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Angelo Petrone (1) arrive au même résultat en piquant une petite veine superficielle et en plongeant, de temps en temps dans l’eau, le sang prélevé à la pointe du bistouri.
Brodie et Russel (2) observent au microscope une goutte de sang en chambre humide. Un dispositif permet de souffler un léger courant d'air et le microscope amplifie les mouvement observés à la surface de la goutte. Quand ceux-ei cessent, la coagulation est accomplie.
Ils ont pu, par ce procédé, vérifier l'influence considérable de la température sur le temps de coagulation normale qui, de 7 à 8 minutes à 20° passe à 3 ou 4 minutes à 30°.
Avec les procédés de Wright et de Sabrazés, nous abordons les méthodes plus précises sans être beaucoup plus compliquées.
Wright (3) aspire le sang dans une série de petits tubes de verre épais à pointe effilée, de 10 centimètres de long et de 0 cm. 025 de diamètre, munis d’une petite poire de caoutchouc. Un trait sur le verre indique la quantité de sang à prendre par piqûre au doigt, quantité égale pour tous les tubes. Ces tubes sont numérotés. On note d'une façon très précise, à l’aide d’une montre à secondes, l'heure du remplissage de chaque tube.
Dès qu'un tube est rempli, on le place dans un récipient cylindrique protégé par plusieurs enveloppes contre l'influence de la température extérieure et dans lequel la température est maintenue à 18°,5. On attend 1 à 2? minutes, puis on souffle le contenu des tubes sur du papier buvard. Si, tout le contenu du 1‘ tube sort liquide, on attend encore; si le tube est bloqué par le coagulum, on passe au tube suivant et, ainsi de suite, on arrive à un Lube liquide avec un peu de fibrine, le
(1) Il Morgagni, 1897.
(2) Brome et Russer. Journal of Physiology, mai 1897. . (3) Brilish Medical Journal, 1894. — Journal of Phys., 1902. — Lancet de 1896 à 1904.
tube suivant étant complètement liquide. L'heure exacte est notée à ce moment et on déduit, par soustraction, avec l'heure de prélèvement des tubes correspondants, le temps en secondes, du début et de la fin de la coagulation.
Wright a trouvé de 3! à 6’ pour le sang normal.
I! n'y a de grosses différences que pour les maladies hémorragipares et les hémophiles.
Sabrazés (1) emplit par capillarité une série de fins tubes, en notant exactement les heures de prélèvement du sang. On les brise successivement jusqu'au moment où on trouve la limite de la coagulation et de la non-coagulation.
Sabrazés trouve, par ce procédé 7 à 8 minutes comme temps normal de coagulalion.
A part les grands états hémophiliques, les différences dans les autres maladies sont minimes el n’obéissent pas à des lois générales.
Critique de ces procédés.
Elle porte :
1° Sur la technique elle-même.
2° Sur les résultats.
Tous reviennent au fond à prélever de temps en temps un peu de sang au bout du doigt et à voir avec quelle vitesse il fait prise. Les instrumentalions de Wright et de Sabrazés sont d’un usage assez répandu actuellement .
Remarquons que les procédés décrits usent de sang recueilli au doigt par piqûre. Se basant sur ce fait, Milian (2), dès 1901, en fit la critique.
Il partit de celte remarque très importante qu'après
: 0 Gazette hebdomadaire des Sciences de Bordeaux et Thèse GENEUIL,
Ne de Biologie, 1904, p. 556 et 516, et Presse médicale, 1904.
Mont
piqûre au doigt, les diverses gouttes prélevées ont un temps de coagulation très différent et que, d’une façon générale, les gouttes du milieu de l’hémorragie coagulent plus lentement que les gouttes du début et beaucoup plus lentement que les gouttes de la fin; et, il établit facilement que ce fait est dû à l’action des sucs tissulaires de la peau. L’extrait de peau montre une action manifestement favorisante de la coagulation in vitro, el il conclut : « La technique actuelle « pour l’étude clinique de la coagulation du sang est grossière « et ne peut être employée utilement ».
Il préconise le procédé dit « des lames » qui a l'avantage d'éliminer certaines erreurs de contact et surtout d’être extrêmement simple.
