‹ La cocaïne en chirurgie (volume 2)Chapitre 35 sur 53 · AMPUTATION DE LA VEEGE · texte numérisé non relu

AMPUTATION DE LA VEEGE

ciseaux et les " oreilles" tombent. Il faut avoir soin aussi d'inciser le frein presque toujours trop court; il reste, pour terminer l'opération, à suturer la peau et la muqueuse; je fais la juxtaposition, non au fil de soie, mais au catgut fin pour qu'il se résorbe; il n'esb plus nécessaire de découdre au bout de quelques jours, ce qui est douloureux en tissus enœdématiés.

U amputation de la verge est une opération rare. Je l'ai pratiquée sous l'analgésie cocaïnique avec le plus grand succès. Je commence par injecter dans le canal, si le cancer le laisse encore perméable, une certaine quantité d'alcaloïde, le contenu de deux ou trois seringues. Puis j'injecte, dans le derme, au niveau du point où je dois le sectionner, une traînée circonférentielle d'alcaloïde ; nouvelle traînée sous l'enveloppe fibreuse des corps caverneux et spongieux, traînée discrète, car l'absorption dans ce tissu vasculaire menace d'être trop rapide. On coupe cette nouvelle couche à petits coups pour ne pas trancher trop vite l'urèthre dont on conservera un assez long bout de muqueuse afin de pouvoir la suturer à la peau, ce qui hâtera la cicatrisation et atténuera les rétractions cicatricielles.

J'ai extirpé à la cocaïne des varices à la face dorsale de la verge chez un individu qui attribuait à ces ectasies veineuses la disparition soudaine des érections. Une traînée analgésique

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dans la peau, au-dessus du vaisseau dilaté, permit sa mise à nu, sa ligature et la résection d'un segment qui mesurait 6 centimètres de longueur. Puis le tégument fut suturé. Pas la moindre souffrance, cicatrisation rapide et, au bout de quelques semaines, les érections et l'éjaculation, qui avaient disparu depuis quelques années, revinrent avec une certaine fréquence.

Pour VîirétJirotomïe interne, on introduit dans le canal le conducteur de Maisonneuve. Lorsqu'il est en place, on fait glisser, dans sa cannelure, la pointe de l'aiguille de la seringue et l'on y pousse ie contenu. Le liquide suit le conducteur mais le déborde dans tout le trajet, et se met au contact de la muqueuse dans toute l'étendue de l'urèthre et en particulier au niveau du rétrécissement où, par définition mênae, le canal est plus étroit et forme comme un barrage. Pour que l'analgésie soit sufiSsante, il faut vider, dans le conducteur, le contenu de 4 à 5 seringues de solution kl % et attendre les cinq minutes traditionnelles. L'uréthrotome est introduit dans le conducteur et coupe le rétrécissement, sans que le patient éprouve la moindre souffrance.

Vuréthrotomie externe est du domaine de la cocaïne; j'injecte dans le canal uréthral quelques seringues de solution qui arrivent jusqu'au niveau du rétrécissement, grâce à la pression exercée en fermant le méat. Puis, sur la ligne

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médiane du périnée, je fais une traînée analgésique de huit centimètres qui suit le trajet classique ; je coupe la peau ; au-dessous, toujours étroitement sur la ligne médiane, j 'analgésie la couche des tissus sous-jacents. J'arrive ainsi jusqu'à l'urèthre que j'ouvre avec les précautions ordinaires et dont je fixe les deux lèvres d'incision de façon à ne pas les perdre et à trouver le rétrécissement ; je parle, bien entendu, des cas où l'on opère sans conducteur. J'ai pratiqué onze fois l'uréthrotomie externe dans ces conditions, et l'anesthésie à la cocaïne m'a été précieuse.

