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CHAPITRE VII

Intentions des Hauts Alliés,

A i/autorite de l'épreuve suppléent aisément les méditations de la prudence, quand surtout les documens du passé viennent à leur aide.

Il est facile de concevoir que la France, une fois épuisée d'or, les Hauts Alliés ne nous diront pas : " Appauvris par vingt- " cinq ans de guerre, ruinés par la paix " que nous vous avons dictée, respirez en- " fin ; cette fois la réconciliation ne vous " sera pas onéreuse : nous n'exigerons plus " des garanties à regret demandées, parce " que vous étant replacés sous le gou- " vernement paternel de vos Rois, vous of- " frez ainsi à l'Europe un gage suffisant de " sécurité et de stabilité. (1) "

On ne peut point nous tenir ce langage

(1) Considérant du Traité de Paris, 30 Mai 1814=

secourable : les motifs qui ont commandé les stipulations de Paris seront encore là, pour en maintenir la stricte exécution : ils parleront plus haut que la détresse du peuple français, plus haut que la générosité de ses libérateur1 s !

Les cabinets alliés, en déclarant que leur objet a été de donner aux principes consacrés par les traités de Chaumont et de Vie?me9 V application la plus analogue aux circonstances actuelles, et de lier les destinées de la France à V intérêt de l'Europe (1), se sont interdit la faiblesse d'accueillir des considérations étrangères à leur sincère désir de consolider ce résultat vers lequel leurs efforts réunis ont été constamment dirigés.

Peuvent-ils ne se pas croire engagés à maintenir inviolables des arrangemens pris (2) sous rinfluence salutaire des lois de la religion et de la nature ? (3)

(1) Note adressée par les ministres des quatre coufs réunies, à M. le duc de Richelieu, le 20 Novembre

(2) Traité conclu entre les quatre puissances, le 20 Novembre 1815, art. 2.

(3) Article additionnel au Traité principal du 20 Novembre.

Aussi, a-t-il été signé à Paris, entre les chefs de la Coalition, un Traité qui vous défend jusqu'aux consolations de l'incertitude. Dans cet oracle funeste, il n'y a pas d'ambiguité : l'avenir s'y présente déjà tout sorti de l'urne.

Français, lisez-le ; qu'il soit votre catéchisme politique ; que vos enfans n'aient pas d'autre Abécédaire. Les Hollandais, après l'envahissement de Louis XIV, faisaient marcher de front, dans leurs écoles, l'Evangile de J. C , et les manifestes du conquérant.

Lisez-le donc, et voyez comme " LL.

" MM. l'empereur d'Autriche, le roi du " royaume uni de la Grande-Bretagne et " d'Irlande, le roi de Prusse et l'empereur " de toutes les Russies, désirant de resser^ " rer les liens qui les unissent pour l'intérêt " commun de leurs peuples, ont résolu..... " de fixer d'avance, par un traité solennel, «' les principes qu'elles se proposent de sui- " vre pour garantir l'Europe des dangers " qui pourront encore la menacer."

Par l'article 1er, " les hautes parties con- " tractantes se promettent réciproquement

" de maintenir dans sa force et vigeur le " traité signé avec S. M. T. C, et de veiller " à ce que les stipulations de ce traité, u ainsi que celles des conventions qui s'y " rapportent, soient strictement et fidèle- " ment exécutées dans toute leur étendue"

L'article 2 engage les souverains " à " maintenir l'exclusion de Napoléon Buo- " naparte et de sa famille, à garantir la " France contre les principes révolution- " naires qui pourraient la déchirer encore, " à veiller, avec toutes leurs forces, à la " tranquillité et aux intérêts de leurs peu- " pies"

Suivant l'article 3, " en convenant avec " S. M. T. C. de faire occuper pendant un " certain nombre d'années, par un corps de " troupes alliées, une ligne de positions mi- " litaires en France, les Hautes Parties " Contractantes ont eu en vue d'assurer au- " tant qu'il est en leur pouvoir, l'effet des " stipulations des articles 1 et 2 ; et, con- H stamment disposées à adopter toute mess sure salutaire propre à assurer la Iran- " quillité en Europe par le maintien de " l'ordre établi en France, elles s'engagent,

" dans le cas où ledit corps d'armée fût "attaqué ou menacé d'une attaque de la " part de la France, comme dans celui que " les puissances fussent obligées de se re- " mettre en état de guerre contre elle, pour " maintenir Tune ou l'autre des stipulations, " (1) ou pour assurer et soutenir les grands " intérêts auxquels elles se rapportent, à " fournir,sans délai, en sus des forces qu'elles " laissent en France, chacune son plein " contingent de 60,000 hommes."

D'après l'article 4, " si les forces, stipu" " lées par l'article précédent, se trouvaient " malheureusement insuffisantes, les Hautes " Parties Contractantes se concerteront, " sans perte de temps, sur le nombre addi- " tionnel des troupes que chacun fournira " pour le soutien de la cause commune, et " elles s'engagent à employer, en cas de

(1) Rien ne peut mieux éclairer sur les secrets de la politique des Hauts Alliés, que le soin pris dans ce passade, d'assimiler le cas où une catastrophe révolutionnaire viendrait troubler la France, aux chances qui forceraient le Roi et son peuple de manquer à l'exécution de quelqu'un, des articles du Traité,

" besoin, la totalité de leurs forces pour " conduire la guerre à une issue heureuse " et prompte, se réservant d'arrêter entre " elles, relativement à la paix qu elles signe- " ront d'un commun accord, des arrange- " mens propres à offrir à l'Europe une ga- " ratifie suffisante contre le retour d'une " calamité semblable."

Par l'article 5, " les Hautes Parties Conu tractantes, déclarent qu'après l'expira- " tion de l'occupation temporaire, lesdite " arrangemens n'en resteront pas moins " dans toute leur force et vigueur..."

Enfin, l'article 6 vous apprend que, " pour assurer et faciliter l'exécution du " présent traité, et consolider les rapports " intimes qui unissent aujourd'hui les quatre " souverains pour le bonheur du monde, " les Hautes Parties Contractantes sont " convenues de renouveler, à des époques " déterminées, des réunions consacrées aux " grands intérêts communs.,." &c*

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