‘Il consiste à recueillir le sang par gouttes et non en volumes appréciables sur des lames de verre bien propres, lavées à l'alcool, séchées et placées toujours dans les mêmes conditions de température, ventilation, etc.
Il est très facile d'apprécier le moment où la coagulation est terminée. Il suffit de soulever un peu la lame pour y cons: Later un léger mouvement à la surface du liquide ou l’immobilité absolue. Si le moindre doute existe, en dressant la lame
Fig. 1.
verticale et en la regardant de profil, on voit la goutte se déformer en larme si le sang est encore liquide, demeurer plan convexe si le sang est pris en masse (fig. 1).
La coagulation s'effectue assez lentement par ce procédé
(15 minutes environ dans les conditions ordinaires), ce qui facilite l'observation (1).
C’est à l’aide de ce procédé qu'il a pu déterminer les différences considérables de coagulabilité des gouttes de sang au début, au milieu, à la fin de l’hémorragie, l'importance du suc des tissus avoisinants et l'influence très grande de la température sur le temps de coagulation.
Par contre, nous ne croyons pas qu'il ait pu constater dans les diverses maladies des différences notables dans la coagulabilité.
Ici, nous abordons le deuxième point de notre critique. En effet, ou bien le trouble sanguin est très grand et aucun procédé spécial n’est nécessaire pour apprécier des retards considérables d'une demi-heure ou plus; ou bien, il s’agit de troubles sanguins peu accusés dans des syndromes non hémorragipares, et alors aucun de ces procédés ne donne de différences assez constantes pour qu’on puisse en tirer des déductions générales.
Voyons, en effet, les « temps » fournis par les procédés de Sabrazés et de Wright.
Sabrazés donne comme temps de coagulation normale 7 ou 8 minutes. Voici quelques-uns des temps trouvés au point de vue pathologique :
Ictère 12’. Septicémie 3’. Paludisme 12’ à 17'. Néoplasme 3, 9, 10°, 71. Hémophilie 35’, elc.; donc ni constance ni lien apparent entre ces chiffres ‘2).
Wright donne comme temps de coagulation normale 3! à 6’.
Voici, en effet, quelques chiffres, qu'avec son appareil, nous avons trouvé à l’état physiologique : 210, 3/10, 440. Mais, à l’état pathologique, nous avons trouvé : 3/10 dans un ictère, 410 dans un fibrome, 320 dans un cas de salpyngile suppurée avec fièvre, 25 dans un cas qui nous donnait par d'autres procédés (éprouvette) un retard considérable.
1) Mira, Presse Médicale, 1904. Lé
( \ (2) Thèse Geneuiz, 1904.
no r.
Ce qui frappe, c’est le peu de différences entre les chiffres normaux et les chiffres pathologiques.
Il est vrai que Wright trouve, avec son appareil, de très gros retards dans les cas d’hémophilie. Mais, ce ne sont pas ces derniers cas où un procédé sensible de mesure est nécessaire.
Nous n’insistons pas sur les causes d’erreurs capitales dues in vitro au contact, car nous aurons à y revenir au sujet des procédés suivants. De même, nous aurons à discuter l'importance véritable du facteur « temps » dans la coagulation.
L'exploration du temps de la coagulation par piqüre des téguments, a un autre intérêt. En effet, comme le faisait remarquer Hayem (1) l'expression de coagulabilité sert à désigner deux propriétés différentes : celle que possède le sang de se coaguler in silu, au niveau d’une plaie, et celle de se prendre en masse dans le vase où il est reçu.
Le procédé de la piqûre des téguments pourra servir à nous renseigner sur le temps de coagulation in situ à la plaie (pouvoir hémostatique). |
C'est le procédé étudié récemment par Duke sousle nom de
temps de saignement.
Le temps de saignement (2}.— On pratique une piqüre au lobule de l'oreille; on aspire les gouttes, sans essuyer ni tamponner, sur une feuille de papier buvard, de 1/2 minute en 1/2 minute. Normalement, l’hémorragie cesse en 2? minutes 1/2 à 3 minutes 1/2; l'écoulement est régulier. Il peut être pathologiquement allongé et irrégulier. On voit qu'il ne s’agit plus de mesurer un pouvoir coagulant humoral, mais l'aptitude de l’organisme, — tissus et humeurs, — à arrêter une hémor-
(1) Du sang et de ses altér, anatomiques. Masson, 1889.
