‹ La Coagulabilité SanguineChapitre 20 sur 48 · J179DU1 WIRD · texte numérisé non relu

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CONCEPTION PHYSICO-CHIMIQUE DE LA COAGULATION ET DES ANCIENS « PHÉNOMÈNES DIASTASIQUES ». — LA COAGULATION, PHÉNOMÈNE CATALYTIQUE

Le calcium déchaine l’activité des substances coagulantes, qui se transforment pour donner la fibrine solide; il est indispensable à cette transformation, mais ne semble pas se transformer lui-même. Il y a, en chimie, toute une catégorie de phénomènes qui ne se produisent qu'en présence de corps ne semblant pas participer aux réactions, parce qu'ils ne s’y modifient pas, mais qui néanmoins y sont indispensables. C'est là, ce qu'on appelle la catalyse : une ou plusieurs substances peuvent se combiner ou se séparer sous l'influence d'un corps particulier qui ne prend pas part à la réaction (hydrogène et oxygène en présence de mousse de platine, décomposition de l’eau oxygénée par l'argent en poudre, etc..….).

Le phénomène catalytique a pour essence l’action d'un corps sur la modification de plusieurs substances, sans que ce corps soit lui-même en rien modifié.

I semble que La coagulation rentre dans la catégorie

* de ces phénomènes catalytiques, le corps nécessaire et actif, « le catalyseur » étant le calcium (1).

Les idées de Nolf, la théorie des précipitations colloïdales ne sont pas aussi opposées qu’on pourrait le croire aux théories fermentatives, enzymatiques ou diastasiques classiques. En effet, la conception moderne des diastases est loin d’être celle qu'on en avait il y a quelques années. On tend à se rapprocher de l'opinion primitive d’'Arthus et Noegeli qui niaient que l’action des diastases fut due à leur constitution chimique, mais pensaient qu’elles agissaient ainsi que des forces spéciales, transmissibles comme l'électricité, lalumière, ete.

‘On connaît un grand nombre de phénomènes enzymatiques où la présence d’une trace d'acide, d’alcali ou de sel, a une importance primordiale, comme la trace de sel de calcium dans la coagulation. (L'importance du sel calcique est tout aussi grande dans l'activation du proferment lab de la coagulation du lait, de la protrypsine dans la digestion pancréatique, etc...).

L'importance d’autres substances minérales, — fer, manganèse, — est aussi grande dans d’autres phénomènes diastasiques (G. Bertrand, Trillat, Phocas).

Enfin, la découverte de diastases non albuminoïdes et de solutions colloïdales purement métalliques, ayant la propriété de diastases (Bredig, Trillat, Robin, Bardet), a modifié complètement la conception générale de ces dernières.

(1) Ce terme a déjà été appliqué à la coagulation : le fibrin-ferment opère la transformation du fibrinogène en fibrine à la manière d’un calaly-

seur sans prendre part lui-même à la constitution de la fibrine, (Théorie classique).

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Leur action catalytique ne paraît pas due à la nature du métal lui-même, mais à la forme colloïdale sous laquelle il se présente.

Ainsi dans tous les phénomènes fermentatifs d’autrefois, le rôle de l'élément minéral vient en premier plan.

Le rôle du calcium dans la coagulation n’est donc pas une exception.

Quant à la nature intime de l’action de l'élément minéral dans le phénomène catalytique, elle est encore forcément hypothétique. Les « grains colloïdaux » possèdent-ils une charge électrique due aux frottements de leurs mouvements browniens ou à leur état d’ionisation? Ne servent-ils que de substratum à une forme spéciale transmissible de proche en proche et indépendante de la nature spécifique du corps qui la porte?

C'est là l'opinion primitive de Liebig, Stahl, Noegeli Arthus à laquelle on est ramené.

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