‹ La Coagulabilité SanguineChapitre 6 sur 48 · SN DIS · texte numérisé non relu

SN DIS

«Le premier fait anormal qui frappe, en étudiant ce phénomène, est la diminution ou la perte complète de la rétractilité du caillot et par suite, l'absence du sérum. On peut retourner le vase sans voir s'écouler la moindre goutte de sérum. Le caillot, conservé plusieurs jours, reste tel quel jusqu’à putréfaction ».

Hayem ajoute (nous aurons à y revenir au cours de notre étude sur la coagulabilité, dans les cas pathologiques) :

« Dans une certaine catégorie de faits, cette absence de rétractililé correspond à une particularité anatomique, dont j'ai pu vérifier expérimentalement l'intervention : la grande rareté des hémaloblastes (1895Y. II en est ainsi dans certaines formes de purpura, surtout dans le purpura hémorragique, dans l’anémie pernicieuse progressive, les états cachectiques très avancés avec anémie extrême. »

Hayem a pu étudier enfin, par son procédé de l’éprouvette, une autre anomalie du caillot sur laquelle nous aurons également à revenir ; c'est.le caillot par sédimentation : « Quand la coagulation tarde à se faire, les globules rouges tombent au fond, surmontés par une coùuche de globules blancs et d’hématoblastes. La répartition des éléments n'étant plus égale, la rétraction du caillot cesse d’être uniforme. La couche des globules blancs et des hématoblastes se rétracte plus que le reste; dans {a pneumonie, par exemple, la coagulation ayant lieu avec lenteur, le caillot est surmonté d'une cupule blanchâtre plus rétractée que la partie eruorique : c'est la crusta phlogistica des anciens phlébotomistes. »

Au maximum de la sédimentation, « on peut voir une couche cruorique non rétractée, surmontée d’un long cylindre en gorge de poulie, complètement incolore ».

Enfin, Hayem a également observé le phénomène de la «€ redissolulion du caillot »; après une coagulation normale avec production de sérum, le caillot redevient liquide et le sang sédimente secondairement en une couche supérieure plasmatique et une couche inférieure cruorique.

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Hayem ne s’est pas contenté de ce mode d'observation du sang dans l'éprouvétte. Il s’est efforcé de trouver un moyen d'appréciation directe du réticulum fibrineux et il y est arrivé par le procédé de la cellule à rigole, avec observation au microscope.

Grâce à cette technique, il a pu différencier objectivement divers types de sangs d’après l'aspect de leur réseau fibrineux.

Le sang normal ne laisse apercevoir après la coagulation que de rares fibrilles ne dessinant pas un réseau complet.

Le sang fibrineux franc type n° 1 est caractérisé par l’apparition d'un réticulum à fibrilles à la fois épaisses et nombreuses.

Le sang fibrineux atténué, type n°? a pour caractère un réticulum à fibrilles épaisses mais moins nombreuses et moins serrées.

Le sang fibrineux à fibres grèles, type n° 3, a des filaments de fibrine moins épais.

Entre les mains de Hayem et de ses élèves, cette méthode de travail a donné de remarquables résullats dans l'étude des maladies du sang et même de quelques aulres maladies. Mais la plupart des états morbides, quant àlacoagulabilitésanguine, n'ont pas bénéficié de ce mode d'observation. C'est là la première critique à faire, nous semble-t:l, à cette technique : son manque de sensibilité. La dernière critique est celle que nous avons déjà faite aux procédés du premier groupe : l'énorme cause d'erreurs introduite par la prise du sang au doigt, son écoulement lent, le contact avec les tissus. Un grand progrès fut réalisé par la prise de sang à la veine.

Prise du sang dans la veine. — Fayem {1898) déclare que s'il préfère à la ponction veineuse la prise de sang capillaire, ce n'est pas pour une question théorique, mais simplement parce qu'il lui répugne d'affronter un traumatisme possible de l’endoveine par l'aiguille.

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Depuis que Widal et Bensaude, P.-E. Weil ont employé couramment ce mode de prélèvement du sang, il s'est à ce point vulgarisé qu'actuellement on est sûr de son innocuilé.

Les avantages en sont évidents : il est possible que le sang capillaire soit, au point de vue coagulabilité, identique au sang des gros vaisseaux et que dans les grands états hémophiles, le sang pris au doigt reproduise les mêmes vices de coagulation que le sang de la veine. Mais ce qu'on peut affirmer, et nous l'avons nous-même, maintes fois vérifié, c’est que, à l’état normal ou dans les maladies, bien souvent on a des résultats absolument différents, suivant que l’éprouvette contient du sang puisé directement à la veine ou éxtrait (péniblement en général) du bout d'un doigt. Ce dernier ne donne jamais qu'une quantité de sang minime comparée aux quantités considérables que, sans inconvénient, on peut tirer de la veine. Et ces 2? ou 3 centimètres cubes de sang du doigt donnent souvent des temps et des images de coagulation extrêmement irréguliers.

Il nous est arrivé, — dimensions et propreté des éprouvettes étant égales d'ailleurs, — de voir chez un même sujet des écarts considérables de temps de coagulation, des irrétractilités du caillot, succédant à des rétractilités normales ou fortes, des états laqués du sérum, explicables certainement par les contacts avec la plaie, les impuretés du doigt, les parcelles de caillot débutant autour de la plaie et qu'on surprend quelquefois sous forme de petites stalactites autour desquelles se forment les gouttes successives de sang.

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C'est par le procédé de la ponction veineuse que les auteurs récents ont étudié les retards de coagulation et les viciations du caillot dans l’hémophilie, les états hémorragipares et les purpura.

Partout, il n'est pas exempt de toute critique.

Critique du procédé de l’éprouvette. — Cette méthode de l’éprouvette a donné de bons résultats dans les grands vices de la coagulation (type hémophile).

Il n’en est pas de même dans les diverses maladies. Le plus souvent, les résultats sont flous. La méthode n'est pas assez sensible pour qu'on en tire des conclusions nettes.

Il y a plus : les résultats ne sont pas sûrs. Au cours d'une même prise de sang, divers échantillons peuvent donner des temps de coagulation et des aspects de caillots différents (Vaquez, Apert (1), Grenet) (2).

Voici quelques faits que nous avons observés : (sang pris à la veine, — tubes de calibre égal minutieusement

neltoyés et rougis à la flamme).

a) Quelquefois les résultats sont assez constants chez les

mêmes malades :

TEMPS DE COAGUL. ASPECT DU CAILLOT Cas S. — Purpura.

DS UULLLE ER QUE SRTAIQUIeS RE irrétractile 4 — Me 8 — aMTE Li d — SN pr EU) — PU = Al — Es TER TE re HE ET Lis EAU TER 9 = Es

(1) Aperr. Le Purpura. Thèse Paris, 1897. ; (2) Grener. Pathogénie du purpura. Thèse Paris, 1905.

Cas N. — Syphilis sec.

3 mai .

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Cas S. — Congestion pulmonaire 8 octobre.

Cas G. — Tuberculose.

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