RÉSULTATS. — INTÉRÊT CLINIQUE
Cette méthode est beaucoup plus longue à exposer et à décrire qu’à pratiquer.
Elle ne nécessite pas d’appareils compliqués, mais des solutions bien titrées et fixes, des tubes à hémolyse, de petites éprouvettes et de longues pipettes bien graduées. Avec un peu d'habitude, on arrive très rapidement à effectuer la prise du sang dans la solution citratée, la préparation des tubes avec la solution calcique, la répartition du sang.
Les causes d'erreur peuvent provenir : d'une faute dans le titrage des solutions — faciles à éviter pour les techniciens qui les préparent; — d'erreur dans la mesure de la prise de sang, rare grâce au procédé de correction que nous avons indiqué; d'erreurs dans la répartition des doses de chlorure de calcium et de sang dans les tubes : la mesure de ces doses est très facilitée par la grande dilution et les longues pipettes (1).
(1) Une fois le sang citraté et dilué, il est inutile de se hâter. La solution
se ôr à ni Q e :
s’altère peu à froid. Nous avons pu recommencer des expériences avec des
a dilués, citratés, conservés 24 heures au froid, sans voir varier les résultats.
Les tubes doivent être soigneusement nettoyés et passés au rouge sombre à la flamme.
Au surplus, chaque essai de mesure de la coagulabilité d'un sang inconnu doit comporter celle d'un sang témoin connu, un sang normal dont la coagulabilité n’est pas exposée à des variations. Avec ces précautions, la méthode présente une très grande constance dans les résultats : elle donne une sécurité que n’offrent pas les” autres procédés que nous avons pu étudier simultané: ment, en particulier, la mesure de la vitesse de coagulation de sang pur. (Nous avons vu quelles variations cette dernière présentait même dans les cas normaux). Enfin, la méthode est sensible, et grâce à elle, nous avons pu apprécier des différences de coagulabilité
nettes dans des sangs où les procédés actuels ne per- €
mettaient pas d’en révéler.
Nous avons montré au début de ce travail que, à part les très grands vices de la coagulation, les techniques usuelles étaient généralement en défaut dans la plupart des maladies — par insensibilité ou par inconstance.
Dans le cas supposé d'augmentation du pouvoir coagulant d'un sang, le seul critérium qu'on possédait était la mesure de sa vitesse de coagulation (le facteur le plus inconstant, comme nous l'avons vu). En somme, jamais on n’a pu prouver l’hypercoagulabilité d'un sang. Or, rien n’est plus frappant que certaines séries de nos tubes, par la précocité d'apparition du seuil, la force et l'importance des coagulum successifs permettant
d'affirmer par comparaison avec un sang normal, un
indice de coagulabilité très élevé (4 ou plus). En gé néral, l'hypercoagulabilité s'accompagne d'hyper-rétractilité.
Fig. 18. — Exemple de coagulabilité normale avec irrétractilité.
# Mêmenetteté pour les sangs à coagulabilité diminuée :
EST R EE SENTE ANT LE re SOL LIRE EE OR
Fig. 19.
Voici, par exemple, un sang qui, dans le procédé classique de l'éprouvette, a coagulé en 7 minutes. La rétraction est un peu faible. Rien ne permettait de conclure à un trouble quelconque de la coagulabilité, si dans nos tubes ne s'était montré nettement un indice faible au seuil (1,33) avec rétractilité insuffisante.
Fig. 20.
Voici encore un exemple d'incertitude de la technique
classique tranchée par notre méthode. Ce sang, dans BLO CH e
un gros tube, reste complètement irrétractile. Dans un petit, la rétraction était ébauchée. On n'aurait pu rien conclure, si dans notre tube, la rétraction ne s'était montrée parfaite (les hématoblastes étaient nor-
maux).