‹ La cocaïne en chirurgie (volume 2)Chapitre 44 sur 53 · EXTRACTION DES DENTS · texte numérisé non relu

EXTRACTION DES DENTS

la répète à la partie interne, parfois même en avant et en arrière de façon que les quatre faces de l'alvéole soient circonscrites par une injection ; j'attends alors cinq minutes, puis je déchausse avec soin la dent ou le chicot, je me ménage tranquillement, sur mon patient qui ne sent rien, une bonne prise sur la couronne ou les débris de la racine et je saisis mon davier. Puis, et par un mouvement progressif de va-etvient, j'ébranle la dent, je la mobilise peu à peu et je la tire à moi, sans ces à-coups violents, ces mouvements brutaux de poignet qui brisent l'alvéole et multiplient les dégâts. Ces méthodes de force avaient leur excuse lorsqu'il fallait aller vite, chez un individu que l'on torturait par la plus atroce des douleurs ; mais maintenant qu'ils ont insensibilisé la dent, pourquoi nombre de dentistes n'ont-ils pas recours aux procédés de douceur? J'ai vu l'un d'eux, et pas le moindre, arracher victorieusement, d'un brusque tour de poignet, une dent cocaïnisée ; la dent était hors de la bouche en moins d'une seconde, mais l'alvéole était brisée !

Lorsqu'il s'agit de la dent de sagesse en évolution vicieuse, l'opération est délicate ; le plus souvent la couronne est cachée sous les fongosités de la gencive et, sans parler de la profondeur où il faut porter les instruments, la molaire qui précède la dent de sagesse cache celle-ci et ne

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permet guère de l'aborder. On est parfois forcé, surtout lorsqu'elle est prématurément cariée, d'arracher non la dent de sagesse, mais la molaire antérieure. Son extraction laisse eu avant une large place où la dent de sagesse évoluera à son aise. Mais lorsque c'est cette dernière que l'on veut enlever, il faut anesthésier non seulement les tissus qui l'enchâssent, mais encore la gencive de la molaire antérieure sur laquelle le levier prendra un point d'appui.

Les dentistes qui ont recours à la cocaïne, insensibilisent les tissus lorsqu'ils veulent arracher une dent, mais s'abstiennent dans les cas si douloureux pourtant, où ils arrachent ou détruisent la pulpe par des vrilles ou par des caustiques. Pourquoi ne pas faire alors des injections profondes, jusqu'au niveau des racines, et semblables à celles que nous avons préconisées pour l'extraction ? Certainement ces injections seraient efficaces; elles agissent sur les nerfs qui abordent la pulpe, puisque lors de l'extraction on étire et l'on rompt ces nerfs sans que le patient éprouve la moindre souffrance. Pour toutes ces anesthésies, l'opéré doit être dans la position horizontale si l'on veut empêcher la syncope. Pour tout dire'en un mot, les injections analgésiantes de la bouche seront soumises aux mêmes règles que les injections analgésiantes des autres régions.

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