‹ La cocaïne en chirurgie (volume 2)Chapitre 42 sur 53 · AMYGDALES · texte numérisé non relu

AMYGDALES

Je conseillerai donc de ne pas se départir, pour les badigeonna geS; des règles que j'ai tracées pour les injections interstitielles. Qu'on se rappelle ce que nous disions à propos des " dangers de la cocaïne " et qu'on veuille bien en relire» les observations: on y verra que la plupart des accidents mortels ont trait à des intoxications dues, non à des injections dans le parenchyme, mais à de simples mises au contact d'une solution analgésique trop forte et trop abondante avec les mucjueuses du rectum, de l'urèthre, de la vessie, du pharynx et du larynx ou avec la séreuse vaginale.

Ces opérations sous simple badigeonnage à la cocaïne sont peu nombreuses. Pour la bouche nous avons parlé des amygdales; mais, en vérité, le bénéfice qu'on retire de la mise au contact de l'alcaloïde avec la glande est médiocre et ceux qui se félicitent d'avoir eu recours à la cocaïne s'imaginent la section de l'amygdale plus douloureuse qu'elle n'est en réalité. J'ai renoncé à la fois à l'anesthésie et à l'instrument tranchant, et je détruis la glande hypertrophiée par des ponctions avec un cautère conique qui pénètre facilement dans l'organe et le perce de part en part. Je pratique ainsi quatre ponctions par séance dans chacune des deux amygdales ; je répète mon intervention de huit jours en huit jours. Deux séances, trois au maximum, suffi-

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sent pour détruire les amygdales les plus volumineuses.

On a enlevé; à la suite de badigeonnages de la muqueuse, des tumeurs des gencives et des kystes salivair es des lèvres, des joues et du plancher buccal ; Ehrmann de Mulhouse s'en est servi pour la stapliylorraphie ; Antonio Ecci a fait une autoplastie et une suture de la lèvre inférieure. Je ne puis guère croire que les malades n'aient pas souffert peu ou prou et prou plutôt que peu. En tous cas, pour des opérations semblables que je pratique assez souvent, j'ajoute au badigeonnage de la muqueuse, une injection dans les tissus sous-jacents, dans la couche musculaire pour la lèvre, la joue, la langue et le railieu du palais ; les résultats sont excellents. Aussi ces interventions ont-elles trouvé place ailleurs, dans le chapitre où je traite de la technique des analgésies pour les opérations de la bouche.

Il en est une dont je n'ai point parlé encore et qui présente un grand intérêt ; je veux parler de ^extraction des dents. Une première remarque est indispensable ; lorsqu'il existe de l'ostéopériostite, qu'un abcès s'est formé, qu'il a soulevé la muqueuse gingivale, les applications et les injections de cocaïne n'ont que peu d'effet.' EHes amortissent un peu la douleur, mais la souffrance est encore considérable. L'opérateur n'a donc pas à promettre ce qu'il ne saurait tenir,

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