Répartition statistique des gouttes suivant le diamètre
Nous ne pouvions songer à employer la méthode des couronnes de diffraction qui, d'une part, ne nous aurait pas renseignés sur la répartition statistique des diamètres et, d'autre part, ne s'applique pas, d’après une étude théorique récente de Wilson, aux diamètres inférieurs à sou [26].
Nous avons donc recueilli les gouttes dans une coupelle de plexiglass remplie d'une mince couche d'huile et posée sur un support. On a, en effet, intérêt à ne pas suspendre la coupelle à l’aide de ficelle ou de fil de fer afin d'éviter des phénomènes d'adsorption gênants (voir Chap. IX). Le support est placé au fond du tube et celui-ci doit être rempli d’eau ‘presque jusqu'au niveau supérieur du support afin d'éliminer l'influence des remous (Jig. 2). Il est facile de photographier les gouttes et, par conséquent, de les mesurer et de les compter.
Les résultats trouvés sont décevants : les diamètres sont beaucoup plus faibles que ceux qu'on peut déduire de la loi de Stokes: et les masses par unité de volume,
calculées d’après le nombre et le diamètre des gouttes, très inférieures à celles que donnent les mesures directes.
On est donc vraisemblablement en présence d’un phénomène de dissolution de l’eau dans l’huile comme l'ont signalé Kinoshita et Ushiyama [27], et, plus récemment Brun et Pauthenier [28], phénomène contre lequel il est difficile de se défendre, même avec les artifices habituellement employés.
Fig. 2. — Dispositif employé pour recueillir les gouttes de brouillard en vue de leur observation.
Les courbes de répartition statistique des gouttes en fonction du diamètre sont donc elles-mêmes faussées, et l’on peut seulement en retenir que le maximum de ces courbes est très aigu et situé vers les petits diamètres de sorte qu’elles ont l’allure générale de courbes de Gauss, dont la moitié gauche manquerait. Ce résultat est conforme à ce qu’ont trouvé Bricart [26] et Findeisen [29] et est dû peut-être seulement aux difficultés de mesurer des diamètres très faibles, ou aussi au fait que les très petites gouttes tendent à s’évaporer au profit des plus grosses — phénomène qui tend à modifier de façon continue la répartition primitive.
En résumé, la loi de répartition exacte est très difficile à obtenir, mais, en fait, l’hétérogénéité semble faible.