(2) Duke (W. W.). À simple instrument for determining the coagulaion-time of the blood. The Archives Int. Med., february 1912.
ragie. Duke (1) pense que les altérations des plaquettes sanguines ont un rôle prépondérant dans les anomalies du temps de saignement. De grands hémophiles, des anémiques graves, de grands purpura (Duke) peuvent présenter des temps de saignement de 15°30' et plus. Les fillettes ménorragiques, avec troubles de coagulation sanguine, présentées récemment par P.-E. Weil (2) avaient des temps de saignements variant de 30’ à 1h. 30°. Mais au cours des maladies (P.-E. Weil), le temps de saignement est généralement normal.
Procédé de l’éprouvette.
L'observation de la coagulation est incontestablement plus complète par le procédé de Hayem :
« Après bien des tâtonnements, j'ai été conduit à abandonner tous les appareils spéciaux que j'ai fait construire et à m'en tenir à un procédé extrêmement simple. Il consiste à recevoir le sang issu des vaisseaux divisés (veines, artères, capillaires) dans une éprouvette de verre à fond plat toujours la même, et qu’on laisse s'emplir, jusqu'à un certain niveau marqué à l'avance par un point de repère. La température du milieu est notée avec soin et le temps devant servir de mesure à la coagulabilité est compté d'une manière uniforme depuis l'issue de la première goutte de sang jusqu'au moment où l’on peut retourner le vase sans que la masse se déforme. Le point de départ est facile à saisir; il n'en est pas de même de la seconde limite. On sait, - en effet, que la solidification du sang ne se fait pas brusquement, c'est-à-dire d’un seul
(1) Duxe. Arch. of the Med., novembre 1912, janvier 1913.
(2) P.-E. Wir, Les ménorragies de la puberté. Soc. méd. des H6p., 28 juin 1912.
SRE SE
coup, à un moment précis. Le phénomène évolue d'une manière progressive, à tel point que pendant une période relativement assez longue, on reste dans l'hésitation en se demandant si la prise en gelée est effectuée ou n'est encore qu'imminente. (Hayem, Du Sang).
Ce procédé permet en outre l'ébauche d’une étude sur le « temps de saignement ». Car, après la piqûre du doigt, Hayem décrit « l'écoulement facile » et ses causes (anémie chronique intense, hémophilie), « l'écoulement difficile » (coagulabilité exagérée).
Dans l’éprouvette, d'après Hayem, normalement la coagulation a lieu en 10 à 20 minutes. « Une coagulation plus rapide n’a pas grande signification »; il n’en est pas de même pour les retards : 1/2 heure, 1 heure, 8 à 10 heures dans les grands états hémophiliques et hémorragipares.
L'avantage de la méthode de l’éprouvette est de permettre l'étude des phénomènes ultérieurs à la prise en gelée : le caillot, le sérum.
« Il est extrêmement intéressant, dit Hayem, au point de vue pathologique, de suivre, pas à pas, la marche du phénomène. Je ne pense pas que cela ait été fait méthodiquement avant mes recherches. Normalement, quelques minutes après la coagulation, la surface du caillot se creuse en godet et s’humidifie légèrement. Bientôt, quand il s'agit de sang recueilli dans une éprouvette cylindrique, la partie moyenne du caillot se décolle de la paroi et laisse apercevoir une légère lame de liquide. La séparation commence au bout d’une 1/2 heure à 1 heure, puis, se poursuit plus ou mois rapidement pour être déjà très avancée au bout de 4 à 6 heures; mais elle n’est guère complète qu'au bout de 12 à 18 heures. Le caillot primitif est comme une éponge imbibée de liquide mais douée d'une grande rétractilité. En se condensant, en revenant sur lui-même, il exprime en partie le liquide qui l'imbibe; c'est un liquide libéré qui constitue le
sérum.