Je n'ai, jusqu'à ce jour, traité chirurgicalement la varicocèle que par la résection du scrotum, opération bénigne et efficace. J'emploie la cocaïne et la technique de l'analgésie est simple. Je saisis le scrotum, rasé et lavé, avec une pince courbe à crémaillère ; les testicules sont refoulés en haut, vers l'orifice du trajet inguinal externe, la crémaillère serrée, et au-dessous de la pince flotte le long segment scrotal qu'il faut exciser. Alors, juste au-dessous de la pince, j'insinue l'aiguille dans l'épaisseur de la peau et je pousse une première injection traçante ; je retire l'aiguille lorsqu'elle est arrivée au bout de sa course ; pendant ce cheminement la seringue a été vidée ; je recharge la seringue, je plonge l'aiguille un peu en arrière de l'extrémité de ma

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première iDJectioii et je pousse de nouveau; il faut environ le contenu de 4 ou 5 seringues pour analgésier la peau d'un des côtés du scrotum ; je passe à l'autre côté que j'analgésie de la même manière. Au bout de cinq minutes, je prends le bistouri et je coupe, des bourses, tout ce qui dépasse la pince; le bistouri sectionne par conséquent les téguments sur les deux traînées analgésiques. Arrivé à mi-chemin, il n'est pas rare que le malade n'éprouve quelques souffrances; une injection médiane dans la cloison suffit pour calmer toute douleur.

L'exérèse terminée, j'ouvre la pince ; les testicules s'échappent par la vaste perte de substance et sont reçus sur un champ de compresses aseptiques. On pratique l'hémostase lentement et avec une extrême minutie ; on n'oubliera pas que la cocaïne est vaso-constrictive et que des vaisseaux d'un certain calibre peuvent être momentanément aveuglés qui, si on ne les étreignait d'un fil, pourraient donner lieu à un écoulement aussitôt après les sutures cutanées. Une hématome se produirait et c'est la seule complication que j'aie observé à la suite de cette résection scrotale, l'opération la plus bénigne, qui soit. L'écoulement sanguin tari, on rentre les testicules et on fait une suture soignée, à points passés, des lèvres du scroturn ; un chiffon de gaze iodoformée, bien maintenu par un large

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suspensoir constitue tout le pansement. Au bout de 7 à 9 jours la guérison est obtenue. Il reste à enlever les fils ; la cicatrisation est totale.

La cure radicale de VJiydrocële ne me paraît jamais comporter la chloroformisation. Sur la bourse distendue on fait, en avant, dans l'épaisseur du scrotum, une traînée analgésique sur toute la hauteur de la poche ; 3 centigrammes y suffisent; on arrive sur la tunique fibreuse qu'on sectionne sans injection nouvelle; on dissèque la séreuse à petits coups, sans l'entamer, et on poursuit son isolement jusqu'à la partie postérieure vers l'insertion épididymaiie ; on ponctionne et on vide la cavité, puis on verse dans son intérieur le contenu d'une ou deux seringues de Pravaz, qu'on promène dans la poche pour insensibiliser la vaginale ; on résèque celle-ci, n'en laissant juste que ce qu'il en faut pour reconstituer une nouvelle séreuse: à cet effet, on rapproche les lèvres des deux valves par quelques points de suture à la soie aseptique. D'autres, à l'exemple de von Bergmann, extirpent la vaginale entière, y compris le culde-sac sous-épididymaire qui se dissèque facilement. On refoule la glande dans les bourses, on lie les quelques vaisseaux qui saignent et on suture la plaie scrotale.

C'est par un procédé identique que nous extir-

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pons les kystes de Vépididyme et les kystes du cordon. La traînée analgésique se fait tout le long de la tumeur ; on coupe la peau avec une circonspection extrême, car les éléments du cordon, souvent dissociés par le développement du kyste, sont épars et dans des positions anormales, de telle sorte que le bistouri ou les ciseaux pourraient les entamer. Le mieux est d'ouvrir la poche et de la disséquer en utilisant la transparence de la paroi, transparence telle que les moindres vaisseaux sanguins, les nerfs, le canal s'y dessinent avec netteté : il faudrait pour les sectionner une véritable maladresse.

Dans certains cas de tumeurs malignes et de désorganisation complète de la glande par la tuberculose, on a recours à la castration. C'est une opération simple : on fait une traînée analgésique en forme de raquette dont la queue part de l'anneau inguinal externe, se dirigé en baS; contourne le scrotum en arrière, et remonte vers le canal inguinal. Il faut bien jalonner le trajet de l'aiguille, car ici la peau est mobile; et l'on pourrait porter le bistouri hors de la ligne insensibilisée. Avant de prendre l'instrument tranchant, je fais, avec précaution, à cause des veines qu'on y rencontre^ l'injection du contenu de ma seringue dans l'épaisseur du cordon spermatique, juste au-dessus du point où je dois plus tard étreindre et sectionner ce cor-

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