une constatation déjà faite plus haut montre que lorsqu'on reste dans les faibles doses de sérum, le ferment de celui-ci agit exclusivement en neutralisant l’antithrombine. Nous avons vu (page 93) un plasma coagulé en 11 minutes par { centimètre cube et en 6 minutes par 2 centimètres cubes de sérum. C’est une diminution de temps de moitié qui ne s'explique pas si la thrombine du sérum agit.en ferment sur le fibrinogène, qui s'explique au contraire si elle agit par simple neutralisation de l’'antithrombine du plasma. Le ferment du plasma apparait progressivement, supposons une unité chaque minute. Si 10 unités d'antithrombine font attendre 10 minutes l'apparition du ferment utile, une diminution de moitié de l’antithrombine ne la fera plus attendre que 5 minutes. L'apparition du ferment utile commence deux

fois plus tôt.

parait trouve le champ libre, en peu d'instants son œuvre est achevée. De là vient, après une période silencieuse,

l'apparence explosive de la formation du ferment.

$ 3. — La coaqulabilité d'un plasma est inversement

proportionnelle à sa quantilé d'antithrombine.

Un premier fait l'indique : tandis que deux sérums produisent le même effet sur un même plasma, un sérum produit sur deux plasmas différents des effets proportionnels à la coagulabilité des plasmas. Et d'autre part, lorsque pendant plusieurs jours on essaie sur un plasma une série de sérums, la coagulabilité du réactif subit, nous l'avons dit, des oscillations; et la courbe que donnent les temps de coagulation avec les sérums est

parallèle à la courbe des temps de coagulation sans sérums.

$ 4. — On reconnait l'influence de l’antithrombine dans.

le plasma sans faire intervenir le sérum.

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