EXPÉRIENCE
Plasma salé humain, dilué à 1 ‘|. Une partie est chauffée 50 minutes à 57°.
PLASMA PLASMA TEMPS dilué frais. dilué chauffe. de coagulation.
2,9 cc. 16 minutes.
L'accélération apportée par le plasma chauffé est dans ce cas moins marquée pour les fortes doses. Cela tient à ce que la kinase du plasma chauffé en augmentant de quantité augmente son effet suivant la loi des ferments, tandis que l’antithrombine du plasma chauffé agit quantitativement ; son effet progresse tout simplement en pro: portion directe de sa quantité.
Le plasma frais ayant dans tous les mélanges la même valeur, nous pouvons négliger son influence.
Supposons que 10 unités de ferment soient nécessaires à la coagulation immédiate du fibrinogène; et 5 centimètres cubes de plasma chauffé apportent 5 unités de kinase qui, activant le thrombogène du plasma frais, sont capables de produire 20 unités de thrombine en 20 minutes. Le plasma chauffé contiendrait en même temps 10 unités d’antithrombine, qui dans les dix premières minutes ont neutralisé 10 unités de ferment. Les 10 unités utiles de ferment sont apparues dans les 10 minutes suivantes; à la vingtième minute le fibrinogène est coagulé.
La kinase est un ferment. Pour obtenir d’elle le même travail en deux fois moins de temps, il faut quadrupler sa quantité. 2 centimètres cubes de plasma chauffé feront 20 unités de thrombine en 10 minutes; et en 20 minutes 40 unités. Mais 2 centimètres cubes de plasma chauffé comportent 40 unités d’antithrombine. 20 minutes se passeront donc sans qu'une unité utile de ferment soit encore née. Il faudra attendre, étant donnée la valeur de la kinase, 5 minutes pour que 10 unités de thrombine se forment, pour que le fibrinogène se coagule.
Dans l’ensemble, ces essais de dosages faits en mélangeant les sérums humains et les plasmas salés nous mon-
trent que :
Si l'on varie les sérums, c’est-à-dire le ferment et la kinase, les résultats changent très peu (1);
Si l'on varie les plasmas, c’est-à-dire l’antithrombine, les résultats changent beaucoup.
M. P.-E. Weil pense que le défaut de coagulabilité du sang de l’hémophilie familiale vient d'une teneur excessive en antithrombine. Nous constatons que, même pour des sangs dont la coagulabilité paraît normale, les inégalités qui apparaissent dans leurs plasmas salés sont commandées par leur teneur en antithbrombine.