‹ La Coagulabilité SanguineChapitre 11 sur 48 · MURAT · texte numérisé non relu

MURAT

Ces tubes de sang concernent une malade atteinte d'un kyste de l'ovaire. Rien, cliniquement, ne devait faire penser à un vice quelconque de la coagulabilité. (Un autre procédé montra d’ailleurs une coagulabilité parfaitement normale.)

Les tubes ont éte netloyés, stérilisés, rougis à la flamme pareillement. Le sang a été recueilli au cours de la même saignée, en présentant alternativement à l’embout de l'aiguille le gros, puis le petit tube, de façon à avoir un sang absolument identique. Les deux tubes ont été conservés à la même température. Nous nous sommes efforcés d’avoir dans chaque tube une masse de sang correspondant à son calibre.

Or, le tube 1 calibre — 2 centimètres a coagulé en # minutes. — ? — —5 millimètres — 13 minutes.

De plus 16 heures après, le tube 1 ne présentait pas trace d'irrétractilité.

Le tube ? présentait une rétractilité faible, mais nettement visible, mème sur la photographie (fig. 2).

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Prélevé, Loujours avec les mêmes précautions, chez une

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grande anémique, ce sang d'une même saignée a coagulé :

En 13 minutes dans le petit tube de 2 centimètres. En 16 minutes dans le gros tube de 5 millimètres.

La photographie prise quand la coagulation a été complète montre une coagulation plasmatique, typique dans le petit tube avec sédimentation totale alors que le gros tube ne montre rien de semblable (fig. 3).

Nous avons rencontré plusieurs fois des faits analogues; mais, dans certains cas, c'était inversement le tube de gros calibre qui sédimentait, le pelit paraissant normal. :

Il est donc difficile de tenter une explication de ces anomalies. Pourtant, nous devons signaler que dans quelques cas, l'observateur peut être trompé par l’aspect de coagulation normale d'un tube. En réalité, la sédi-

mentation s'opère mais à l’intérieur d’une croutelle cruorique, adhérente au cylindre de verre, qui la masque au regard. C’est ce qui s'était produit dans le cas photographié ci-dessus. On ne décèle alors la sédimentation que par transparence à une forte lumière, et c'est ce

‘ qu'on pourrait appeler coagulation plasmatique interne.

Voilà donc encore une cause d’erreur, même dans l'appréciation de la « qualité » du caillot, apanage pourtant exclusif du procédé de l’éprouvette; et ce fait montre combien peut être délicate l'observation d’une

coagulation, même dans le plus simpliste des procédés,

Voici encore? tubes d'un même sang et dont le caillot est absolument dissemblable. L'aspect semble normal dans le BLOCH 3

ps pe

gros tube. Il a coagulé encore en 7°. Dans le petit, il y a eu typiquement le phénomène de la sédiméntation, — coagulation en plus de 30’, puis ce qu'on pourrait appeler rétraction plasmatique.

Ici encore, énormes différences de temps de coagulation et d'aspect du caillot, suivant le calibre du tube.

Ces exemples pris au hasard suffisent à illustrer notree affirmation que le procédé des tubes est susceptible souvent d'incertitudes et même d'erreurs. Est-ce à dire qu'il faut l'abandonner? Non, car, avec ses imperfections, il reste la seule méthode pratique d'appréciation de la vitesse de la coagulation.

C'est la valeur de cette notion « vitesse » elle-même,

que nous aurons à envisager et à discuter.

INSUFFISANCE DES NOTIONS TIRÉES DE L'EXAMEN DIRECT DE LA COAGULATION IN VITRO, ET DE LA VITESSE DE COAGULATION.

Nous croyons avoir montré l'insuffisance des méthodes précédemment décrites par manque de sensibilité ou par inconstance dans les résultats.

On peut expliquer leur échec.

Il est des maladies qui sont avant tout des « maladies de la coagulation », — l’hémophilie en est le type; — aucune méthode spéciale n’est nécessaire en clinique pour montrer l'énorme vice de la coagulabilité sanguine, qui a pour signe immédiatement objectif le retard considérable de la coagulation du sang in vitro. Il nous semble que l'évidence brutale de ce retard a fasciné presque tous les auteurs qui se sont occupés d'évaluer la coagulabilité sanguine dans les autres états morbides. D'où l'effort fait uniquement vers la détermination du temps ou de la vitesse de coagulation dans les maladies. __ Les quelques considérations suivantes vont nous permettre d'exposer pourquoi nous croyons que le problème est ainsi mal posé.

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